À Biot, Nicolas Laty développe une œuvre de sculpture verrière qui associe le soufflage, le travail à froid et le verre au chalumeau. Ses créations mettent souvent en scène des personnages, des poissons, des totems et des mille-pattes aux silhouettes expressives. La matière peut rester translucide, recevoir des couleurs franches ou être reprise pour obtenir une surface plus mate. La pièce est pensée comme un volume qui se découvre en tournant autour d’elle, avec des détails qui apparaissent lorsque la lumière change.
Nicolas Laty est né en 1976 à Nice et a grandi à Biot, dans un territoire où le verre tient une place majeure. Il a été guidé par les maîtres verriers Jean-Claude Novaro et Michèle Luzoro. Cette transmission l’a familiarisé avec le verre chaud, le rythme du four et les opérations de finition. Il s’est fait connaître dès 2002 lors de l’exposition « Venezia Vetro » à la galerie Rosella Junck de Venise. Cette première reconnaissance situe son travail dans un dialogue entre l’art verrier de Biot et la scène internationale de la sculpture en verre.
Le soufflage commence par la préparation d’une masse de verre en fusion. Le verrier la recueille au bout d’une canne, la fait tourner et introduit de l’air pour créer une forme creuse. Les outils servent à maintenir l’axe, étirer un volume, marquer une séparation ou ouvrir une bordure. Nicolas utilise ce vocabulaire technique pour construire des corps et des silhouettes plutôt que de simples récipients. La rotation doit rester régulière, car elle empêche la matière de couler d’un côté. La température est surveillée pendant toute la fabrication : une pièce trop froide perd sa souplesse, tandis qu’une pièce trop chaude risque de s’affaisser.
La sculpture à chaud donne aux créatures une présence physique. Une bosse peut devenir un dos, une ouverture un œil ou un passage de lumière, et une longue pointe peut suggérer une nageoire ou une antenne. Les proportions sont souvent volontairement décalées afin que la forme garde une part d’humour et de surprise. Le verre ne cherche pas à imiter parfaitement un animal ou une personne ; il en retient quelques signes reconnaissables et les transforme en une silhouette nouvelle. Cette économie de moyens renforce l’effet de caractère que l’on retrouve dans les pièces de l’artiste.
Le travail au chalumeau complète le soufflage à la canne. La flamme chauffe une zone réduite d’un tube ou d’une baguette et permet de créer des éléments fins, des appendices, des détails ou des assemblages. Le verrier peut ajouter une petite masse colorée, étirer un fil, former une boule ou souder plusieurs parties. Le contrôle de la température est particulièrement délicat sur une petite pièce, car la chaleur se concentre rapidement. L’usage du chalumeau offre néanmoins une grande liberté pour préciser une expression et donner à une créature un mouvement inattendu.
Après la recuisson, le travail à froid introduit une autre dimension. Le verre peut être sculpté, sablé, poli ou gravé pour modifier la diffusion de la lumière et faire apparaître un dessin. Nicolas utilise ces opérations pour accentuer les contrastes entre une zone brillante et une zone mate, souligner un relief ou préciser une ligne. Le sablage rend une surface douce et diffuse ; le polissage rétablit une transparence nette ; la gravure peut créer un trait qui reste visible même lorsque la pièce est éclairée de face. Le choix de la finition transforme ainsi le caractère du volume.
Les matériaux associés élargissent encore les possibilités. Les informations de Biot Tourisme mentionnent le bois, les minéraux, l’inox et le silicone autour des créatures de Nicolas. Une structure en bois peut servir de socle ou de prolongement organique, tandis qu’un élément métallique souligne une silhouette et lui donne un point d’appui. Les minéraux introduisent une différence de densité et de texture. Le silicone peut accompagner une forme sans la rendre rigide. Ces associations sont pensées pour maintenir un équilibre entre le verre, son support et l’espace qui l’entoure.
Les poissons font partie des figures récurrentes de cet univers. Leur corps peut être étiré, arrondi ou suspendu, avec des nageoires suggérées par de minces éléments de verre. La transparence évoque l’eau, mais les couleurs et les textures éloignent la pièce d’une reproduction naturaliste. Un poisson peut devenir un personnage, un totem ou une créature imaginaire. Les mille-pattes et d’autres animaux extravagants utilisent de leur côté la répétition des pattes, des segments ou des antennes pour produire un mouvement visuel. Le spectateur peut suivre la ligne de la sculpture comme on suivrait un dessin dans l’espace.
Les totems constituent un autre axe de recherche. Leur verticalité permet d’empiler des volumes et de composer une présence qui se lit à distance. Une base plus dense donne de la stabilité, tandis que des parties translucides ou colorées attirent la lumière vers le haut. Le travail à froid peut inscrire un visage, un signe ou une texture sur la surface. Le totem devient alors un objet autonome, à mi-chemin entre sculpture et personnage. Son installation demande de vérifier le support, le poids et la manière dont la lumière se répartit sur la hauteur.
La couleur ne sert pas seulement à décorer. Elle guide le regard à l’intérieur d’un volume et peut séparer une partie du corps, une expression ou un motif. Une teinte opaque crée une masse, une teinte transparente laisse passer le fond et une superposition produit une profondeur supplémentaire. Au four, les couleurs doivent être compatibles et recevoir une cuisson adaptée. Le verrier choisit aussi la façon dont elles seront vues : une couleur placée au centre paraît différente d’une couleur proche de la surface, surtout lorsque la pièce reçoit une lumière latérale.
Nicolas Laty expose également dans des galeries et des lieux consacrés au verre contemporain. Son travail est présenté au showroom Pierini Verre Contemporain, et certaines pièces ont été montrées dans des expositions internationales. Ces présentations permettent de voir les sculptures dans un espace pensé pour la lumière et la distance de regard. Une créature de petite taille se découvre par les détails, alors qu’un totem demande un recul suffisant pour comprendre sa verticalité. Les conditions d’exposition deviennent ainsi une partie de la lecture de l’œuvre.
Pour un projet ou une acquisition, il est utile de préciser les dimensions disponibles, le type de support et l’éclairage envisagé. Une sculpture destinée à un intérieur n’a pas les mêmes contraintes qu’une pièce installée dans un jardin ou un espace public. Le verre reste sensible aux chocs et aux changements thermiques, tandis que le métal, le bois ou le silicone réagissent différemment. Un échange avec l’artiste ou la galerie permet de choisir la finition, le mode de fixation et les précautions d’entretien.
À Biot, Nicolas Laty prolonge donc la tradition du soufflage par une recherche de personnages et d’animaux imaginaires. Le verre soufflé construit le volume, le chalumeau précise les détails et le travail à froid transforme la surface. Les couleurs, le sable, le polissage et les matériaux associés donnent à chaque créature une identité propre. Poissons, totems, mille-pattes et silhouettes expressives occupent un espace où la matière paraît légère tout en conservant la force d’un objet sculpté. Le regard circule autour de la pièce et découvre, à chaque angle, une nouvelle relation entre lumière, signe et volume.