Atelier & professionnel

Pauline Roy Gravures, graveuse sur verre à Rodez

Rodez

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Rodez, Pauline Roy développe une pratique de graveuse et de conceptrice d’objets décoratifs et de mobilier en verre. Ses pièces uniques, numérotées en petites séries, associent dessin, lumière et travail de surface. Elle exerce entre Paris et l’Aveyron et réalise ses créations dans l’atelier Ver’art à Rodez. La nature, les paysages et les contrastes de l’Aveyron nourrissent son regard, tandis que la gravure lui permet d’inscrire dans le verre des formes qui apparaissent par le relief, la transparence et les variations de lumière.

Le parcours de Pauline Roy commence dans le champ du dessin et de la conception visuelle. Diplômée de Penninghen, elle a également étudié l’histoire de l’art à l’École du Louvre. Son expérience de graphiste au musée Guimet l’a conduite à travailler au contact des œuvres et de la scénographie d’exposition. Elle y a conçu des dispositifs de présentation sur de grandes surfaces, observant la manière dont un objet, une image et un espace peuvent construire ensemble une expérience de regard.

Cette relation entre œuvre et environnement se retrouve dans ses créations en verre. Un objet gravé ne se limite pas à une surface sur laquelle un motif serait posé. Il dialogue avec la lumière du lieu, avec les ombres qu’il projette et avec la distance depuis laquelle il est observé. Une paroi murale ne produit pas le même effet qu’un vase ou qu’une poignée de porte. Le format, la profondeur du dessin et la manière dont le verre laisse passer ou renvoie la lumière orientent la perception de chaque pièce.

En 2020, Pauline Roy choisit de s’inscrire dans la tradition du verre. Elle se forme auprès de l’artiste verrier Gilles Chabrier et met ensuite en œuvre ses connaissances à Rodez. Le verre lui offre une matière à la fois familière et toujours surprenante. Transparent, translucide ou plus dense selon sa fabrication, il accueille des traces et des creusés qui modifient l’éclairage sans devenir une simple surface opaque. La gravure révèle ainsi une profondeur qui se découvre progressivement.

La gravure au diamant repose sur un outil muni d’une pointe de diamant. Pauline Roy l’utilise comme un stylet pour creuser, défoncer ou effleurer la matière. Le geste est lent et minutieux : la forme se construit par passages successifs, sans possibilité de masquer facilement une intervention. Les volumes obtenus sont doux et courbes, avec une finesse qui dépend de la pression, de la direction et de la répétition du mouvement. La main dessine dans le verre tout en travaillant avec sa résistance.

Le sablage suit une préparation différente. La première étape est un dessin réalisé à la main. Une fois arrêté, il est vectorisé puis transféré vers un plotter qui prédécoupe un adhésif résistant. Les pochoirs sont ensuite posés sur le verre avec une grande attention. La moindre particule ou une jonction imparfaite peut modifier le résultat. Leur numérotation organise l’ordre des passages et permet de construire les volumes, les pleins, les vides et les zones transparentes.

Pendant le sablage, l’inclinaison du verre, le mouvement de la main et la pression exercée doivent rester maîtrisés. Le sable creuse la surface et crée des différences qui transforment le passage de la lumière. Les parties travaillées peuvent laisser entrer l’éclat tout en empêchant le regard de traverser comme il le ferait à travers une zone restée transparente. Le motif devient donc une architecture de lumière, composée de surfaces mates, de clartés et de profondeurs.

Ces deux techniques donnent des écritures différentes. La gravure au diamant trace des volumes fins, des courbes et des lignes qui gardent la proximité du geste. Le sablage permet de construire des zones, des silhouettes et des passages entre le visible et le voilé. Une même pièce peut s’appuyer sur l’une ou l’autre selon le dessin et l’effet recherché. Dans tous les cas, le verre reste actif : il réfléchit, filtre, traverse et transforme la marque qui lui est confiée.

La nature constitue une source d’inspiration centrale dans le travail de Pauline Roy. Elle en observe la beauté, la force et la fragilité, puis les traduit dans des motifs et des compositions qui ne cherchent pas forcément à reproduire un paysage. Les formes végétales, les lignes d’un relief ou la présence d’un arbre peuvent devenir des rythmes, des contours et des densités. Le verre permet de conserver une impression de mouvement et de légèreté même lorsqu’il est intégré à un objet de mobilier.

L’Aveyron apporte un ancrage particulier à cette recherche. Les reliefs, les plateaux, les variations de saison et les contrastes de lumière composent un environnement que Pauline Roy dessine, photographie et observe lorsqu’elle y travaille. Le patrimoine roman et les paysages du département participent également à son imaginaire. Cette attention au territoire ne produit pas une illustration touristique : elle nourrit un vocabulaire de lignes, de masses et de transparences qui peut se retrouver dans une paroi, un luminaire ou un vase.

Les luminaires montrent avec évidence le rôle de la lumière. Dans la série « Flore d’Aubrac », le verre gravé peut évoquer une présence végétale tout en laissant l’éclairage faire varier les contours. Le luminaire « Dans l’arbre » s’inscrit dans un autre rapport entre surface, motif et source lumineuse. Lorsque la pièce est éclairée, les creusés et les zones transparentes modifient les ombres et la diffusion. Lorsqu’elle est éteinte, elle conserve la présence d’un objet sculptural et décoratif.

Les parois murales et les poignées de porte installent la gravure dans l’architecture intérieure. Une paroi peut séparer sans fermer complètement, filtrer les regards et distribuer la lumière entre deux espaces. Une poignée rapproche le motif de la main et du geste quotidien. Dans ces applications, la création doit respecter la fonction de l’objet tout en lui donnant une identité. Le dessin, la profondeur et la finition sont pensés en relation avec la place de la pièce et la manière dont elle sera utilisée.

Les tables gigogne, les vases cylindriques, les miroirs et les vases ou jarres offrent d’autres échelles de travail. Un ensemble de tables peut jouer sur la répétition et les variations de taille. Un vase cylindrique transforme la lumière autour d’un volume continu. Le miroir ajoute une réflexion qui se mêle au motif gravé et à ce qui se trouve devant lui. Une jarre ou un vase peut devenir une présence autonome, où la surface et la forme générale se répondent. Chaque objet porte ainsi une relation particulière entre décor, matière et usage.

Les arts de la table rapprochent encore la gravure de la vie quotidienne. Le verre peut accueillir une ligne, une texture ou un motif qui se découvre pendant la manipulation. La surface doit rester lisible et agréable, mais elle peut également conserver une part de mystère lorsque la lumière change. La gravure ne cherche pas à effacer la fonction de l’objet : elle l’enrichit en faisant apparaître une attention au détail dans un geste ordinaire, celui de prendre, de poser, de servir ou de regarder.

Les créations sur mesure s’appuient sur cette capacité à adapter le dessin au support. Un projet peut concerner une pièce de mobilier, une paroi, un luminaire ou un objet décoratif. Les dimensions, l’environnement lumineux, la place des transparences et la relation avec les autres matériaux sont étudiés avant la réalisation. Le motif peut être conçu pour accompagner une architecture, une collection de mobilier ou une intention plus personnelle. Le verre devient alors une matière de liaison entre une idée, un espace et un usage.

Depuis Rodez, Pauline Roy Gravures fait dialoguer la gravure au diamant, le sablage et une recherche sensible autour du verre. Le dessin préparé à la main, la précision du stylet, la pose des pochoirs et le dosage du sablage construisent des surfaces où la lumière joue avec les pleins et les vides. Parois murales, poignées, luminaires, tables, miroirs, vases et objets de la table prolongent une même démarche : créer des pièces uniques qui associent la nature, le territoire aveyronnais, la fonction et la profondeur changeante du verre.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Pauline Roy Gravures — À propos (site externe)

    Organisme : Pauline Roy Gravures

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Pauline Roy comme artisan graveur et conceptrice d’objets décoratifs et de mobilier en verre, son parcours à Penninghen et au musée Guimet, sa formation auprès de Gilles Chabrier, son activité entre Paris et l’Aveyron, son atelier à Rodez, ses pièces uniques numérotées et son inspiration liée à la nature et à l’Aveyron.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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