À Mont-Saint-Vincent, en Saône-et-Loire, Pascal Michelot exerce le métier de nacrier et de tabletier autour des coquillages, de la nacre et des objets qui en sont issus. La Boutique du Nacrier présente des bijoux, des figurines, des lampes, des boutons et des pièces décoratives, tandis que l’atelier reçoit aussi des demandes de restauration et de création spéciale. Le travail repose sur une relation directe avec la matière : chaque coquillage possède une couleur, une épaisseur, une irisation et une structure qui orientent la manière de le découper, de le mettre en forme et de le polir.
La nacre n’est pas une matière uniforme. Pascal Michelot présente des nacres noires de Polynésie, des nacres jaunes d’Australie, des nacres blanches d’Indonésie, des nacres bleues de Nouvelle-Zélande, ainsi que le burgos de Polynésie et le capiz. D’autres variétés proviennent des eaux douces ou de la mer. Ces origines donnent une palette naturelle très large, depuis les blancs lumineux jusqu’aux gris, bleus, jaunes, bruns et reflets changeants. L’artisan précise que les couleurs employées dans ses pièces sont naturelles et qu’il ne travaille pas la nacre teintée.
Le choix de la matière constitue donc la première étape d’un projet. Pour un bijou, l’irisation et la régularité de la surface peuvent guider la sélection. Pour une figurine ou une forme sculptée, l’épaisseur disponible et la possibilité de dégager un volume deviennent déterminantes. Une plaque destinée à une lampe ne sera pas regardée comme une petite pièce montée sur un pendentif. La transparence, la diffusion de la lumière, la courbure et la résistance doivent être considérées ensemble afin que la matière reste cohérente avec l’usage prévu.
La préparation associe plusieurs gestes. Le découpage permet d’obtenir un contour, une plaque ou une forme à intégrer dans un assemblage. La mise en forme rapproche la matière du dessin recherché et permet de travailler une courbe, un bord ou un volume. La sculpture retire progressivement de la matière pour faire apparaître un relief. Le polissage révèle ensuite la profondeur des reflets et adoucit la surface. Ces opérations demandent de suivre les particularités du coquillage, car une zone fine, une ligne de croissance ou une variation d’épaisseur peuvent modifier la réaction de la nacre sous l’outil.
La fabrication de bijoux forme un axe visible du travail. Les colliers, pendentifs et autres pièces portées utilisent les reflets de la nacre pour accompagner une chaîne, une monture ou une perle. La surface peut être laissée largement apparente afin de faire ressortir ses nuances, ou intégrée à une composition plus détaillée. Le choix du support, la taille de la pièce et la manière dont elle sera portée déterminent l’équilibre entre légèreté, présence visuelle et solidité. Les créations restent liées à la singularité de chaque coquillage, dont les motifs ne se répètent jamais exactement.
Les figurines et les animaux permettent de travailler la nacre comme une matière de volume. Une forme découpée peut être assemblée, polie et mise en relief pour produire une silhouette. Les coquillages peuvent également devenir des objets à regarder pour eux-mêmes, avec une présence décorative fondée sur leurs lignes, leur brillance et leurs couleurs. Une lampe ajoute la lumière à cette relation : la surface nacrée ne se contente plus de réfléchir l’éclairage, elle le filtre et le diffuse. Le résultat dépend alors de l’épaisseur, de la disposition des éléments et de l’intensité de la lumière placée derrière ou autour de la pièce.
Le travail comprend aussi des objets fonctionnels et des éléments d’incrustation. Une poignée, une pièce de bois, un objet de bureau ou un accessoire peuvent recevoir un apport de nacre destiné à enrichir la surface. L’ajustage doit tenir compte de la forme du support et de la façon dont la matière sera regardée ou touchée. Une incrustation sur du bois ne demande pas le même raccord qu’un élément placé sur une poignée ou une pièce de lutherie. Le bord doit rester propre, la surface doit être correctement préparée et le polissage doit réunir les matériaux sans masquer leur différence.
La restauration occupe une place particulière dans le métier de Pascal Michelot. Les objets anciens en nacre peuvent présenter des manques, des fissures, des déformations ou des parties ternies. Une intervention commence par l’identification de l’objet, de son époque et de sa construction. L’artisan demande notamment d’où vient la pièce et de quel siècle elle date, puis étudie les photographies et les dimensions nécessaires. Cette préparation sert à rechercher une nacre qui s’accorde avec l’original et à choisir la forme de remplacement sans altérer l’esprit de l’ensemble.
Parmi les restaurations présentées figurent un coffret à bijoux en nacre, un manche d’épée et une boîte à couture du XVIIIe siècle. D’autres réalisations concernent l’incrustation de nacre sur un pilier en bois, une poignée de cuisine ou une harpe. Ces exemples montrent l’étendue des supports rencontrés. La nacre peut appartenir à un objet précieux, à un élément d’ameublement, à un instrument ou à une pièce utilitaire. Dans chaque cas, la restauration doit respecter les proportions, la fonction et les traces qui permettent de comprendre l’histoire de l’objet.
La recherche d’une matière adaptée est essentielle lorsqu’une partie a disparu. Une nacre trop blanche, trop sombre ou trop épaisse attirerait le regard et romprait la continuité de la pièce. À l’inverse, une réparation trop uniforme pourrait effacer la nuance de l’original. La découpe et la mise en forme doivent retrouver le gabarit nécessaire, puis le polissage doit rapprocher l’éclat de la partie ancienne sans créer une confusion artificielle. L’objectif est de rendre l’objet lisible et utilisable, en conservant autant que possible les informations apportées par son âge et ses usages.
La transmission passe par des stages d’initiation au travail de la nacre. Ils peuvent durer un, deux ou trois jours et s’adresser à une personne qui souhaite découvrir la matière ou perfectionner un premier geste. Le programme mentionne le polissage, le découpage, la sculpture et la mise en forme. La pratique permet de comprendre la différence entre un bord simplement découpé, une surface préparée pour recevoir un éclat et un volume progressivement dégagé. Elle donne aussi une idée de la patience nécessaire pour travailler un matériau qui ne se corrige pas comme une matière souple.
Des ateliers pédagogiques sont proposés pour des écoles ou des centres de vacances. Les enfants peuvent participer à l’élaboration d’une pièce adaptée à leur âge, par exemple une gravure sur un bracelet ou un pendentif qu’ils conservent. L’encadrement des adultes accompagnateurs fait partie des conditions annoncées. Cette approche rend le geste accessible sans réduire la matière à un simple support décoratif : les participants découvrent l’origine des coquillages, observent les différences de couleur et suivent les étapes qui transforment une nacre brute en objet.
La rencontre avec l’artisan complète la découverte des créations. À Mont-Saint-Vincent, le visiteur peut voir des bijoux, des figurines, des lampes et d’autres objets, puis comprendre comment le polissage, la découpe ou la sculpture modifient la surface. Les démonstrations donnent à regarder la relation entre l’outil et le coquillage, la lenteur du geste et les contrôles nécessaires avant la finition. Les projets particuliers peuvent être étudiés directement avec Pascal Michelot, qu’il s’agisse de restaurer une pièce ancienne, de fabriquer un objet en nacre ou de réfléchir à une incrustation.
Pascal Michelot fait ainsi dialoguer tabletterie, sculpture, polissage et restauration autour de nacres issues de différentes régions du monde. Les bijoux, boutons, figurines, lampes, coquillages décoratifs et incrustations montrent plusieurs façons d’utiliser une matière à la fois solide, fine, colorée et lumineuse. Les créations nouvelles s’appuient sur la sélection des surfaces et des volumes, tandis que les restaurations demandent une lecture attentive de l’objet existant. À Mont-Saint-Vincent, le métier se prolonge enfin par des stages et des ateliers pédagogiques qui transmettent les gestes de la nacre à différents publics.