Atelier & professionnel

Nicolas Galleazzi — facture de cornemuses bourbonnaises à Huriel

Huriel

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Huriel, dans l’Allier, Nicolas Galleazzi fabrique des cornemuses inspirées des traditions du Berry, du Bourbonnais et du Nivernais. Son atelier se trouve dans un territoire situé aux confins de ces trois espaces culturels, où la cornemuse et la vielle ont longtemps accompagné les pratiques musicales. Le facteur travaille sur des versions modernes de ces instruments et développe aussi des modèles à perce ancienne. Cette orientation ne consiste pas à reproduire une forme unique : elle prend en compte les dimensions du hautbois, le doigté, le registre, le bois, l’ornement et la manière dont l’instrument doit répondre au musicien.

La cornemuse bourbonnaise réunit plusieurs éléments qui doivent fonctionner ensemble. Le hautbois porte la mélodie, les bourdons prolongent et colorent le son, le sac fournit une réserve d’air et le soufflet ou le bouffoir alimente l’ensemble selon la construction choisie. La justesse ne dépend donc pas d’une seule pièce. La perce du hautbois, l’anche, la position des trous, l’accord des bourdons et l’étanchéité du sac contribuent à la stabilité de l’instrument. Le facteur règle ces éléments en relation avec une tonalité et un type de jeu, plutôt que de chercher une uniformité qui effacerait les caractères propres à chaque modèle.

Le catalogue présenté par Nicolas Galleazzi distingue des cornemuses de 13 à 18 pouces et de grandes cornemuses de 20 à 26 pouces. Les plus petits formats vont du hautbois de 18 pouces en fa à des instruments de 13 pouces en si bémol. Les grandes cornemuses descendent jusqu’au la grave et peuvent atteindre le ré selon le modèle. Ces dimensions modifient la longueur des colonnes d’air, l’écartement des trous, la tessiture et la présence sonore. Un instrument compact peut être recherché pour sa maniabilité et sa hauteur de registre ; une grande cornemuse peut répondre à un besoin de profondeur, de projection et de richesse dans le grave.

Les grandes cornemuses présentées par l’atelier possèdent un doigté ouvert. Leur étendue annoncée va d’une octave à une octave et une quarte, avec une sous-tonique située à un ton. La clef destinée à la main droite est montée en série sur les modèles qui en sont équipés. Ces choix ont des conséquences concrètes pour le joueur. L’écartement des trous, la course des doigts et la présence d’une clef doivent s’intégrer à une technique musicale. Le facteur ne travaille donc pas seulement une longueur extérieure : il construit une organisation de jeu qui doit rester compréhensible et praticable.

Les bois fruitiers occupent une place centrale dans cette gamme. Cormier, cerisier et prunier sont indiqués pour la fabrication des grandes cornemuses. Le hautbois peut également être réalisé en buis sur demande. Le choix d’un bois ne relève pas uniquement de l’apparence. La densité, le grain, la stabilité et la capacité à recevoir une perce régulière influencent le comportement de la pièce. Nicolas Galleazzi indique sélectionner avec soin des bois fruitiers de région, du buis, de l’ébène et du palissandre, puis les conserver pendant des années. Ce temps de stockage accompagne la préparation de la matière avant le tournage, le perçage et l’ajustage.

Le travail de la perce ancienne constitue une recherche particulière. Les instruments sont inspirés des anciennes cornemuses bourbonnaises, berrichonnes et nivernaises. Sur les modèles présentés, le hautbois peut mesurer de 15 à 25 pouces. La tierce mineure n’est pas obtenue par un trou arrière dédié : elle se joue par un doigté de fourche, comme sur d’autres familles de cornemuses traditionnelles. La tierce majeure s’obtient avec le petit doigt de la main droite, selon une organisation rapprochée de celle décrite par Lucien Guillemain pour la grande cornemuse écossaise. Ces choix donnent un instrument qui demande une adaptation du geste et ouvre une relation différente entre les doigts et la gamme.

Les perces anciennes sont réglées sur une gamme naturelle. Leur étendue varie avec la tonalité et peut aller d’une octave à une octave plus une quarte. La fondamentale est décrite comme très stable, sans nécessité d’ajouter une clef, et le timbre comme plus riche que celui des instruments récents auxquels elles se comparent. Pour un musicien habitué à une cornemuse du Centre moderne, le doigté peut d’abord sembler déroutant. Il offre cependant une autre manière d’organiser les notes et peut conduire à un style de jeu différent. Le facteur relie ainsi une recherche historique à une pratique actuelle, en permettant d’aborder des répertoires conservés, transformés ou redécouverts.

Les modèles inspirés de Joseph Béchonnet forment un autre ensemble. Béchonnet, facteur installé à Effiat dans le Puy-de-Dôme au XIXe siècle, a développé des instruments reconnaissables à plusieurs caractéristiques : une perce plus ouverte, un troisième bourdon ou une layette placée à l’arrière du boîtier sur la plupart de ses cornemuses, ainsi qu’une alimentation en air par soufflet. Nicolas Galleazzi s’appuie sur cette histoire pour proposer des instruments qui rendent visibles ces choix de construction. L’objectif n’est pas de produire un objet décoratif, mais de comprendre comment une architecture de boîtier, un nombre de bourdons et un mode d’alimentation transforment le jeu et la couleur sonore.

Les réalisations montrent plusieurs possibilités de finition. Une cornemuse peut être réalisée entièrement en buis et recevoir des bagues en corne noire. D’autres instruments sont présentés avec des incrustations d’étain, une décoration Sautivet ou un clétage. Ces éléments personnalisent la pièce sans remplacer le travail acoustique. Une bague doit s’intégrer à la forme, une incrustation doit rester nette sur le bois et une clef doit suivre le doigté prévu. L’ornement accompagne donc la fabrication au lieu d’être ajouté indépendamment. Le choix de la matière, du motif et de la disposition participe à l’identité de l’instrument tout en conservant sa fonction musicale.

Le clétage intervient lorsque l’organisation du modèle demande une commande supplémentaire. Une clef permet d’atteindre une note ou une position qui ne serait pas confortable avec les seuls trous du hautbois. Elle doit être placée pour rester accessible et fiable pendant le jeu. L’atelier présente notamment une cornemuse de 20 pouces en ré avec décoration Sautivet et trois clefs. Sur une telle pièce, l’alignement, la course et la fermeture des clefs sont aussi essentiels que leur apparence. Le facteur ajuste le mécanisme pour que le musicien puisse l’intégrer à son doigté sans créer de résistance ou de mouvement parasite.

La fabrication sur demande permet de préciser la tonalité, la taille, le type de perce, le bois et les ornements. Une personne qui joue en musique traditionnelle du Centre-France peut rechercher une cornemuse moderne dans une tonalité donnée ; un musicien attiré par les instruments historiques peut privilégier une perce ancienne et un doigté de fourche ; un ensemble peut avoir besoin d’un registre particulier ou d’une fondamentale stable. Les choix sont liés. Une tonalité modifie la longueur, qui modifie l’écartement et la réponse ; un bois change la préparation et le poids ; une clef ou un décor demande une place et une construction adaptées.

L’essai d’un instrument est utile pour comprendre ces différences. La même taille ne produit pas la même sensation selon la perce, l’anche et le réglage des bourdons. Un hautbois plus long peut donner davantage de profondeur, mais demander un écartement des doigts plus large. Une perce ouverte peut modifier la résistance et l’intonation. Une cornemuse à soufflet ne se comporte pas comme une cornemuse alimentée autrement, car le débit d’air et la posture du joueur changent. Le facteur échange avec le musicien sur son répertoire, ses habitudes, son niveau et les instruments qu’il connaît déjà pour orienter la réalisation.

L’atelier réalise aussi des instruments d’étude et des versions destinées à la pratique courante. Le choix d’un modèle d’apprentissage peut porter sur une taille plus accessible, une tonalité déjà présente dans un groupe ou une configuration qui facilite la découverte du doigté. Cela ne signifie pas que l’instrument est une simple étape sans intérêt musical. Une cornemuse d’étude doit rester stable, lisible et assez solide pour accompagner une progression. Le musicien peut ainsi apprendre la tenue, la pression du sac, le placement des doigts et les articulations avant de se diriger vers une autre taille ou une autre perce.

Les bourdons jouent un rôle déterminant dans l’équilibre sonore. Leur hauteur, leur volume et leur accord doivent soutenir le hautbois sans le recouvrir. Sur une grande cornemuse, la profondeur du grave peut donner une assise solide à la mélodie. Le réglage doit pourtant conserver une relation claire entre la fondamentale et les notes jouées. Le facteur observe l’étanchéité, les anches et la stabilité de l’alimentation en air. Le musicien écoute ensuite l’ensemble en situation, car un accord satisfaisant à l’établi doit aussi rester cohérent dans une phrase, un morceau ou un jeu collectif.

La matière végétale demande un entretien adapté. Le bois réagit aux changements d’humidité et de température, tandis que les anches et le sac sont sensibles à l’usage et aux conditions de rangement. Une cornemuse doit être séchée après la pratique et conservée dans un environnement stable. Le joueur doit surveiller l’état des parties qui assurent l’étanchéité et éviter les manipulations brusques des éléments fins. Les recommandations varient selon le bois, la construction et le type de sac. Une attention régulière permet de préserver la justesse, la réponse et la facilité de jeu, tout en repérant plus tôt les signes qui appellent un réglage.

Les réparations et les réglages peuvent concerner une fuite, une anche, un bourdon, un hautbois, une clef ou un assemblage. Un problème de stabilité ne vient pas toujours de l’élément qui semble le plus visible. Une perte d’air peut modifier le comportement de toute la cornemuse ; une anche trop résistante peut fatiguer le musicien ; un trou mal fermé peut altérer une note ; un bourdon mal accordé peut déséquilibrer la fondamentale. Le diagnostic doit donc porter sur l’ensemble de l’instrument. Le facteur peut ensuite intervenir sur la pièce concernée et réécouter l’instrument une fois le réglage effectué.

Les incrustations d’étain font partie des détails qui donnent une présence particulière aux réalisations de Nicolas Galleazzi. Elles peuvent former des motifs sur un boîtier ou sur une autre partie visible de la cornemuse. Le travail demande de préparer la surface, de suivre un dessin et de maintenir des bords réguliers. Le métal et le bois doivent rester compatibles avec les usages de l’instrument. Les bagues en corne et les choix de buis, de fruitier ou de palissandre produisent d’autres contrastes. Ces finitions s’inscrivent dans une recherche de continuité entre la tradition régionale, la lisibilité des formes et le goût du musicien.

La relation avec les musiques du Centre-France guide la conception sans enfermer les instruments dans un seul répertoire. Une cornemuse bourbonnaise peut accompagner une danse, une pièce de concert, un travail de recherche sur les pratiques anciennes ou un jeu personnel. Les tonalités, le doigté et la projection sont alors discutés selon le contexte. Le facteur s’appuie sur l’histoire des modèles et sur les retours de personnes qui les jouent pour faire évoluer les versions modernes. Les échanges avec les musiciens participent ainsi à la mise au point des instruments et à leur adaptation aux usages contemporains.

À Huriel, Nicolas Galleazzi développe une facture de cornemuses ancrée dans les traditions bourbonnaises, berrichonnes et nivernaises. Les modèles de 13 à 18 pouces, les grandes cornemuses de 20 à 26 pouces, les versions Béchonnet et les perces anciennes offrent des réponses différentes en matière de taille, de registre et de doigté. Les bois fruitiers, le buis, l’ébène et le palissandre sont préparés pour recevoir une construction précise ; la corne, l’étain et le clétage peuvent personnaliser les réalisations. La stabilité de la fondamentale, la richesse du timbre, l’ergonomie et l’accord des bourdons sont travaillés pour que chaque instrument rencontre une pratique musicale réelle et une histoire de facture identifiable.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Nicolas Galleazzi — facteur de cornemuses bourbonnaises et du Centre-France (site externe)

    Organisme : Nicolas Galleazzi

    Fait soutenu
    Le site officiel présente l’atelier de Nicolas Galleazzi à Huriel, ses cornemuses inspirées du Berry, du Bourbonnais et du Nivernais, ses bois fruitiers et exotiques sélectionnés, ses versions modernes et à perce ancienne, ainsi que ses modèles de 13 à 26 pouces, Béchonnet, clétage et incrustations d’étain.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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