À Jarville-la-Malgrange, Marie Flambard développe Verre d’Acier, un univers de création où le verre rencontre le métal et les formes du vivant. Artiste verrière, sculptrice et parurière, elle travaille la matière à chaud comme à froid pour créer des sculptures, des bijoux et des objets destinés à porter une présence singulière. Le verre peut être filé à la flamme, coulé en pâte de verre, façonné, taillé ou sablé. Chaque technique ouvre une relation différente avec la lumière, la surface et le volume, tandis que le métal apporte une structure, une ligne ou un contraste.
La nature constitue le fil conducteur de sa démarche. Marie Flambard observe le monde végétal, minéral et animal, depuis les formes microscopiques jusqu’aux silhouettes plus familières. Un insecte, une graine, une branche, un fragment de roche ou un mouvement organique peuvent devenir le point de départ d’une recherche. Le modèle n’est pas copié comme une illustration immobile. Il est transformé en volume, réduit à quelques lignes, agrandi jusqu’à devenir une sculpture ou rapproché du corps sous la forme d’un bijou. Cette attention au vivant donne aux créations une poésie discrète, fondée sur la précision des détails et la place laissée à la lumière.
Le parcours de Marie Flambard commence par une pratique des arts plastiques. Elle dessine, peint et photographie la nature avant de s’orienter vers le travail de la matière. Son parcours universitaire l’amène à aborder le volume, puis sa découverte des techniques verrières l’incite à se former au Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers. Elle y suit trois années d’apprentissage comme compagnon verrier européen et acquiert une connaissance technique du verre et du volume. Cette formation lui permet ensuite de choisir les procédés les plus adaptés à ses recherches, plutôt que de limiter son expression à une seule manière de travailler.
Le verre filé au chalumeau offre une grande finesse d’intervention. Une baguette ou une petite quantité de verre est chauffée dans la flamme jusqu’à devenir malléable. Le verrier peut alors l’étirer, l’enrouler, la modeler ou l’associer à d’autres éléments. La matière réagit rapidement aux variations de température : la zone chauffée devient souple, tandis qu’une partie plus froide conserve la forme déjà obtenue. Le geste demande donc de déplacer la flamme, de réchauffer progressivement et de maintenir une attention constante à la solidité de la pièce. Cette technique convient à la réalisation de petites formes, de perles, d’éléments de parure et de détails sculpturaux.
La pâte de verre propose une autre relation au volume. Le verre est préparé sous forme de grains, de poudre ou de fragments, puis installé dans un moule avant la cuisson. La chaleur réunit la matière et permet de produire une forme dont la surface peut conserver une certaine profondeur. La composition du verre, la granulométrie, la disposition des éléments et la courbe de cuisson influencent le résultat. Une pièce peut jouer sur la transparence, l’opacité, les inclusions et les variations de densité. Le moule donne une structure générale, mais la manière dont les matières sont placées avant le passage au four participe directement à l’apparence finale.
Le travail à froid complète ces procédés. Le verre peut être taillé, repris ou sablé après la cuisson afin de modifier la surface et de contrôler la façon dont elle accroche la lumière. Une partie polie devient plus nette et plus brillante ; une zone sablée diffuse la lumière et paraît plus douce. La combinaison de surfaces différentes crée des contrastes visibles lorsque l’objet est déplacé. Elle peut aussi rendre un motif plus lisible, souligner une arête ou donner à une sculpture une profondeur supplémentaire. Le geste à froid demande de retirer la matière avec mesure, car une correction ne peut pas être annulée comme une simple retouche de couleur.
Les sculptures de Marie Flambard s’intéressent souvent à la relation entre une forme fragile en apparence et une structure capable de la soutenir. Le métal peut servir de support, prolonger une silhouette ou créer une armature visible. L’association des deux matières fait dialoguer la transparence du verre et la densité du métal. Une forme verrière peut sembler suspendue, tandis qu’une ligne métallique guide le regard autour d’elle. Le contraste entre une surface brillante, une zone mate et un métal travaillé permet de construire un objet qui change selon l’éclairage. La sculpture ne se regarde donc pas d’un seul point de vue : ses contours et ses ombres évoluent avec le déplacement de la personne qui l’observe.
Le bijou devient, dans cette recherche, une sculpture destinée au corps. Une parure doit conserver une présence artistique tout en restant portable. La taille, le poids, le point d’accroche et la relation avec le vêtement doivent être étudiés dès la conception. Une pièce peut prendre la forme d’un pendentif, d’une broche, d’une paire de boucles ou d’un autre élément qui accompagne un mouvement. La matière verrière apporte une surface, une couleur et une lumière ; le montage doit la maintenir avec discrétion et assurer un équilibre adapté à l’usage. Le bijou devient ainsi un espace réduit où la créatrice peut développer un motif organique ou une petite architecture.
Les formes inspirées du vivant ne sont pas traitées comme des ornements interchangeables. Une aile, une carapace, une nervure, un filament ou une courbe de tige peut déterminer la construction entière de la pièce. Marie Flambard explore les rapports d’échelle, en rapprochant parfois une forme minuscule du regard ou en donnant à un détail naturel une dimension sculpturale. Le travail du verre permet de conserver une impression de légèreté, tandis que le métal peut renforcer les lignes et rendre le montage lisible. Le résultat reste proche de la nature par son rythme, sans chercher à reproduire littéralement un spécimen.
Les créations en verre et métal peuvent aussi répondre à une commande. Un trophée, une sculpture ou une parure sur mesure commence par une intention : une identité, un événement, une forme à évoquer ou une relation particulière avec un lieu. La réalisation doit ensuite tenir compte de l’échelle, du mode de présentation, de la stabilité, de la palette et des contraintes d’usage. Pour un trophée, la silhouette doit être lisible et la prise en main adaptée. Pour une sculpture installée dans un espace, la lumière et la distance d’observation influencent le choix des surfaces. Pour une parure, le confort et le montage deviennent aussi déterminants que l’expression artistique.
Les trophées en verre et métal présentés par l’artiste montrent comment le savoir-faire peut se mettre au service d’une remise de prix sans devenir un objet standardisé. Chaque projet peut recevoir une identité propre, en fonction de l’esthétique recherchée et du sens associé à l’événement. La transparence, une forme découpée, une ligne métallique ou une combinaison de matières peuvent évoquer un mouvement, un territoire ou une valeur. La pièce conserve la trace d’un travail manuel et peut être conçue comme un objet à garder, à exposer et à regarder au-delà du moment de la cérémonie.
La transmission occupe une place concrète dans l’activité. Marie Flambard propose des ateliers d’initiation à la gravure sur verre, à la pâte de verre et à la réalisation de perles au chalumeau. Ces techniques demandent des approches différentes. La gravure intervient sur une surface déjà formée et permet d’y creuser un motif ou une ligne. La pâte de verre passe par une composition dans un moule et par une cuisson. Le filage au chalumeau repose sur le travail d’une matière rendue malléable par la flamme. Découvrir ces procédés permet de comprendre pourquoi le verre se travaille à plusieurs moments et pourquoi chaque méthode produit une relation particulière avec la forme.
Une initiation au chalumeau commence par l’observation de la chaleur et du comportement du verre. La personne accompagnée apprend à maintenir la matière dans la zone utile de la flamme, à la déplacer sans la refroidir trop vite et à coordonner son geste avec la rotation. Une perle simple permet de comprendre la quantité de verre nécessaire et la manière dont elle se dépose. Les étapes suivantes peuvent introduire une couleur, une petite inclusion ou un motif. La fabrication reste encadrée par des consignes de sécurité et par la nécessité de laisser le verre refroidir correctement après le travail.
La gravure sur verre offre une expérience plus silencieuse de la matière. L’outil retire une partie de la surface et produit une ligne qui accroche différemment la lumière. Le dessin doit être adapté à la courbure de l’objet et à la finesse du trait souhaité. Un motif inspiré d’une plante ou d’un animal peut être réduit à un contour, à une texture ou à quelques incisions. Le participant découvre alors que la transparence ne se lit pas comme une feuille de papier : le fond, l’épaisseur et la lumière changent la visibilité du dessin.
Le métal joue un rôle particulier dans l’univers de Verre d’Acier. Il peut encadrer une pièce, constituer une accroche, prolonger une sculpture ou donner au bijou une direction graphique. Sa surface peut rester lisse ou conserver une trace du travail manuel. Le métal ne sert pas seulement à renforcer une forme fragile ; il crée un second langage de lignes et de tensions. La rencontre avec le verre ouvre des possibilités de contraste entre le plein et le vide, la clarté et l’opacité, le poids apparent et la sensation de légèreté.
Le parcours de Marie Flambard associe la création verrière, le volume et la bijouterie. Les apprentissages consacrés au verre, aux techniques de la bijouterie et au serti clos complètent les diplômes obtenus au CERFAV. Cette combinaison explique l’attention portée à la fois à la matière, à la sculpture et au montage. La créatrice peut ainsi passer d’un objet de verre travaillé pour lui-même à une pièce portée sur le corps, en conservant la même exigence de précision et de cohérence.
À Jarville-la-Malgrange, Marie Flambard réunit donc plusieurs gestes verriers autour d’un même intérêt pour le vivant. Verre filé au chalumeau, pâte de verre, façonnage, taille et sablage permettent de construire des surfaces et des volumes variés. Le métal introduit une structure qui accompagne les transparences et les reliefs. Sculptures, parures, trophées sur mesure et ateliers d’initiation prolongent cette recherche auprès de publics différents. Le travail de Verre d’Acier invite à regarder le verre comme une matière à la fois délicate et construite, capable de porter une forme naturelle, un souvenir de lumière ou une histoire personnelle.