À Villeneuve, en Aveyron, Nicolas Charles développe un travail de verrier d’art à la rencontre de la restauration, de la création contemporaine et de la miroiterie d’art. Son atelier est spécialisé dans la création et la restauration de vitraux, mais sa pratique ne s’arrête pas au panneau traditionnel. Il explore aussi la photographie, la peinture, la scénographie, la sérigraphie, le thermoformage, la gravure et l’argenture sur verre. Cette diversité lui permet d’aborder chaque projet selon son contexte, son histoire et la place que le verre doit occuper dans l’architecture. Un vitrail peut accompagner un édifice religieux, s’inscrire dans un espace public, dialoguer avec une œuvre d’artiste ou devenir une pièce contemporaine destinée à un intérieur.
Nicolas Charles s’est formé pendant plusieurs années auprès du maître verrier Jean-Dominique Fleury à Toulouse, sur des chantiers de restauration de vitraux historiques. Cette expérience lui a donné une connaissance concrète des différentes étapes d’un chantier, depuis la dépose sur site jusqu’au montage en atelier. En 2014, il a créé son propre atelier en Aveyron. Son parcours associe un Diplôme des Métiers d’Art en vitrail obtenu à l’École Supérieure des Métiers d’Art d’Arras, une formation aux beaux-arts et des perfectionnements consacrés à l’argenture, au cuivrage et à l’émaillage du verre. Cette base technique est complétée par une démarche de recherche qui relie les procédés verriers à l’image, à l’espace et à l’architecture.
La restauration demande une observation précise de l’ouvrage existant. Un vitrail ancien est à la fois une composition de couleurs, un assemblage de pièces et un élément intégré à un bâtiment. Les verres, les plombs, les peintures et les systèmes de protection peuvent avoir vieilli de manière différente. Avant de démonter un panneau, il faut comprendre son dessin, repérer les fragilités et distinguer les interventions anciennes des éléments d’origine. Nicolas Charles indique s’appuyer sur les recherches du Laboratoire de recherche des monuments historiques pour appliquer les protocoles de conservation les plus actuels. Son travail de restauration concerne des édifices religieux et patrimoniaux, avec des interventions sur des baies, des rosaces, des vitraux géométriques, des panneaux peints et des ensembles liés à des monuments historiques.
La création contemporaine part elle aussi du lieu. Nicolas Charles considère que chaque vitrail doit être conçu en fonction de l’histoire, de l’environnement et de l’architecture qui l’accueillent. La lumière, les proportions d’une baie, la relation avec la pierre, le bois ou le métal et le parcours du regard influencent le dessin. Une ouverture étroite peut demander une composition verticale et resserrée ; une série de baies peut organiser un rythme ; une chapelle ou un bâtiment public peut appeler une œuvre qui accompagne la mémoire du lieu sans reproduire un décor ancien. Le verre permet de conserver une relation avec l’extérieur, de filtrer la lumière ou de produire des effets plus concentrés. La création se construit ainsi dans un dialogue entre l’intention artistique et la réalité de l’architecture.
La photographie occupe une place singulière dans la méthode de l’atelier. Elle sert à garder la mémoire d’un lieu, de ses couleurs, de ses ombres et de ses proportions avant de concevoir une œuvre. Une image peut devenir un document de travail, un repère pour une restauration ou le point de départ d’une composition. Cette attention au regard se retrouve dans les collaborations avec des artistes plasticiens et des designers. Nicolas Charles peut intervenir depuis la première maquette jusqu’à la pièce finie, en adaptant le savoir-faire verrier à une intention qui ne relève pas nécessairement du vitrail religieux. Le verre soufflé ou plaqué, la sérigraphie, la gravure à l’acide, la peinture aux grisailles et au jaune d’argent ouvrent des solutions différentes selon le projet.
La sérigraphie permet de reporter un motif ou une image sur le verre avec une grande maîtrise du dessin et de la répétition. Nicolas Charles a notamment travaillé sur des verres sérigraphiés pour des projets artistiques et pour des collaborations liées au Mobilier national et au CIRVA. La technique peut servir à produire une image, une trame, un signe ou une succession de formes qui s’intègrent à une architecture. Elle offre aussi la possibilité de travailler à partir d’une maquette conçue par un autre artiste. Le verrier doit alors traduire l’intention graphique dans une matière transparente, en tenant compte de la cuisson, du support et de la façon dont l’image sera vue avec la lumière derrière elle.
Le thermoformage et la gravure ajoutent d’autres effets à cette recherche. Le thermoformage donne au verre une forme ou un relief en le chauffant dans un four, tandis que la gravure intervient sur la surface pour produire une ligne, une marque ou une variation de texture. Ces procédés peuvent renforcer la profondeur d’une composition et modifier la manière dont les rayons se réfléchissent ou se diffusent. La peinture sur verre apporte des détails et des nuances, avec des grisailles, des émaux ou des couleurs conçues pour dialoguer avec la transparence. L’argenture transforme enfin le rapport au reflet en faisant entrer la miroiterie d’art dans le champ de l’atelier. Le verre peut alors renvoyer une image, la fragmenter ou associer réflexion et passage de la lumière.
Les projets de miroiterie d’art sont liés à cette capacité de faire varier la perception. Un miroir ne se réduit pas à une surface uniforme destinée à se regarder. Selon la manière dont il est argenté, gravé ou associé à d’autres verres, il peut devenir un élément de décor, un panneau sensible ou une pièce qui modifie la profondeur d’un espace. Dans un intérieur, il peut dialoguer avec une fenêtre, un meuble ou une paroi ; dans un projet artistique, il peut faire entrer le spectateur dans la composition. La transparence et le reflet ne produisent pas le même effet, mais ils peuvent être combinés pour créer des passages entre l’espace réel et l’image.
La restauration et la création s’appuient sur des compétences de chantier. L’atelier intervient pour des collectivités, des paroisses, des associations, des monuments historiques et des artistes. Une étude personnalisée permet de définir le type d’ouvrage, les contraintes du bâtiment, la nature des verres, le calendrier et les opérations de pose ou d’entretien. Pour une restauration, un diagnostic aide à hiérarchiser les urgences et à préserver les parties qui peuvent être conservées. Pour une création, la maquette permet de tester les proportions, les teintes et le rapport entre les différentes baies. Le projet doit ensuite être fabriqué, transporté et intégré au support prévu. Le travail du verre reste donc lié à une organisation concrète, sans perdre sa dimension artistique.
Les références présentées par Nicolas Charles montrent cette amplitude. L’atelier cite des créations pour des chapelles et des églises, des restaurations de vitraux géométriques et figuratifs, des travaux dans des édifices protégés et des collaborations avec des artistes contemporains. Il a aussi réalisé des projets où l’image, la lumière et l’installation occupent une place centrale. Une œuvre en verre peut être conçue pour une baie, un ensemble de panneaux, une installation temporaire ou une intervention liée à un mobilier. L’expérience acquise sur les chantiers patrimoniaux permet de respecter les exigences d’un bâtiment ancien, tandis que la recherche sur les procédés contemporains ouvre des formes plus libres.
À Villeneuve, Nicolas Charles associe la rigueur du métier de verrier à une curiosité pour les images et les espaces. La restauration de vitraux historiques, la création sur mesure, la miroiterie d’art, la sérigraphie, la gravure, le thermoformage et l’argenture forment un ensemble cohérent autour de la lumière. Son parcours auprès de Jean-Dominique Fleury et ses formations spécialisées nourrissent une pratique attentive aux détails techniques comme à la perception globale d’un lieu. Pour une collectivité, un architecte, un artiste ou un particulier, l’atelier peut ainsi étudier un projet qui demande de préserver un ouvrage existant, de créer un vitrail contemporain ou de donner au verre une place plus expérimentale dans l’architecture.