Atelier & professionnel

Mathieu Hettema — céramiste et potier à Giroussens

Giroussens

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Une céramique entre utilité et imaginaire

À Giroussens, dans le Tarn, Mathieu Hettema développe une pratique de céramiste et de potier qui associe les pièces utilitaires, les formes décoratives et les pièces uniques. Son travail se construit autour du grès, une terre qu’il tourne ou modèle avant de la cuire, de la décorer et de l’émailler. Les objets destinés à la vie quotidienne côtoient ainsi des créations plus libres, où la forme, la texture et la cuisson deviennent les principaux sujets.

Le parcours de Mathieu Hettema commence par un baccalauréat littéraire puis un diplôme de design global. La céramique s’est ensuite imposée comme un moyen de réunir la conception d’un objet, l’observation des volumes et le contact direct avec la matière. Après des stages et des apprentissages, il s’est formé à l’Institut Européen des Arts Céramiques. Cette trajectoire explique la place accordée à la fois à la recherche formelle, à la fabrication et à l’usage.

Son atelier accueille plusieurs familles de pièces. Une partie de la production s’appuie sur le tournage de formes utilitaires. Une autre s’appuie sur le modelage de pièces uniques en grès. Le travail peut être décoré, émaillé ou laissé partiellement apparent afin de faire dialoguer la terre mate avec une surface plus brillante. Cette opposition donne aux objets une lecture tactile autant que visuelle.

Le tournage pour construire des objets du quotidien

Le tournage permet à Mathieu Hettema de produire des formes centrées autour de la rotation. La terre est préparée, placée sur le tour puis montée progressivement pour former une paroi. Le geste doit maintenir une épaisseur cohérente tout en donnant à l’objet sa silhouette : ouverture, ventre, pied ou resserrement sont déterminés par la pression des mains et par la vitesse du mouvement. Une fois la forme obtenue, les étapes de séchage, de finition et de cuisson poursuivent le travail commencé sur le tour.

Les pièces utilitaires demandent une attention particulière aux proportions. Une tasse, un bol ou un vase doit être agréable à prendre, stable et adapté à la fonction qu’il reçoit. La forme ne peut donc pas être pensée comme une simple enveloppe. Le bord, la prise en main, la base et la relation entre l’intérieur et l’extérieur participent tous à l’expérience de l’objet. Le décor vient ensuite renforcer cette organisation sans empêcher le geste quotidien.

Mathieu Hettema travaille notamment des pièces en grès cuites à haute température. Cette matière convient à une production qui cherche à conserver une présence de la terre tout en obtenant une structure solide après cuisson. Selon le traitement de la surface, le même matériau peut paraître doux, rugueux, mat ou lumineux. Le tournage fournit une base régulière ; les décors et les reprises introduisent ensuite la singularité de chaque pièce.

Son catalogue comprend aussi des objets destinés aux enfants, avec des animaux colorés et doux. Cette orientation donne à la céramique une dimension familière et sensible. La représentation animale s’inscrit dans des volumes conçus pour accompagner un usage, plutôt que dans un simple motif appliqué à distance. La couleur contribue à rendre ces formes accessibles tout en conservant le caractère artisanal du façonnage et de la cuisson.

Le modelage et les pièces uniques

À côté du tour, le modelage ouvre un autre rapport à la terre. La forme peut être construite par ajout, pression, étirement ou reprise, sans dépendre d’un axe de rotation. Cette liberté convient aux pièces uniques et aux silhouettes qui doivent garder une irrégularité volontaire. Le geste peut suivre une idée précise, mais il reste attentif à la manière dont la matière se comporte pendant la construction.

Les pièces modelées en grès sont cuites soit dans un four électrique, soit dans un four à bois de type Anagama. Ces deux voies ne produisent pas la même relation entre la pièce et le feu. La cuisson électrique se déroule dans un environnement contrôlé selon une courbe de température choisie. La cuisson au bois introduit les effets de la flamme, des cendres et de l’atmosphère du four. Les surfaces peuvent alors recevoir des variations qui renforcent le caractère unique de la création.

Le modelage permet de travailler des présences plus libres, inspirées par la nature et les animaux. Une forme peut évoquer un oiseau, un animal ou un élément organique sans chercher à reproduire tous ses détails. La terre conserve les traces de la main et donne au volume un caractère direct. Les accidents mesurés de surface, les épaisseurs variables et les lignes de construction deviennent des éléments de lecture.

La pièce unique se découvre souvent en tournant autour d’elle. Une face peut privilégier une masse, une autre une ouverture ou un relief. Le volume change avec la lumière et la distance. Cette relation au regard distingue les créations modelées des séries plus régulières issues du tour, même si les deux pratiques partagent le même souci de cuisson et de finition.

Terre mate, émail brillant et traces de texture

La recherche de Mathieu Hettema repose en partie sur le contraste entre la terre laissée mate et l’émail brillant. La surface brute rappelle la présence minérale du grès et laisse percevoir une texture plus absorbante. L’émail, au contraire, capte la lumière et modifie la perception du relief. La rencontre des deux surfaces crée une transition qui peut être nette, progressive ou liée à la forme de l’objet.

Pour obtenir ces effets, différentes terres texturées peuvent être travaillées avec un outil ou un tampon, puis partiellement remises à nu après l’émaillage. Le décor n’est donc pas seulement une couche ajoutée au-dessus du volume. Il dépend de la préparation de la terre, du geste qui marque la surface et de la manière dont l’émail se dépose ou se retire. La cuisson révèle ensuite les écarts de brillance et de densité.

Une marque imprimée, une zone grattée ou une texture laissée visible peut donner un rythme à une paroi tournée. Sur une pièce modelée, elle peut suivre une courbe, accentuer un pli ou faire ressortir une masse. La surface devient ainsi le lieu où se rencontrent le geste de fabrication et l’action du feu. Le contraste entre mat et brillant n’est pas uniforme : il évolue selon la lumière, l’orientation de la pièce et la profondeur des traces.

Cette attention aux textures permet de conserver un lien avec la matière initiale. Même lorsqu’un émail couvre une partie du grès, une autre zone peut rappeler la terre avant cuisson. La céramique montre alors sa transformation sans effacer complètement son origine. Le résultat associe la précision d’une finition à une présence plus tactile, perceptible au regard et au toucher.

Deux chemins de cuisson

Mathieu Hettema cuit ses pièces en grès à haute température. Son atelier utilise un four électrique pour des cuissons oxydantes et participe également à des cuissons au bois dans un four Anagama. La première méthode permet de suivre une courbe thermique et de travailler les émaux dans un cadre stable. La seconde fait entrer la flamme et les cendres dans la construction de l’aspect final.

La cuisson au bois ne se réduit pas à une couleur ajoutée après la fabrication. Les pièces sont placées dans un espace où la circulation de l’air, la position dans le four et la durée du feu influencent les dépôts et les variations. Une surface peut recevoir davantage de cendres qu’une autre. Un relief peut accrocher la flamme. Une partie protégée peut rester plus mate ou garder la couleur de la terre. Chaque sortie de four devient ainsi une étape de découverte.

Le recours à l’Anagama prolonge la recherche sur les pièces uniques. La forme a été préparée en amont, mais la cuisson apporte une part d’imprévisibilité qui ne peut pas être reproduite à l’identique. Les effets de flamme complètent les textures et les émaux déjà pensés au moment du façonnage. Le feu devient un partenaire de la création, avec ses contraintes et ses réponses propres.

Le four électrique et le four à bois ne correspondent pas à une opposition entre technique et hasard. Ils sont deux outils pour donner une direction différente au même matériau. L’un favorise une lecture régulière de l’émail et de la couleur ; l’autre accentue les traces de l’atmosphère et de la flamme. Leur combinaison élargit les possibilités de la production de Mathieu Hettema.

Des animaux colorés aux formes inspirées de la nature

La nature et les animaux constituent des points de départ récurrents dans l’univers de Mathieu Hettema. Ils apparaissent dans des objets destinés aux enfants, mais aussi dans des pièces plus libres. Une silhouette animale peut être traitée avec des couleurs franches et une expression douce, tandis qu’une pièce unique peut retenir seulement une attitude, un volume ou un détail. Le motif ne se détache pas de la matière : il est porté par une forme céramique.

Cette inspiration laisse une place au dessin et au croquis. Avant de tourner ou de modeler, l’idée peut être précisée par des lignes, des proportions et des rapports de masse. Le passage du papier à la terre modifie toutefois le projet. Une courbe devient un volume, une tache devient une surface, et un contour doit tenir compte de l’épaisseur ou de la stabilité. La céramique transforme donc l’intention graphique en objet que l’on peut regarder sous plusieurs angles.

Les couleurs jouent un rôle dans cette transposition. Elles peuvent distinguer une forme, souligner un relief ou donner à un animal une présence plus joyeuse. Sur une pièce utilitaire, elles rendent le décor visible dans un contexte quotidien. Sur une création unique, elles peuvent répondre aux effets du grès et de la cuisson. La couleur ne masque pas forcément la terre ; elle peut au contraire la faire ressortir par contraste.

Créer et transmettre

L’activité de Mathieu Hettema comprend aussi la transmission. Il a animé des cours et des stages de tournage, de modelage et d’émaillage, pour des groupes ou dans des cadres différents. Cette expérience l’amène à accompagner les participants depuis la préparation de la terre jusqu’à la découverte de la pièce cuite. Le temps de l’apprentissage comprend les gestes, mais aussi l’observation du séchage, les choix de surface et la patience nécessaire avant le passage au four.

Transmettre la céramique revient à expliquer des gestes précis tout en laissant chacun trouver sa relation à la matière. Le centrage sur le tour, la montée d’une paroi ou l’application d’un émail demandent des indications concrètes. Pourtant, le résultat conserve la personnalité de la personne qui pratique. L’atelier devient un lieu où l’on apprend à regarder les volumes, à corriger une forme et à accepter les transformations liées à la cuisson.

La transmission nourrit également la pratique personnelle. Les questions rencontrées par les élèves peuvent ouvrir de nouvelles pistes. Une difficulté de centrage attire l’attention sur l’épaisseur ; une recherche de couleur conduit à comparer les émaux ; une forme simple révèle l’importance du bord ou du pied. L’enseignement et la création se répondent ainsi autour d’une même curiosité pour la terre.

Mathieu Hettema à Giroussens

Giroussens, commune du Tarn en région Occitanie, accueille un environnement particulièrement lié à la céramique. C’est dans ce cadre que Mathieu Hettema exerce comme céramiste et potier. Son atelier réunit des objets utilitaires tournés, des pièces uniques modelées, des formes décoratives et des créations où la nature et les animaux servent de point de départ.

Le grès tient ensemble ces différentes directions. Il peut devenir une tasse, un bol ou un vase pensé pour un usage régulier, mais aussi une forme singulière cuite au bois. Le tournage apporte la précision des volumes centrés. Le modelage permet de construire des pièces plus libres. Les textures travaillées avec des outils ou des tampons, les zones de terre mate et les émaux brillants donnent à chaque surface une profondeur particulière.

Les cuissons électriques et les cuissons Anagama élargissent encore cette palette. La première accompagne le travail des émaux dans une atmosphère oxydante ; la seconde introduit les effets de flamme et de cendre. Cette diversité technique reste au service d’une céramique concrète, attentive à l’usage comme à la présence sculpturale.

À Giroussens, Mathieu Hettema fait dialoguer design, gestes appris, observation de la nature et expérience du feu. Ses pièces gardent la trace de leur fabrication tout en proposant des formes accessibles : un objet que l’on utilise, une couleur qui attire le regard, une texture que la lumière révèle ou une création unique qui se découvre lentement. La terre y devient un moyen de relier la vie quotidienne, l’expérimentation et le plaisir de transmettre.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. official-business-profile

    Qui suis-je — Mathieu Hettema, Atelier Céramique (site externe)

    Organisme : Mathieu Hettema

    Fait soutenu
    Parcours en design global, formation à l'IEAC, travail du grès, cuissons électrique et au bois, inspirations, installation à Giroussens, activité de création et de transmission.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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