Atelier & professionnel

Samuel Latour, sculpture et tournage d’art à Rabastens

Rabastens

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Rabastens, dans le Tarn, Samuel Latour développe une sculpture contemporaine qui fait dialoguer le bois, le bronze, le plâtre et l’acier. Son travail se construit autour d’une idée de volume en écriture : les lignes, les courbes, les géométries, les contrastes de texture et les traces laissées par l’outil deviennent les éléments d’un langage plastique. L’objet n’est pas seulement regardé comme une silhouette terminée. Il conserve la mémoire du tournage, du moulage, de la ciselure, du ponçage et des autres gestes qui ont transformé la matière. Cette attention au processus donne aux sculptures une présence à la fois structurée et sensible.

Le parcours de Samuel Latour commence par cinq années de formation à l’École Boulle. Il y découvre le travail du bois, de l’acier, du bronze et des matières plastiques, ainsi que les possibilités de création offertes par ces matériaux. Après son diplôme, il approfondit le bronze et travaille dans les ateliers du designer Hervé Van der Straeten. Il rejoint ensuite plusieurs ateliers parisiens où il réalise des sculptures en bronze pour des artistes. Cette expérience lui permet d’approfondir la relation entre un modèle, une fonte, une surface et une finition. Elle l’amène aussi à pratiquer la ciselure sur les œuvres de Wang Keping, Manuella Zervudachi et Jacques Lebescond.

L’atelier présenté aujourd’hui à Rabastens se situe dans le prolongement de cette expérience. Le travail de Samuel Latour reste nourri par la culture du métal, mais il ne se limite pas à la bronzerie. Le bois y occupe une place essentielle, notamment grâce au tournage d’art. Le plâtre et l’acier ouvrent d’autres possibilités de forme, de poids et de texture. Chaque matériau demande une manière différente de préparer le volume. Le bois répond au fil et aux variations de densité ; le bronze reçoit les empreintes du modèle et les reprises de surface ; le plâtre permet d’explorer une forme avant qu’elle ne soit transposée ou conservée comme pièce ; l’acier introduit une résistance et une netteté particulières.

Le tournage sur bois organise une grande partie de la recherche. La pièce est mise en rotation et l’outil retire progressivement la matière pour faire apparaître une forme régulière ou volontairement perturbée. Le tour permet de produire des cylindres, des courbes, des renflements et des transitions continues. Il ne suffit cependant pas à créer le caractère d’une sculpture. Samuel Latour observe la manière dont la ligne se tend, se resserre ou s’ouvre, puis intervient sur la surface pour modifier la lecture du volume. Le tournage donne une base construite ; le travail manuel ajoute des traces, des écarts et une direction expressive.

Les séries en bois montrent comment une même famille de formes peut varier d’une pièce à l’autre. Les sculptures Collision existent en différentes essences, dont le poirier, l’alisier, le noyer et le sipo. Le nom évoque une rencontre ou un choc, mais chaque volume possède sa propre relation entre le diamètre, la hauteur, la courbe et la texture. Une pièce peut rester fine et élancée tandis qu’une autre paraît plus compacte. La couleur du bois et le dessin du grain modifient également la perception. Le même vocabulaire géométrique devient ainsi différent selon l’essence choisie et la manière dont la lumière se déplace sur la surface.

Le bois n’est pas recouvert pour être rendu uniforme. Le veinage, les changements de teinte et les marques du façonnage contribuent à l’identité de l’œuvre. Le ponçage peut adoucir certaines zones, tandis qu’une trace d’outil conservée sur une autre partie donne un rythme plus direct. Une arête nette peut rencontrer une courbe plus souple. Un creux peut retenir l’ombre et faire apparaître une profondeur qui n’existait pas dans le bloc initial. Ces contrastes permettent de lire la sculpture comme un volume en mouvement, même lorsqu’elle reste posée sur une base stable.

La forme Collision n’est pas la seule direction du travail. Les œuvres Éclat et Drôlerie explorent elles aussi la relation entre hauteur, diamètre, équilibre et présence. Éclat existe en bronze et en plusieurs dimensions ; cette variation montre comment un même principe peut changer d’échelle. Une petite sculpture est regardée à proximité et révèle immédiatement les détails de surface. Une pièce plus haute impose une relation différente avec le corps du visiteur et avec l’espace qui l’entoure. La silhouette doit rester lisible depuis plusieurs angles, tandis que les traces de fabrication prennent une place plus ou moins visible selon la distance.

La sculpture Éclipse, réalisée en plâtre céramique noir, ouvre une autre relation avec la lumière. La couleur sombre absorbe une partie de l’éclairage et souligne le contour général, les creux et les transitions de plan. Le plâtre céramique n’a pas la même densité visuelle que le bronze ou le bois. Il permet de travailler une masse qui paraît plus mate et plus silencieuse. Les formes peuvent alors être perçues par leurs ombres et par le mouvement du regard autour de la pièce. Le choix du matériau participe directement à l’atmosphère de l’œuvre.

Le bronze donne au travail une dimension différente. Il permet de conserver un volume issu d’un modèle, puis de le reprendre par des opérations de finition. La surface peut être polie, patinée ou ciselée selon le résultat recherché. La ciselure intervient après la fonte pour préciser un relief, régulariser une zone, accentuer une ligne ou animer un fond. Elle ne consiste pas à déposer un décor sur le métal. Le geste agit directement sur la surface et crée des différences de profondeur qui accrochent la lumière. Une ciselure discrète peut faire ressortir une courbe ; une intervention plus affirmée peut donner à la pièce un caractère graphique.

Le bronze accepte aussi des formes qui seraient difficiles à conserver en bois. Une ligne fine, une tension entre plusieurs parties ou une silhouette élancée peut être stabilisée par le métal. Dans Drôlerie, la hauteur et la finesse du volume donnent à la sculpture une présence verticale. La base, le profil et le sommet doivent être équilibrés afin que la pièce reste lisible sans paraître fragile. Le bronze porte la forme mais laisse apparaître un langage de gestes. Les traces de reprise et les différences de surface empêchent le matériau de devenir une simple enveloppe uniforme.

Le moulage intervient dans la transformation d’un modèle en pièce de bronze ou dans la préparation de formes destinées à être reproduites en petite série. Une sculpture peut commencer par un dessin, une maquette ou un volume travaillé directement. Le modèle doit ensuite être suffisamment précis pour transmettre la silhouette, les reliefs et les proportions. Le moule enregistre les détails, les creux et les changements de plan. Après la coulée, le travail ne s’arrête pas : les lignes de joint sont reprises, les surfaces sont contrôlées et les parties qui demandent une ciselure sont préparées.

La fabrication en petite série ne signifie pas que les pièces deviennent identiques dans tous leurs détails. Le profil général peut être commun, tandis que la finition, la patine et certaines traces conservent une part de variation. Pour une pièce unique, la liberté de recherche est plus grande. Le volume peut évoluer jusqu’à trouver son équilibre, et les décisions prises pendant le travail peuvent rester visibles. Pour une série, il faut maintenir une cohérence de dimensions et de silhouette tout en respectant la qualité du geste. Samuel Latour travaille dans ces deux registres, selon la nature du projet et l’usage prévu pour l’objet.

Le travail sur commande concerne notamment des pièces en bronze destinées à la décoration et à l’architecture intérieure. Une sculpture intégrée dans un hall, un salon, un hôtel ou un espace de travail doit être pensée avec son environnement. La hauteur sous plafond, les distances de circulation, la lumière, les matériaux voisins et les points de vue influencent le dessin. Une pièce peut être conçue pour accompagner une paroi, structurer un espace ou créer un repère dans un parcours. Le volume doit donc fonctionner comme une œuvre autonome tout en dialoguant avec le lieu.

Un projet commence souvent par une idée de ligne, un croquis ou une intention de forme. Le dessin aide à examiner les proportions et la relation entre plein et vide. Une maquette peut ensuite vérifier l’équilibre, la base et la manière dont le spectateur découvrira la pièce. Cette étape ne réduit pas la sculpture à un plan définitif. Elle permet de repérer les tensions qui ne se voient pas toujours dans une vue frontale. Lorsque le volume est observé depuis le côté ou depuis l’arrière, une courbe peut changer de sens et une masse trop lourde peut déséquilibrer l’ensemble.

Le vocabulaire abstrait de Samuel Latour s’appuie sur des lignes et des géométries plutôt que sur la représentation directe d’un personnage ou d’un paysage. Une courbe peut évoquer un mouvement, une torsion ou une croissance. Un angle peut donner une direction, une rupture ou un point d’arrêt. Une succession de volumes peut créer un rythme proche d’une écriture. Le titre Point-virgule, réalisé en bronze et bois de sipo, indique cette attention portée aux signes, aux pauses et aux relations entre plusieurs matériaux. La sculpture devient une phrase silencieuse dont le corps découvre progressivement la ponctuation.

Le rapport au corps est central dans le tournage. Le geste suit la rotation, la résistance de l’outil et la sensation de la surface. Le sculpteur doit maintenir une position qui lui permette de contrôler l’enlèvement de matière tout en observant la forme dans son ensemble. Le ponçage et la reprise demandent une autre vitesse, plus lente et plus attentive aux transitions. Une surface peut sembler régulière de loin et révéler des différences dès que la main ou la lumière la parcourt. Les étapes successives sont donc liées par une même recherche d’équilibre entre précision et présence.

Les outils laissent des signes qui ne sont pas forcément effacés. Une râpe peut créer une granulation, une gouge une entaille arrondie, un abrasif une zone plus douce. Sur le bronze, la ciselure apporte une trace plus contrôlée, mais elle garde elle aussi le rythme du geste. Ces marques donnent aux pièces une épaisseur temporelle. Le visiteur ne voit pas seulement un objet fini : il peut imaginer la suite d’opérations qui a produit la forme. La sculpture affirme ainsi son origine matérielle au lieu de se présenter comme une image parfaitement lisse.

Les différences entre les matériaux renforcent la lecture des formes. Le bronze peut renvoyer la lumière ou la retenir selon sa patine. Le bois absorbe davantage l’éclairage et fait apparaître son grain. Le plâtre céramique noir établit une présence mate, presque graphique. L’acier peut fonctionner comme une ligne tendue, une structure ou un contraste. Associer deux matières oblige à examiner leur poids, leur jonction, leur comportement et leur finition. Dans Point-virgule, le bronze et le sipo ne produisent pas la même sensation, mais leur proximité fait ressortir les qualités de chacun.

Les sculptures sont destinées à des intérieurs où la relation avec l’espace compte autant que la pièce elle-même. Une forme étroite peut accompagner une console ou une colonne ; un volume plus large demande un recul qui permet d’en lire les courbes ; une œuvre haute dialogue avec la verticalité d’un mur. La lumière naturelle modifie l’apparence du bois et du bronze au fil de la journée. Un éclairage dirigé peut accentuer une ciselure ou une arête, tandis qu’une lumière plus diffuse révèle la silhouette globale. La place de l’œuvre est donc une partie de son expérience.

Le profil de Samuel Latour est également présent dans des réseaux professionnels consacrés aux métiers d’art et au design. Son travail a été présenté dans le cadre de Révélations et figure dans le parcours de professionnels de la CMA Occitanie. Campus MaNa le décrit comme un artiste sculpteur installé à Rabastens, travaillant le tournage d’art sur bois et bronze et développant un langage abstrait fait de tracés, de gestes et de géométries. Ces présentations convergent sur un point essentiel : le matériau n’est pas un simple moyen d’exécuter une idée, mais un partenaire qui oriente la forme.

La création personnelle et les projets sur mesure se complètent. Les premières permettent de pousser une recherche sur les séries, les dimensions, les essences et les patines. Les seconds obligent à tenir compte d’un lieu, d’une fonction et d’un dialogue avec d’autres éléments. Dans les deux cas, le travail repose sur une observation précise de la matière. Le bois peut imposer une direction par son fil ; le bronze demande une préparation adaptée à la fonte et aux finitions ; le plâtre répond à une logique de volume et de surface. Le projet prend forme à partir de ces contraintes plutôt qu’en les ignorant.

À Rabastens, Samuel Latour construit donc une œuvre de sculpteur où le tournage, le moulage et la ciselure servent une recherche abstraite sur le volume. Les séries Collision, les pièces Éclat, Drôlerie, Éclipse et Point-virgule montrent plusieurs façons de faire dialoguer bois, bronze et plâtre. Les lignes, les courbes, les géométries et les textures portent la mémoire du geste, tandis que les matériaux donnent aux œuvres des poids, des lumières et des rythmes différents. Les créations uniques et les petites séries destinées à la décoration ou à l’architecture intérieure prolongent cette approche dans des espaces où la sculpture peut être regardée sous plusieurs angles et s’inscrire durablement dans le quotidien.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Samuel Latour — site officiel (site externe)

    Organisme : Samuel Latour

    Fait soutenu
    Le site officiel présente les sculptures de Samuel Latour, notamment les séries Collision, Éclat et Drôlerie, ainsi que les matières et dimensions de plusieurs œuvres.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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