Atelier & professionnel

Mylène Leprévost, vitrailliste Tiffany à La Genevraie

La Genevraie

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À La Genevraie, dans l’Orne, Mylène Leprévost développe sous le nom de Poulpageddon une pratique du vitrail Tiffany tournée vers la nature, les animaux et l’imaginaire. Elle crée des pièces contemporaines destinées à apporter une présence colorée et chaleureuse à un intérieur. Chaque dessin est conçu comme une proposition singulière, avec des motifs anthropomorphiques, des silhouettes animales et des formes inspirées par le monde végétal. Le surréalisme nourrit cette recherche, mais le résultat reste lié à la matière, à la lumière et à la précision des gestes de fabrication.

Le travail commence par le dessin. Mylène Leprévost imagine la composition, définit les lignes principales et prévoit la place de chaque morceau de verre. Un animal peut être représenté de manière reconnaissable ou transformé en une figure plus étrange, dont les proportions et les attitudes appartiennent à un univers personnel. Un motif naturel peut devenir une forme décorative, un visage ou une silhouette qui semble dialoguer avec le paysage. Le dessin ne sert pas seulement à illustrer un sujet : il prépare une construction qui devra être découpée, ajustée et assemblée.

La technique Tiffany permet de réaliser des œuvres riches en détails. Contrairement à un panneau construit avec des baguettes de plomb, chaque pièce de verre est entourée d’un ruban de cuivre avant d’être soudée. Cette méthode convient aux compositions où les contours sont nombreux et où les formes demandent une grande souplesse. Certains vitraux de Poulpageddon peuvent réunir plus de soixante-dix morceaux de verre. Le nombre de pièces n’est pas recherché pour lui-même : il accompagne la finesse d’un dessin, la variété des couleurs et la complexité des silhouettes.

La première étape matérielle est la sélection du verre. Mylène choisit les morceaux selon leur couleur, leur transparence et leur texture. Un verre peut être traversé par une lumière claire, laisser apparaître des irrégularités ou produire un effet plus dense. Deux fragments de teinte proche peuvent se comporter très différemment lorsqu’ils sont placés devant une fenêtre. Le choix dépend donc du motif, mais aussi de l’endroit où la pièce sera installée. Le verre est observé avant la coupe afin que ses qualités servent la composition au lieu de la contrarier.

La découpe demande un geste précis et régulier. Chaque forme est reportée sur le verre, puis séparée en suivant le tracé prévu. Une ligne courbe, une pointe ou une petite encoche peuvent modifier la manière dont la pièce s’intègre à l’ensemble. La découpe doit rester nette, mais elle doit aussi respecter les limites du matériau. Le vitrail Tiffany permet d’assembler de petits éléments, ce qui ouvre des possibilités pour les yeux, les feuilles, les plumes, les griffes ou les détails d’un visage. Plus le motif est détaillé, plus la préparation doit être attentive.

Après la coupe, les bords des morceaux sont meulés. Cette opération ajuste les formes et facilite leur rapprochement. Le verre peut être corrigé par petites touches afin que les lignes se répondent sans forcer l’assemblage. Le meulage enlève les aspérités et prépare la surface qui recevra le cuivre. Il demande de contrôler la quantité de matière retirée : un bord trop réduit créerait un vide, tandis qu’une pièce trop large déformerait le dessin. Le résultat dépend de cette succession de corrections discrètes qui ne se voient presque plus une fois l’œuvre terminée.

Le ruban de cuivre entoure ensuite chaque morceau. Il suit le contour du verre et crée une surface métallique qui permettra la soudure. La pose doit rester régulière, car les différences de largeur modifient l’épaisseur des lignes et la lecture du motif. Les pièces sont placées sur un support afin de conserver leur position pendant l’assemblage. La composition prend progressivement sa forme, mais elle reste encore fragile. Le moindre déplacement peut décaler une aile, une branche ou une courbe. La patience est indispensable avant de passer à la soudure.

La soudure à l’étain relie les pièces entre elles. Les lignes de cuivre deviennent un réseau continu qui maintient le panneau et souligne ses contours. Le geste doit apporter suffisamment de métal pour assurer la solidité, sans alourdir les détails. Les intersections demandent une attention particulière, car elles concentrent plusieurs lignes et peuvent modifier le relief de la surface. La finition de la soudure participe aussi à l’apparence générale de l’œuvre. Dans une composition très détaillée, les lignes accompagnent le dessin comme une écriture qui sépare et relie les couleurs.

Une fois assemblé, le vitrail change de caractère lorsqu’il est placé devant une fenêtre ou près d’une source de lumière naturelle. Les transparences révèlent des nuances qui n’étaient pas visibles sur la table de travail. Les couleurs se projettent parfois sur un mur, tandis que les textures créent des zones plus douces ou plus vibrantes. La pièce n’a pas la même apparence selon l’heure du jour et la position du visiteur. Cette évolution fait partie de l’intérêt des créations de Poulpageddon : la lumière les transforme sans modifier leur structure.

Les animaux occupent une place centrale dans l’univers de Mylène Leprévost. Ils peuvent apparaître sous une forme stylisée, avec des attitudes humaines ou des expressions qui rapprochent le décoratif du récit. Un oiseau, un mammifère ou une créature hybride devient le point de départ d’une composition colorée. Les traits ne cherchent pas toujours la fidélité naturaliste. Ils privilégient une silhouette, une posture, un regard ou une relation entre plusieurs éléments. Le verre permet alors de donner à ces figures une présence à la fois familière et surprenante.

La nature intervient comme un répertoire de formes et de rythmes. Feuilles, branches, fleurs et textures végétales peuvent entourer un animal ou structurer l’arrière-plan d’une scène. Les éléments sont dessinés pour s’accorder avec les contraintes du vitrail : une tige devient une ligne de cuivre, une feuille se divise en plusieurs pièces, une nervure peut être soulignée par une jonction. Les couleurs ne reproduisent pas nécessairement celles d’un paysage réel. Elles servent à construire une ambiance et à donner au regard un chemin dans l’ensemble du panneau.

Le surréalisme permet de rapprocher des éléments qui ne coexistent pas dans la nature. Une silhouette animale peut recevoir des proportions inattendues, un visage peut se fondre dans une composition végétale et un décor peut sembler sortir d’un rêve. Cette liberté reste cadrée par la technique. Chaque idée doit devenir un dessin lisible, puis une série de pièces pouvant être découpées, meulées et soudées. L’imaginaire ne s’oppose donc pas à la méthode : il trouve sa forme grâce à une préparation minutieuse et à un choix précis de matériaux.

Les créations sont réalisées pour la décoration intérieure. Elles peuvent être suspendues devant une fenêtre, accrochées au mur ou installées comme un élément coloré dans une pièce. La destination influence le format, le poids, le système de suspension et la manière dont la lumière sera reçue. Une pièce placée dans un espace très lumineux ne sera pas regardée comme un panneau installé sur un mur plus sombre. Le projet prend en compte cette relation entre l’objet, l’intérieur et les moments de la journée où il sera découvert.

Poulpageddon propose également des vitraux sur mesure. Une commande peut partir d’un animal favori, d’une atmosphère, d’un souvenir ou d’une envie de motif. Le dessin transforme cette idée en une composition adaptée au verre. Le choix des couleurs, la transparence, le niveau de détail et le format sont définis selon le projet. Une création personnalisée n’est pas une simple reproduction d’un modèle existant : elle doit trouver son propre équilibre entre le sujet demandé et le vocabulaire de l’atelier.

Les petits objets décoratifs prolongent cette pratique à une autre échelle. Mylène Leprévost réalise notamment des pique-fleurs, des miroirs et des photophores. Ces formats permettent d’explorer la relation entre verre, lumière et usage quotidien. Un miroir associe la couleur des fragments à la profondeur du reflet. Un photophore transforme l’éclairage en halo autour d’une forme. Un pique-fleurs ajoute au geste décoratif une fonction précise. Dans chaque cas, les morceaux de verre et les lignes de cuivre restent visibles comme les traces d’une fabrication manuelle.

Le métier de vitrailliste demande d’accepter un rythme lent. Le dessin, la sélection des verres, la coupe, le meulage, le sertissage au cuivre et la soudure forment une suite d’étapes qui ne peut pas être réduite à un seul geste. Une pièce détaillée demande de revenir plusieurs fois sur les mêmes zones, d’ajuster un bord ou de reprendre une jonction. Cette durée permet de corriger les déséquilibres avant la finition. Elle explique aussi pourquoi deux œuvres issues d’un même univers ne sont jamais parfaitement identiques.

Les ateliers de découverte annoncés par Poulpageddon prolongent cette approche par la transmission. La technique Tiffany se découvre en manipulant le verre, en comprenant le rôle du dessin et en observant la transformation des fragments pendant l’assemblage. Une initiation permet de saisir la différence entre la coupe, le meulage, le sertissage et la soudure. La réalisation d’un petit panneau donne une mesure concrète du temps et de la précision nécessaires. La pratique accompagne ainsi la contemplation : regarder un vitrail devient plus riche lorsque l’on comprend comment ses lignes ont été construites.

La fabrication artisanale crée un rapport particulier avec les imperfections du verre. Une légère variation d’épaisseur, une texture ou une nuance différente peut changer la façon dont la lumière traverse une pièce. Ces écarts ne sont pas des défauts à effacer systématiquement. Ils donnent au panneau une profondeur et un mouvement qui évoluent selon son environnement. Mylène Leprévost compose avec ces qualités en choisissant les fragments pour leur rôle dans l’ensemble. Le travail manuel conserve ainsi une part de surprise jusque dans la pièce achevée.

À La Genevraie, Poulpageddon inscrit le vitrail Tiffany dans un univers où les animaux, les plantes et l’imaginaire s’entrecroisent. Mylène Leprévost dessine ses motifs, choisit les verres, découpe et meule chaque morceau, les entoure de cuivre puis les soude à l’étain. Les créations peuvent prendre place devant une fenêtre, sur un mur ou dans un objet décoratif. Les vitraux sur mesure prolongent cette recherche à partir d’une idée personnelle. Sous la lumière, les couleurs et les reflets changent au fil du jour, donnant à chaque pièce une présence vivante et singulière.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Poulpageddon — Vitrail contemporain et original (site externe)

    Organisme : Poulpageddon / Mylène Leprévost

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Mylène Leprévost, son atelier de vitrail en Normandie, ses motifs liés aux animaux et à la nature, la méthode Tiffany, les pièces uniques et les créations sur mesure.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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