À Amiens, Sanguti Paris est la marque de Sandra Gutiérrez, designer industriel et joaillière. Son travail se situe à la rencontre du dessin, du design d’objet et du bijou porté. Chaque pièce part d’une intention de forme : une ligne qui se prolonge, une courbe qui entoure le corps, une texture qui accroche la lumière ou une géométrie qui donne son rythme à l’ensemble. Les bijoux ne sont pas pensés comme de simples accessoires ajoutés à une tenue. Ils sont conçus comme de petits objets de design, avec une proportion, une présence et une relation particulière avec celle ou celui qui les porte. Le studio de création amiénois accueille cette recherche et la marque travaille aussi avec des ateliers artisanaux parisiens pour la fabrication.
Sandra Gutiérrez a commencé par le design industriel en Colombie, avant de poursuivre son parcours en France. À l’École Boulle, elle a étudié la ciselure et la gravure ornementale. Ces apprentissages l’ont conduite à observer la matière par sa surface : un métal peut être lisse, marqué, creusé, mat ou brillant, et chacune de ces apparences modifie la façon dont la forme est perçue. Elle a ensuite obtenu le certificat Art du Bijou et du Joyau décerné par l’Académie de Paris, puis approfondi la haute joaillerie, le sertissage, la gemmologie et l’enfilage de perles à la Haute École de Joaillerie. En 2022, elle a obtenu une mention complémentaire en joaillerie. Ce parcours explique la double identité de Sanguti Paris : une approche de designer attentive à la structure et une pratique de joaillière fondée sur la précision des gestes.
Le métal précieux est choisi pour sa couleur, sa densité et sa capacité à recevoir des finitions différentes. La marque travaille notamment l’argent recyclé, le vermeil, l’or 18 carats et l’or Fairmined pour sa collection de joaillerie éthique. L’argent peut rester dans son éclat naturel ou recevoir une surface qui absorbe davantage la lumière. Le vermeil associe un support en argent à une couche d’or et donne une présence chaleureuse à une forme tout en conservant la finesse d’un bijou. L’or 18 carats apporte une autre profondeur de ton et accompagne les pièces dans lesquelles la matière doit être particulièrement présente. La sélection ne se résume pas à une couleur : elle participe à l’équilibre de la pièce, à son poids visuel et à la manière dont elle évolue au contact de la peau et de la lumière.
Les collections de Sanguti Paris sont organisées autour de territoires formels distincts. Cosmos explore des géométries orbitales, des contrastes entre l’or et l’argent et des formes qui semblent suivre un mouvement circulaire. Éternelle et Infinie s’intéresse au lien, à la continuité et à la façon dont une ligne peut revenir sur elle-même. Résonances met en relation le métal et les perles de culture, tandis que Mémoires envisage le bijou comme une trace, une intention ou un signe personnel. Zen Attitude propose des compositions plus apaisées autour de pierres naturelles. Ces noms ne remplacent pas le travail de fabrication : ils servent de portes d’entrée pour comprendre les recherches qui orientent les proportions, les textures et les associations de matières.
Le pendentif, la bague, le bracelet ou la paire de boucles d’oreilles imposent chacun une relation différente avec le corps. Un pendentif doit trouver son point d’équilibre sur une chaîne et rester lisible lorsque le mouvement le fait pivoter. Une bague doit accompagner les gestes de la main sans gêner les doigts voisins. Un bracelet doit suivre le poignet et résister aux mouvements répétés, tandis qu’une boucle d’oreille doit rester proportionnée à son support et à son poids. Ces contraintes pratiques rencontrent la recherche esthétique de Sandra Gutiérrez. Une spirale, un ruban ou une forme inspirée d’une orbite peut être très graphique sur une table de dessin, mais doit aussi devenir agréable à porter, cohérente dans ses épaisseurs et suffisamment solide une fois transformée en bijou.
Le travail de surface joue un rôle aussi déterminant que le contour. La ciselure et la gravure ornementale permettent d’introduire un relief, une ligne ou une texture dans la matière. Un motif peut rester discret et se révéler lorsque le bijou bouge ; il peut aussi créer un contraste plus marqué avec une partie polie. La lumière circule alors entre les zones brillantes, les creux et les arêtes. Cette attention portée à la surface rejoint la formation de Sandra Gutiérrez en design : le bijou se regarde de près, mais il doit également fonctionner à distance, en accompagnant le mouvement du corps sans perdre sa lisibilité.
Les pierres naturelles et les perles sont intégrées selon leur couleur, leur transparence, leur texture et leur relation avec le métal. Une pierre ne constitue pas seulement un point coloré au centre d’une monture. Sa taille, ses proportions et son orientation déterminent la place qu’elle occupe dans la composition. Une opale, une émeraude ou une tourmaline ne renvoient pas la lumière de la même manière ; une perle de culture apporte une douceur de surface et une rondeur qui répondent à des lignes métalliques plus tendues. La gemmologie aide à comprendre ces différences, tandis que le sertissage doit maintenir la pierre et préserver la cohérence de l’ensemble. La marque indique également travailler avec des pierres provenant de plusieurs régions du monde et avec des perles d’eau douce ou d’Akoya.
La démarche de Sanguti Paris accorde une place à la traçabilité et à la réduction du gaspillage de matière. L’argent recyclé est réintroduit dans le cycle de création lorsqu’il peut l’être. Pour l’or de la collection de joaillerie éthique, la marque indique utiliser de l’or Fairmined, issu d’une filière répondant à un standard dédié à l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. D’autres métaux précieux sont achetés auprès de partenaires dont les pratiques sont décrites dans la charte de la marque. Cette réflexion concerne aussi la présentation : l’emballage est annoncé en papier écologique et certifié FSC. Ces choix ne changent pas la nécessité de bien dessiner un bijou, mais ils ajoutent une exigence sur l’origine des matières et sur ce qui accompagne la pièce jusqu’à la personne qui la reçoit.
Une commande personnalisée peut partir d’une forme, d’un souvenir, d’une pierre ou d’une envie de porter un symbole. Le rôle de la joaillière consiste alors à transformer cette idée en proportions et en gestes réalisables. Un échange peut préciser la taille, le métal, la couleur, le niveau de relief, le type de fermeture et la manière dont le bijou sera porté. Un dessin aide à comparer plusieurs directions avant la fabrication. Selon le projet, la forme est préparée puis travaillée dans le métal, avec les opérations de mise en forme, de finition et de sertissage nécessaires. La personnalisation ne signifie pas seulement ajouter une initiale : elle peut modifier la courbe d’un anneau, le rapport entre une pierre et sa monture ou l’équilibre général d’un pendentif.
Sanguti Paris développe aussi une dimension de transmission avec des ateliers de création de bijoux. L’expérience proposée autour du bracelet permet de choisir des matières, d’associer des pierres fines, de travailler l’argent ou le vermeil et de comprendre comment une pièce prend forme. Le participant découvre une partie du raisonnement qui accompagne le geste : sélectionner une combinaison équilibrée, préparer les éléments, les relier et observer le résultat porté. Une activité de ce type rend perceptible la différence entre une matière posée devant soi et un bijou qui doit conserver une cohérence dans le mouvement. Elle peut être abordée seul ou partagée avec des proches, avec un accompagnement adapté au projet retenu.
Les noms des collections montrent le lien entre la nature, les voyages et la construction géométrique qui traverse l’univers de la créatrice. Les références à l’orbite, au ruban, à la résonance ou à la mémoire donnent des directions très différentes, mais elles se retrouvent dans le soin porté à la proportion et à la relation au corps. La nature n’est pas copiée comme un motif décoratif obligatoire. Elle inspire des rythmes, des lignes et des contrastes qui peuvent devenir une forme abstraite, une pierre mise en valeur ou une surface travaillée. Le design industriel apporte une attention aux systèmes et à la fonction ; la joaillerie y ajoute la proximité de la peau, la lumière et la valeur affective d’un objet que l’on garde.
Le choix d’un bijou Sanguti Paris peut donc s’appuyer sur plusieurs sensibilités. Une personne attirée par une ligne épurée peut chercher un jonc ou un pendentif où la forme reste lisible. Une autre peut préférer une composition de perles et de vermeil, une texture plus présente ou la couleur d’une pierre. Les pièces en édition limitée conservent une échelle qui permet de suivre une intention de collection tout en laissant aux variations de fabrication leur place. La fabrication dans le studio de création amiénois et avec des partenaires artisanaux parisiens inscrit le projet dans une production à taille humaine. Chaque objet associe ainsi une idée, une matière choisie et un ensemble de gestes qui doivent rester justes jusqu’à la finition.
À Amiens, Sandra Gutiérrez fait de Sanguti Paris un atelier de joaillerie d’auteur où le bijou devient un objet de design portable. Son parcours en design industriel, en ciselure, en gravure ornementale, en gemmologie et en haute joaillerie nourrit une pratique attentive aux formes, aux textures et aux matériaux. Argent recyclé, vermeil, or 18 carats, or Fairmined, pierres naturelles et perles de culture composent des collections aux identités variées. Les créations peuvent accompagner le quotidien, marquer un lien, traduire une intention formelle ou naître d’un projet personnalisé. Le fil conducteur reste la rencontre entre une matière précieuse, une main formée et une forme pensée pour vivre avec le corps.