Atelier & professionnel

Nicolas Marischael — orfèvre, restaurateur et créateur au Viaduc des Arts

Paris

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

Au Viaduc des Arts, dans le 12e arrondissement de Paris, Nicolas Marischael perpétue une lignée d’orfèvres tout en développant une création personnelle. Son atelier-showroom du 87 avenue Daumesnil rassemble des pièces nouvelles, des objets anciens restaurés et des réalisations destinées aux musées, aux collectionneurs, aux antiquaires et aux particuliers. La maison travaille l’orfèvrerie dans toutes ses dimensions : fabrication, restauration, réargenture, gravure, entretien et recherche de solutions adaptées pour conserver les objets précieux.

Une maison familiale au Viaduc des Arts

La Maison Marischael Orfèvre a été fondée en 1924 par le grand-père de Nicolas Marischael. Les premiers ateliers se trouvaient dans le Marais, rue de Saintonge. Quatre générations d’orfèvres se sont succédé autour des mêmes exigences de métier, en conservant les outils et les gestes qui permettent de travailler les métaux précieux et les pièces d’orfèvrerie avec précision. En 2012, l’activité a quitté cette adresse historique pour rejoindre le Viaduc des Arts.

Le 87 avenue Daumesnil accueille aujourd’hui un atelier-showroom. Sous une des voûtes du Viaduc, les créations au design épuré côtoient des objets anciens et précieux qui attendent une restauration. Cette proximité donne à voir deux faces du métier : la capacité à imaginer un objet nouveau et la nécessité de comprendre un objet existant avant d’intervenir. La boutique parisienne permet aussi le retrait de commandes et la présentation d’un travail qui s’adresse autant aux amateurs qu’aux institutions.

L’atelier conserve une relation forte avec l’histoire de l’orfèvrerie, mais il ne se limite pas à reproduire une esthétique ancienne. Nicolas Marischael a progressivement libéré sa création de la stylistique traditionnelle pour proposer des objets dont les lignes sont plus sobres. La matière, la lumière, l’usage et la précision des assemblages restent au centre de cette évolution. Une pièce peut s’inscrire dans la table, la décoration ou la collection, tout en portant les marques d’un travail réalisé dans un atelier de métier.

Le parcours de Nicolas Marischael

Nicolas Marischael a rejoint l’entreprise familiale en 1981. Il a obtenu son CAP d’orfèvre après trois années d’apprentissage auprès de spécialistes des principales disciplines de l’atelier. Cette formation lui a permis d’aborder le travail au marteau, la rétreinte, le planage, le repoussage au tour, les soudures à l’argent et à l’or au chalumeau, ainsi que les décors réalisés par ciselure et reperçage.

En 1989, il a obtenu ses diplômes de gemmologie à l’Institut National de Gemmologie. En parallèle, il a suivi les cours d’histoire de l’art du Louvre. Ces deux formations complètent la pratique manuelle par une connaissance des matériaux, des pierres, des objets et des styles. Elles sont particulièrement utiles pour l’expertise et la restauration, où l’orfèvre doit observer une pièce, comprendre sa construction, reconnaître les traces d’une époque et choisir une intervention compatible avec son histoire.

Nicolas Marischael a enrichi son activité par la création à partir de 2002 et a changé de poinçon de maître pour marquer cette nouvelle trajectoire. Il est membre des Grands Ateliers de France depuis 1997. Il a participé au Conseil des Métiers d’Art de 1996 à 2002 et siège au jury du concours du Meilleur Ouvrier de France depuis 2004. Depuis 2012, il est expert près de la Cour d’Appel de Paris dans la spécialité de l’orfèvrerie.

Son parcours comporte également plusieurs reconnaissances. L’entreprise est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant. Nicolas Marischael a été nommé Chevalier des Arts et des Lettres et a reçu, en 2015, le Prix pour l’intelligence de la main de la Fondation Bettencourt-Schueller pour le diffuseur de parfum Osmos, réalisé avec le designer Felipe Ribon. En 2019, il a été nommé Maître d’art. Il transmet aujourd’hui son savoir-faire à sa fille Mélissa Marischael, quatrième génération de la famille.

Les gestes de l’orfèvrerie

L’orfèvrerie demande de donner une forme au métal en contrôlant son épaisseur, sa tension et sa surface. Le travail au marteau comprend notamment la rétreinte, qui resserre et redonne du volume à une pièce, et le planage, qui régularise la surface. Le repoussage au tour permet de travailler le métal contre un support pour obtenir un relief ou une forme régulière. Le chalumeau sert aux soudures, avec des brasures à l’argent ou à l’or selon la nature du travail.

Le décor apporte une autre précision. La ciselure intervient pour modeler ou enrichir la surface par une succession d’empreintes contrôlées. Le reperçage consiste à ouvrir le métal selon un dessin et demande de tenir compte des épaisseurs, des contours et de la solidité de l’objet. La gravure peut compléter le décor, inscrire un motif ou participer à la personnalisation d’une pièce. Ces opérations ne sont pas interchangeables : chacune modifie le métal d’une manière différente et impose ses propres outils.

Les ateliers de la famille ont conservé une collection d’outils dont certains datent du XVIIIe siècle. Leur présence ne relève pas d’un simple attachement au passé. Ils permettent encore d’employer des méthodes de fabrication adaptées à l’orfèvrerie ancienne et de retrouver des gestes cohérents avec les objets à restaurer. Le choix de l’outil dépend de la forme, de la matière, du décor et de l’état de la pièce. Une intervention réussie doit réparer sans effacer les indices qui racontent la fabrication d’origine.

Restaurer l’argenterie et les objets d’art

L’atelier intervient sur l’argenterie ancienne et sur des objets d’art pour des musées, des collectionneurs, des antiquaires et des particuliers. La restauration commence par l’observation de l’objet et par l’identification des parties fragilisées ou altérées. Il peut être nécessaire de reprendre une déformation, de réparer une partie, de retrouver une continuité de surface ou de traiter une finition qui a perdu son éclat. La méthode choisie dépend de la structure de l’objet et de la place qu’il occupe dans son histoire.

La maison propose aussi la réargenture de couverts et d’objets anciens. Cette opération redonne une présence régulière à une surface en métal argenté lorsque la couche d’argent est usée. Elle s’inscrit dans un ensemble de prestations qui comprend également l’entretien, la gravure et la restauration d’objets d’art. Des solutions de rangement sont prévues pour les couverts et les pièces de service : trousses, housses, cuvettes, coffres à tiroirs et feutrines antioxydantes peuvent aider à protéger l’argenterie entre deux utilisations.

L’entretien ne se résume pas à faire briller un objet. Il faut tenir compte du métal, de la finition, des poinçons, des reliefs et de la présence éventuelle de réparations anciennes. Un nettoyage trop agressif pourrait altérer une surface ou atténuer un décor. Le travail de l’orfèvre consiste donc à proposer une intervention adaptée à l’état et à l’usage de la pièce, qu’il s’agisse d’une ménagère familiale, d’un objet de collection ou d’un élément destiné à être présenté dans un musée.

Des couverts en métal argenté fabriqués en France

La maison réalise des couverts en métal argenté depuis trois générations. Ils sont fabriqués en France à partir de maillechort français. L’atelier présente une argenture supérieure à la norme française de catégorie I : ses couverts de table reçoivent, à titre d’exemple, 100 grammes d’argent, soit près de 40 microns d’argent pur à 99,99 %, contre 84 grammes et 33 microns pour 24 pièces dans la référence indiquée par la maison.

Les bains d’argenture comportent des traitements destinés à durcir la couche déposée et à ralentir son oxydation. Une quantité supplémentaire d’argent est appliquée aux pointes, notamment aux dents des fourchettes et aux cuillerons. Le poinçon de maître orfèvre accompagne cette fabrication et permet d’identifier le travail de la maison. Ces choix techniques répondent à un usage régulier : les couverts doivent supporter les manipulations, les frottements et les lavages tout en conservant une surface agréable.

La table constitue un domaine privilégié de l’orfèvrerie, mais les objets de la maison peuvent aussi relever de la décoration, du parfum ou de la collection. Une pièce est étudiée selon ses proportions, son poids, sa prise en main, son décor et sa relation avec les autres éléments d’un service. Le métal peut porter la lumière, souligner une ligne ou créer un contraste avec une matière différente. La création contemporaine reste ainsi liée à la connaissance des usages et des techniques anciennes.

Un atelier ouvert au public

L’atelier-showroom se trouve au 87 avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement de Paris. Il est ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30, ainsi que le samedi de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30. Des rendez-vous peuvent être proposés en dehors de ces horaires pour les personnes qui souhaitent présenter une pièce, parler d’une restauration ou étudier une demande particulière.

Le lieu est accessible depuis la gare de Lyon et le quartier du Viaduc des Arts. Les lignes 1, 8 et 14 du métro desservent les environs, avec la station Daumesnil Diderot indiquée à proximité. Les commandes peuvent être retirées sur place et les pièces peuvent également être expédiées. La visite permet de découvrir les créations, de voir des objets restaurés et de comprendre la continuité entre un savoir-faire familial, une pratique d’expertise et une création ouverte à la vie contemporaine.

Dans cet atelier parisien, Nicolas Marischael fait dialoguer le marteau, le chalumeau, les outils de décor, les poinçons et les procédés de finition. La fabrication d’un couvert, la restauration d’une pièce ancienne et la création d’un objet de collection ne suivent pas le même parcours, mais elles reposent sur la même attention au métal et à la main. Le Viaduc des Arts offre ainsi un cadre où l’orfèvrerie peut être découverte à travers ses objets, ses gestes, son histoire familiale et sa capacité à continuer de se renouveler.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source officielle site-officiel

    L’atelier Marischael au Viaduc des Arts (site externe)

    Organisme : Nicolas Marischael Orfèvre

    Fait soutenu
    La page présente l’histoire familiale sur quatre générations, le déménagement au Viaduc des Arts, l’atelier-showroom du 87 avenue Daumesnil, les créations et les restaurations.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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