Atelier & professionnel

Perrin&Fils Luthiers — fabrication, restauration et expertise à Sens

Sens

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Sens, dans l’Yonne, Perrin&Fils Luthiers fait vivre une histoire familiale de la lutherie du quatuor. Florentin Perrin s’est installé dans la ville en 2006 après une formation à l’école de lutherie de Crémone, en Italie. Il travaille avec son père François Perrin, luthier depuis 1968, dont le parcours est lié à la maison A. Bru et Perrin. La pratique réunit fabrication, restauration, entretien, expertise, achat-vente, location et reméchage. Violons, altos, violoncelles, contrebasses, violes de gambe et archets sont accompagnés selon leur construction, leur état et la manière dont le musicien souhaite les jouer.

La transmission familiale donne à l’atelier une profondeur particulière. François apporte une longue expérience de la lutherie et Florentin a complété cette culture par un apprentissage italien à Crémone, ville associée à une tradition majeure du violon. Leur travail ne se résume pas à une signature ou à une école : chaque instrument demande d’observer le bois, les assemblages, les réparations et les réglages qui ont façonné sa réponse. Une pièce ancienne, un violon d’étude, un alto de concert ou une viole de gambe ne peuvent pas être traités de la même manière. Le luthier adapte ses décisions à l’histoire et à l’usage de l’objet.

La fabrication sur mesure commence par une rencontre entre le musicien et le projet. La taille de l’instrument, la longueur de corde, la forme du manche et le profil de la caisse influencent le confort et la sonorité. Le luthier doit aussi comprendre le répertoire, le niveau de pratique et les attentes concernant la projection ou la couleur du son. Un violon destiné à un élève ne répond pas nécessairement aux mêmes priorités qu’un instrument pour un soliste. Une viole de gambe montée pour le répertoire baroque appelle encore une autre relation au corps, aux cordes et à l’archet.

Le bois constitue le point de départ de la construction. L’épicéa de la table, l’érable du fond et des éclisses, l’ébène de la touche et les essences choisies pour les accessoires doivent être observés avant le travail. Le fil, la densité, la souplesse et la stabilité ne sont pas identiques d’une pièce à l’autre. Le luthier trace les contours, dégrossit les volumes, creuse les voûtes et contrôle les épaisseurs. Ces opérations ont une dimension acoustique autant que visuelle. Une table trop lourde peut ralentir la réponse ; un fond trop souple peut modifier l’équilibre ; un assemblage imprécis peut fragiliser la caisse.

La caisse du violon ou de l’alto se construit par la rencontre de la table, du fond et des éclisses. Les éclisses forment le pourtour et donnent à l’instrument son épaisseur latérale. Elles sont cintrées pour suivre les courbes de la forme, puis renforcées par des contre-éclisses. Le filet protège le bord et souligne la silhouette. Les voûtes sont sculptées progressivement afin de répartir les tensions et de permettre à la caisse de vibrer. Les ouïes sont ensuite découpées dans la table selon un dessin qui doit rester régulier, précis et cohérent avec les proportions de l’instrument.

La barre d’harmonie et l’âme participent à la mise en mouvement de la caisse. La barre soutient la table et accompagne la transmission des efforts liés aux cordes. L’âme relie la table et le fond ; sa position agit sur l’égalité des registres, l’attaque et la projection. Le chevalet doit être taillé pour la courbure de la touche et pour le montage retenu. Ses pieds doivent épouser la table sans perdre leur mobilité acoustique. Une fois les cordes posées, le luthier peut encore ajuster plusieurs éléments afin de rapprocher la réponse de l’intention de départ.

Le manche, la touche et les chevilles composent l’interface avec le musicien. Un manche bien aligné permet à la main de se déplacer sans contrainte et maintient une hauteur de cordes adaptée. La touche doit offrir une courbe régulière, sans creux qui gênent la justesse ou l’attaque. Les chevilles doivent tourner avec assez de résistance pour tenir l’accord tout en restant maniables. Le cordier, les boutons, les attaches et la pique complètent le montage. Ces accessoires peuvent sembler secondaires, mais leur poids, leur position et leur ajustement influencent la stabilité et le confort de l’instrument.

Perrin&Fils propose des instruments neufs, anciens et d’occasion. Un instrument neuf permet de suivre un projet de fabrication, de choisir une forme et de définir le montage. Un instrument ancien conserve une histoire matérielle et peut offrir une réponse que les années ont affinée. Une pièce d’occasion doit être examinée pour comprendre ses réparations, ses transformations et l’état de ses parties sensibles. Le conseil tient compte du musicien, du répertoire et de l’usage prévu, mais aussi de la capacité de l’instrument à évoluer avec des réglages et un entretien adaptés.

La location facilite le premier contact avec un instrument du quatuor. L’atelier prépare les instruments et les met au point avant de les confier au musicien. Cette étape est utile lorsqu’un enfant commence, lorsqu’un adulte reprend la pratique ou lorsqu’un élève doit essayer plusieurs formats avec son professeur. Le violon, l’alto, le violoncelle, la contrebasse et la viole de gambe n’ont pas la même position de jeu ni les mêmes exigences physiques. La location laisse le temps de découvrir le format, la réponse et le confort avant une décision d’achat.

Le choix d’un instrument se fait aussi par l’écoute. Deux violons de dimensions proches peuvent présenter des attaques, des timbres et des réserves de puissance très différents. Un alto peut privilégier une profondeur chaleureuse ou une réponse plus directe. Un violoncelle doit être facile à mettre en vibration tout en gardant une assise dans le grave. L’essai avec le professeur ou avec le luthier permet de repérer les qualités qui correspondent au musicien. Les réglages personnalisés peuvent ensuite modifier la hauteur des cordes, la position du chevalet, le choix des cordes ou l’équilibre de l’âme.

La restauration commence par un examen de la caisse et du montage. Une fissure, un décollement, une déformation, un chevalet renversé ou une touche usée peuvent avoir des conséquences différentes. Le luthier cherche la cause avant de choisir l’intervention. Une table ouverte près d’une ouïe ne se traite pas comme un bord décollé ; une réparation ancienne ne doit pas être retirée sans comprendre le rôle qu’elle joue. Le démontage reste proportionné à l’état de l’instrument et à la possibilité d’accéder à la zone fragilisée.

Parmi les opérations proposées figurent les réglages et restaurations légères, le travail du cordier, des boutons, des piques et des attaches, ainsi que les interventions sur la tête, les chevilles et la mécanique. Le manche et la touche peuvent être repris lorsque l’usure ou un changement d’angle gêne le jeu. Un instrument qui frise, dont les notes deviennent difficiles à placer ou dont les cordes sont trop hautes demande une analyse globale. Le luthier ne cherche pas uniquement à corriger un symptôme ; il rétablit une relation cohérente entre la structure et les mains qui l’utilisent.

Le détablage est une intervention plus profonde qui permet d’accéder à l’intérieur de la caisse. Elle peut être nécessaire pour traiter une fracture, renforcer un élément, corriger une déformation ou reprendre un assemblage devenu instable. Ouvrir une table demande de protéger les bords, de respecter le vernis et de conserver les indices utiles à la compréhension de l’instrument. Après le travail intérieur, la fermeture doit retrouver une continuité mécanique et esthétique. La réparation reste visible seulement dans la mesure où cette visibilité est compatible avec la conservation de la matière et la solidité de l’ensemble.

Le reméchage des archets complète le travail sur les instruments. La mèche transmet le geste de la main à la corde et se détend ou s’use avec le temps. Son remplacement demande de choisir une quantité régulière de crins, de respecter la tension et de maintenir la cambrure de la baguette. La hausse, la garniture et la plaque participent aussi à l’équilibre de l’archet. Une baguette ancienne mérite une attention particulière, car ses réparations, ses marques et sa valeur ne se lisent pas de la même façon qu’une baguette d’étude. L’archet doit retrouver une réponse stable sans être contraint au-delà de ce que sa structure permet.

Les cordes en boyau occupent une place spécifique dans les montages baroques. Leur toucher, leur tension et leur façon de produire les harmoniques diffèrent de ceux des cordes modernes. Elles demandent un réglage cohérent de l’instrument et une attention régulière à l’accord. L’atelier propose différents types de cordes ainsi que des accessoires pour accompagner les instruments du quatuor et les violes de gambe. Le choix ne se fait pas seulement selon une préférence sonore : il dépend du diapason, du montage, de l’archet et de la manière dont le musicien articule les phrases.

Les violes de gambe fabriquées sur mesure réunissent des choix de forme et de montage particuliers. La caisse repose entre les jambes, l’archet se tient sous la main et les cordes sont souvent accordées selon un système différent de celui du violon. Le nombre de cordes, la longueur vibrante, le profil du manche et le dessin de la tête conditionnent la relation au répertoire. Une basse de viole ne demande pas la même réponse qu’un dessus. La construction doit laisser la main se déplacer, soutenir le registre grave et préserver une articulation nette dans les lignes polyphoniques.

L’expertise accompagne la vente, l’assurance et la transmission d’un instrument. Elle s’appuie sur l’observation de la facture, des matériaux, des vernis, des réparations et du montage. Le luthier distingue les éléments visibles, les hypothèses d’attribution et les opérations nécessaires pour que la description reste compréhensible. Un violon peut porter une étiquette, une marque ou une réparation qui apporte une information, sans que celle-ci suffise à établir seule une origine. L’examen prend en compte l’ensemble de la construction et l’état de conservation.

Les archives vidéo présentées par l’atelier montrent aussi l’importance de la fabrication expérimentale dans le parcours de François Perrin. Un film diffusé sur Arte suit la construction d’un alto au dessin original à partir d’un bois ancien, tandis qu’une autre séquence présente l’essai d’un alto expérimental avec une table en pin d’Oregon et un archet en érable. Ces travaux illustrent une lutherie qui respecte les fondamentaux de la construction tout en laissant place à la recherche. L’expérience ne remplace pas la méthode : elle permet de tester une forme, une matière ou une réponse sonore dans un cadre maîtrisé.

L’entretien courant prolonge les interventions de l’atelier. Le musicien peut surveiller le chevalet, nettoyer la colophane avec prudence, protéger l’instrument des variations extrêmes et vérifier l’état des cordes. Un bruit nouveau, un jour dans un joint, une cheville qui glisse ou une modification de la hauteur des cordes justifie un examen. Les produits d’entretien ne conviennent pas tous aux vernis anciens et les collages domestiques peuvent rendre une réparation ultérieure plus complexe. La prévention consiste surtout à observer régulièrement l’instrument et à intervenir avant qu’une petite évolution ne compromette la caisse.

À Sens, Perrin&Fils Luthiers associe ainsi une histoire familiale, une formation italienne et une pratique complète du quatuor. Fabrication de violons, altos, violoncelles et violes de gambe, choix d’instruments anciens ou d’étude, location, restauration, réglage, expertise, achat-vente et reméchage répondent à des moments différents de la vie musicale. François et Florentin Perrin travaillent sur des objets dont la beauté dépend de la matière, de la précision des assemblages et de la relation avec le musicien. Leur atelier accueille aussi bien l’apprentissage que la pratique professionnelle, avec la même attention portée à la sonorité, à la stabilité et au plaisir de jeu.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Perrin&Fils Luthiers — présentation et services (site externe)

    Organisme : Perrin&Fils Luthiers

    Fait soutenu
    Le site officiel présente François et Florentin Perrin, la fabrication sur mesure d’instruments du quatuor et de violes de gambe, la restauration, l’entretien, l’expertise, la location, l’achat-vente et le reméchage à Sens.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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