À Urbanyà, dans les Pyrénées-Orientales, Pedra Viva est l’activité de Pedro Lopes, artisan murailler qualifié spécialisé dans la technique de la pierre sèche. Sa pratique est tournée vers la restauration, la création, l’expertise-conseil et la transmission. La montagne, la géologie et l’histoire y tiennent une place déterminante : elles aident à comprendre la forme des reliefs, la nature des roches et les usages anciens qui ont façonné les paysages de Catalogne et du piémont pyrénéen.
Le parcours de Pedro Lopes commence par une formation de paysagiste. Cette première approche lui donne une attention particulière aux sols, aux plantations et à la manière dont un ouvrage s’insère dans un espace vivant. La découverte de la pierre sèche l’a ensuite conduit vers un métier de chantier exercé depuis plus de quinze ans. Le site annonce plus d’une centaine de projets réalisés et plus de 150 clients accompagnés. Ces repères décrivent une expérience construite dans la durée, au fil d’interventions sur des murs, des escaliers, des cabanes et d’autres structures liées au relief.
La pierre sèche se construit sans liant industriel. Les blocs sont choisis, orientés et croisés pour transmettre les charges par leur propre poids. Cette organisation demande de regarder le terrain avant de poser la première pierre. Une pente, un sol argileux, un passage d’eau ou un ancien effondrement modifient la manière de préparer l’assise. Le murailler doit identifier les pierres qui peuvent être réemployées, distinguer celles qui conviennent au parement de celles qui serviront au remplissage et ménager les vides nécessaires au drainage. La qualité d’un mur se lit autant dans sa stabilité que dans la façon dont il accompagne l’écoulement naturel de l’eau.
La création et la restauration de murs de soutènement constituent un domaine annoncé par Pedra Viva. Un mur de soutènement retient une masse de terre et doit accepter les variations de pression liées aux pluies et aux saisons. Le fruit du parement, la profondeur de la fondation et le choix des blocs participent à cet équilibre. Lorsque l’ouvrage existe déjà, l’observation des fissures, des déformations et des zones lavées par le ruissellement permet de comprendre son désordre. La restauration peut alors conserver les pierres saines, reprendre les parties instables et retrouver une géométrie compatible avec le site.
Les escaliers en pierre sèche prolongent cette logique dans les jardins et les chemins de montagne. Une marche doit offrir un appui régulier tout en résistant au passage et à l’érosion. Son intégration dépend de la pente, de la largeur disponible et du raccord avec les niveaux voisins. Les pierres latérales stabilisent le cheminement, tandis que le drainage évite que l’eau ne transforme les joints en ravines. Un escalier bien situé peut rendre un terrain accessible sans imposer une forme étrangère au paysage.
Pedra Viva mentionne également les cabanes et les orris. Ces constructions vernaculaires témoignent des usages pastoraux et agricoles des territoires pyrénéens. Leur restauration demande de comprendre la forme du voûtement, la manière dont les pierres se bloquent et la relation entre l’épaisseur des murs et la couverture. Une création contemporaine peut s’inspirer de ces principes sans copier un bâtiment historique. Dans les deux cas, la pierre est mise en œuvre pour répondre à un besoin concret tout en conservant la mémoire des gestes locaux.
L’expertise-conseil sur les matériaux constitue une autre facette de l’activité. Pedro Lopes indique pouvoir sélectionner les types de pierres adaptés à chaque projet. Cette sélection prend en compte la résistance, la forme des blocs, leur capacité à se fendre et leur disponibilité dans le secteur. Employer une roche compatible avec le terrain limite les transports et facilite la cohérence visuelle. Le conseil peut aussi aider à décider quelles pierres existantes conserver, comment organiser un stock de chantier ou quelle finition retenir pour un passage soumis aux intempéries.
La transmission accompagne le travail de chantier. Pedra Viva intervient dans des projets territoriaux de restauration du patrimoine et encadre des groupes qui souhaitent découvrir le métier de murailler. Un atelier pratique peut montrer comment choisir une pierre, préparer une assise, dresser un parement et remplir l’intérieur d’un mur. Cette pédagogie rend visibles les principes de la pierre sèche : la patience, l’observation, le respect du relief et la recherche d’un assemblage stable. Elle contribue à maintenir un savoir-faire qui repose sur des gestes précis et sur une lecture attentive des matériaux.
Dans les Pyrénées-Orientales, en Catalogne et en Andorre, Pedra Viva propose donc une approche complète de la pierre sèche. Création, restauration, expertise et formation se répondent autour de murs de soutènement, d’escaliers, de cabanes et d’orris. Le paysagisme, la géologie et l’histoire éclairent les choix techniques, tandis que l’expérience de Pedro Lopes accompagne les projets de particuliers, de collectivités ou d’acteurs du patrimoine. L’ouvrage final cherche sa solidité dans le poids des pierres et sa justesse dans le dialogue avec le terrain.