À Felletin, dans la Creuse, Charlotte Marembert dirige Myrobolan, une teinturerie artisanale à façon spécialisée dans les couleurs naturelles. Le site présente des teintures réalisées à la main, en cuve, à partir de ressources tinctoriales d’origine végétale ou animale. L’atelier peut intervenir sur des écheveaux, des tissus et d’autres formes textiles, selon les besoins d’un projet. La couleur est définie avec le client en tenant compte du support, des fibres et de ce que les plantes ou les autres matières colorantes peuvent offrir.
Le travail commence par l’identification de la fibre et par la préparation du textile. La laine, la soie, le lin et le coton ne réagissent pas de la même manière à un bain. Leur capacité à absorber une couleur, leur sensibilité à la chaleur et leur état de préparation influencent la nuance finale. Un écheveau permet de travailler chaque fil de manière régulière, alors qu’un tissu demande une attention particulière aux plis, aux frottements et à la circulation du bain. Le teinturier adapte donc la température, la durée et les mouvements pour obtenir une couleur homogène tout en respectant la matière.
Myrobolan emploie exclusivement des procédés de teinture naturelle et privilégie des ressources tinctoriales d’origine végétale ou animale. Les plantes peuvent fournir des jaunes, des rouges, des bruns, des gris ou des bleus selon l’espèce, la partie utilisée et la méthode d’extraction. Le résultat dépend aussi de la saison, du séchage, du pH de l’eau et de la préparation de la fibre. Deux bains réalisés à partir du même végétal peuvent présenter des variations subtiles ; ces différences font partie du caractère des couleurs naturelles et doivent être anticipées lorsqu’un projet demande une série.
La teinturerie à façon répond à des demandes variées. Un designer peut chercher un nuancier pour une collection, un artisan peut avoir besoin d’un fil coordonné à un cuir ou à une céramique, et un conservateur peut rechercher une nuance compatible avec un textile ancien. L’échange porte sur le type de fibre, la quantité, la nuance, la résistance recherchée et l’usage final. Des essais sur de petites longueurs permettent de comparer les recettes avant de teindre un volume plus grand. La lumière, les lavages et les frottements doivent être pris en compte pour choisir une préparation adaptée.
Le site présente Charlotte Marembert comme diplômée des Beaux-Arts de Bourges et de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre à Bruxelles, où elle s’est formée au design textile. Après des expériences dans la création de costumes et d’accessoires, elle a fondé Myrobolan en 2010. La marque a d’abord proposé des fils à tricoter teints avec des couleurs végétales avant d’évoluer vers une activité de teinturerie à façon. Ce parcours relie création, recherche de matières et maîtrise pratique des bains.
Les clients cités par l’atelier comprennent des designers, des stylistes, des artisans et des acteurs de la recherche scientifique. Myrobolan a également travaillé avec le Centre de Conservation du musée du Louvre pour la conservation de tapis du département des arts de l’Islam. Une commande destinée à la conservation ne poursuit pas le même objectif qu’une collection de mode : la compatibilité des produits, la stabilité de la couleur et la documentation des étapes sont alors au centre de l’échange. Chaque projet doit être étudié selon son contexte et les contraintes propres au textile.
Charlotte Marembert enseigne par ailleurs le textile et les teintures depuis 2009 dans différentes écoles supérieures d’art. La transmission peut prendre la forme d’une présentation des plantes, d’un exercice de préparation ou d’une étude de nuancier. Comprendre une teinture naturelle suppose d’observer la matière avant, pendant et après le bain : la couleur évolue lors du séchage, puis se stabilise progressivement. Un atelier de découverte aide à distinguer la couleur du bain, la teinte réellement fixée sur la fibre et les effets produits par les mordants ou les variations de pH.
Le nom Myrobolan renvoie à une plante riche en tanins, utilisée dans certaines préparations anciennes pour le cuir et la teinture. Cette référence rappelle le lien entre botanique, histoire des matières et pratique contemporaine. Elle ne signifie pas que chaque couleur de l’atelier provient de cette seule plante. Les recettes sont choisies selon la nuance et le support, avec une attention portée à l’origine des ressources et à la cohérence du projet.
Une demande de teinture gagne à préciser la composition du textile, son poids, la nuance recherchée, la quantité et les opérations qui suivront. Un échantillon ou une photographie de référence peut aider à formuler l’objectif, mais la validation passe par un essai sur la fibre concernée. Les délais, les minimums, les possibilités de répétition et les conseils d’entretien se confirment directement avec l’atelier. La teinture naturelle produit une couleur vivante ; elle mérite ensuite un lavage et un stockage adaptés pour conserver son aspect.
À Felletin, Myrobolan fait dialoguer création textile, ressources naturelles et précision artisanale. La teinturerie à façon peut accompagner une collection, un fil, un tissu ou un projet de conservation, en recherchant une couleur cohérente avec la fibre et l’usage. Le travail en cuve, la connaissance des plantes et l’expérience de Charlotte Marembert donnent un cadre concret aux personnes qui souhaitent comprendre ou commander une teinture naturelle réalisée en France.