Atelier & professionnel

Poterie des Guimards — céramistes à Bitry

Bitry

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Bitry, dans la Nièvre, Nathalie et Christophe Hurtault font vivre la Poterie des Guimards, un atelier familial consacré au grès. Leur travail relie une terre de Puisaye, des formes destinées à la table ou à la décoration, et une recherche sur les couleurs et les surfaces. Les pièces peuvent s’inscrire dans une tradition potière ancienne ou prendre une direction plus contemporaine. Dans les deux cas, elles sont conçues et réalisées au sein de l’atelier, depuis la préparation de l’argile jusqu’à l’émaillage et la cuisson.

L’histoire de la Poterie des Guimards commence en 1976, lorsque Nicole et Claude Hurtault fondent leur atelier dans le hameau qui lui donne son nom. La Puisaye est depuis le Moyen Âge un territoire associé à la poterie de grès. Cette continuité ne tient pas seulement à une réputation géographique : elle repose sur la présence d’une terre adaptée au travail céramique, sur des gestes transmis et sur des ateliers capables de transformer une matière locale en objets utilisés au quotidien. Nathalie et Christophe Hurtault ont repris cet héritage en conservant la fabrication au même territoire et en faisant évoluer les formes et les couleurs.

Le grès de Saint-Amand-en-Puisaye occupe une place centrale dans la production. L’atelier utilise l’argile grise extraite de sa propre carrière et la prépare lui-même. Cette terre garde un caractère minéral que le modelage et la cuisson ne cherchent pas à dissimuler. Sa résistance, son étanchéité et sa capacité à conserver la chaleur ou la fraîcheur la rendent adaptée aux usages de la maison. La surface peut rester sobre et laisser parler le grain, ou recevoir un émail qui ajoute une couleur, une profondeur et une autre manière de réfléchir la lumière.

Le travail commence par l’extraction et la préparation de l’argile. Une terre destinée au grès doit être rendue suffisamment homogène pour pouvoir être façonnée, tout en conservant les qualités qui lui donnent sa personnalité après la cuisson. Le modelage intervient ensuite selon les formes recherchées et les savoir-faire employés dans l’atelier. Une boîte, un bol, une assiette, un vase ou une pièce décorative ne demande pas la même construction. L’épaisseur, la stabilité, les bords et les zones de prise doivent être pensés en fonction de la silhouette et de l’usage.

Le façonnage laisse déjà apparaître la relation entre la main et la matière. Une forme tournée ou modelée porte la régularité d’un geste répété, mais aussi les petites variations qui donnent son caractère à une pièce. Un bord peut être parfaitement continu, légèrement ondulé ou marqué par une intervention plus visible. Une paroi doit rester assez solide pour accompagner la fonction du récipient, sans alourdir inutilement l’ensemble. Les formes traditionnelles offrent un cadre précis ; les recherches contemporaines permettent d’en déplacer les proportions, les ouvertures ou les rapports entre volumes.

L’émaillage apporte une seconde écriture. Les émaux et les couleurs sont créés par Christophe Hurtault à partir de matières premières choisies avec une attention portée à leur relation avec l’homme et l’environnement. Une couleur n’est pas simplement déposée sur une pièce finie : elle réagit avec la terre, l’épaisseur de la couche et la cuisson. Elle peut se concentrer dans un creux, s’éclaircir sur une arête, devenir plus profonde dans une zone abritée ou révéler un relief que l’argile seule rendrait plus discret.

La cuisson à haute température transforme le matériau et fixe la surface. L’atelier indique une cuisson à 1280 degrés pour ses poteries de grès. À cette étape, le dessin préparé par le modelage et l’émaillage rencontre le comportement du four. La couleur se stabilise, la texture se resserre et la pièce acquiert sa résistance. Le résultat dépend de la terre, de l’émail, de l’épaisseur et de la place occupée dans le four. Une même famille de formes peut donc présenter des nuances singulières d’une réalisation à l’autre.

Les collections traditionnelles s’appuient sur les formes et les usages qui ont marqué la poterie de Puisaye. Bols, vaisselle, vases et boîtes appartiennent à un répertoire où l’objet doit pouvoir être regardé et manipulé. La tradition n’impose pas une immobilité. Elle donne des repères de volume, de proportion et de fonction que l’atelier peut reprendre, simplifier ou colorer autrement. Une pièce conserve alors une relation avec un geste ancien tout en trouvant sa place dans une cuisine, une table ou un intérieur d’aujourd’hui.

Les créations contemporaines déplacent davantage les contours de ce répertoire. La couleur peut devenir plus franche, la forme plus épurée ou le rapport entre la surface mate et l’émail brillant plus contrasté. Un vase peut être considéré comme un volume à exposer autant que comme un contenant. Une boîte peut jouer sur la rencontre entre le couvercle et le corps. Une pièce destinée à la décoration peut mettre en avant une texture, une asymétrie ou une combinaison de teintes. La terre de Puisaye reste reconnaissable par sa présence, mais le dessin lui ouvre un vocabulaire actuel.

Le grès blanc de la collection « iCône » offre une autre base de travail. Sa texture plus fine et son rendu des couleurs permettent d’explorer les émaux avec une netteté différente. Sur une terre claire, une nuance peut gagner en luminosité et un motif peut apparaître avec davantage de précision. La surface devient un espace de composition où la couleur, la matité et la brillance se mesurent à la forme du récipient ou du volume. Le choix du support modifie ainsi la manière dont l’émail est perçu, même lorsque la technique de cuisson demeure la même.

Les qualités techniques de la terre se mettent au service de l’usage. Une pièce destinée à la table doit trouver un équilibre entre résistance, stabilité et confort de manipulation. La profondeur d’un bol, l’épaisseur de son bord et la façon dont il repose sur la surface comptent autant que la couleur. Pour un vase, la relation entre l’ouverture, le poids et la base détermine la présence de l’objet. Pour une boîte, le couvercle doit s’ajuster au corps tout en laissant une prise simple. L’objet décoratif conserve lui aussi une exigence de construction : son volume doit rester équilibré sous plusieurs angles.

La fabrication intégrale dans l’atelier permet de suivre cette continuité. L’argile extraite de la carrière est préparée, les pièces sont façonnées, les émaux sont appliqués puis l’ensemble est cuit sur place. Chaque opération agit sur la suivante. Une terre trop épaisse modifierait le séchage et le résultat du four ; une surface irrégulière changerait la manière dont la couleur se répartit ; un émail choisi pour sa profondeur ne produirait pas le même effet sur une terre grise ou blanche. Le savoir-faire tient donc à la maîtrise de chaque étape et à la compréhension de leurs interactions.

La Poterie des Guimards travaille pour des particuliers et des professionnels, en pièces uniques et en petites séries. Une pièce unique peut tirer parti d’une forme ou d’une réaction d’émail singulière. Une petite série cherche une parenté entre plusieurs objets, tout en laissant à chaque cuisson une marge de variation. Le travail pour un projet professionnel peut demander de régler une dimension, une couleur, un volume ou un rythme de répétition. La régularité recherchée n’efface pas la matière : elle organise les différences pour que l’ensemble reste cohérent.

Le territoire de Saint-Amand-en-Puisaye, voisin de l’atelier, contribue à inscrire cette activité dans une histoire potière plus large. La terre, les carrières, les fours et les ateliers forment un environnement où la céramique ne se limite pas à un objet isolé. La Poterie des Guimards participe à cette continuité tout en affirmant son propre langage. Les formes traditionnelles rappellent les usages anciens du grès ; les créations plus actuelles montrent comment une famille de potiers peut faire évoluer les couleurs, les proportions et la relation entre fonction et décoration.

La présence d’une équipe autour de Nathalie et Christophe Hurtault donne également une dimension collective à la production. La fabrication ne repose pas sur une seule opération ni sur un geste unique. Préparer la terre, organiser le façonnage, suivre le séchage, appliquer les émaux, remplir le four et contrôler les pièces demandent des compétences complémentaires. La qualité d’une poterie se construit dans cette chaîne de décisions, où chaque personne doit tenir compte du comportement de la matière et de la destination de l’objet.

L’atelier ouvre ses portes aux visiteurs et permet de rapprocher les pièces de leur fabrication. Voir les étapes de travail aide à comprendre la différence entre un objet simplement coloré et une céramique dont la surface résulte d’une terre, d’un modelage, d’un émail et d’une cuisson. Les formes exposées peuvent alors être observées par leur dessin, mais aussi par leur poids, leur texture, leur stabilité et la façon dont la lumière se pose sur elles. La découverte du lieu prolonge le geste d’achat ou de regard par une compréhension concrète du métier.

La Poterie des Guimards conserve une relation directe avec la vie quotidienne. Les objets pour la table accompagnent les repas sans renoncer à leur dimension sensible ; les vases, boîtes et pièces décoratives introduisent la matière dans l’espace domestique ; les petites séries rendent possible une harmonie de formes et de couleurs ; les pièces uniques gardent la trace d’une rencontre particulière entre l’argile et le feu. L’atelier ne sépare pas strictement la tradition de la création actuelle : il fait circuler les mêmes exigences de préparation, de précision et de cuisson entre plusieurs familles d’objets.

À Bitry, Nathalie et Christophe Hurtault développent ainsi une céramique de grès enracinée dans la Puisaye et ouverte à des expressions contemporaines. L’argile grise extraite de la carrière, le grès blanc de la collection « iCône », les émaux préparés à l’atelier et la cuisson à 1280 degrés composent une pratique où la matière reste visible à chaque étape. Depuis la fondation familiale de 1976, les Poteries des Guimards associent bols, boîtes, vaisselle, vases et pièces décoratives à une recherche sur la couleur, la texture et l’usage. Le résultat porte à la fois la mémoire d’un territoire potier et la volonté de faire évoluer ses formes pour les intérieurs d’aujourd’hui.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Poterie des Guimards — site officiel (site externe)

    Organisme : Les Guimards

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Nathalie et Christophe Hurtault, l’atelier familial, l’usage du grès de Saint-Amand extrait de la carrière, le grès blanc de la collection iCône et la création des émaux et couleurs.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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