Atelier & professionnel

Sarah Morin, luminaires en calebasse à Compiègne

Compiègne

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Compiègne, dans l’Oise, Sarah Morin crée des luminaires à partir de courges calebasses cultivées et transformées en France. Sa démarche part d’un fruit vivant, dont la forme, la peau, les irrégularités et le volume deviennent les premiers éléments d’un objet lumineux. La calebasse n’est pas réduite à un support interchangeable. Chaque exemplaire impose sa silhouette, ses courbes et ses zones de matière. Le travail consiste à révéler ce que le fruit permet, puis à composer une lampe qui conserve cette présence organique tout en trouvant sa place dans un intérieur.

Le parcours de Sarah Morin associe l’architecture, le design textile et la création d’objets. Elle a d’abord travaillé sur les collections de grandes enseignes françaises de décoration. Cette expérience lui a donné une connaissance des usages domestiques, des couleurs, des tendances et de la manière dont un objet dialogue avec un espace. En 2016, elle a choisi d’explorer d’autres modes de fabrication et de développer une pratique plus attentive aux matières, au temps de production et à la relation entre l’objet et son histoire. La découverte de la culture des gourdes calebasses au Portugal a joué un rôle déclencheur dans cette évolution.

La calebasse possède une histoire ancienne. Dans plusieurs cultures, elle a servi de récipient, de gourde ou d’objet sonore. Sarah Morin s’est intéressée à cette mémoire et à la beauté irrégulière de ces fruits. Leur croissance produit des volumes qui ne sont jamais tout à fait identiques. Une courge peut être allongée, ronde, aplatie, resserrée au col ou marquée par une asymétrie. Ces différences ne sont pas corrigées pour obtenir une série uniforme. Elles deviennent au contraire le point de départ d’un dessin lumineux adapté à chaque pièce.

La transformation commence par le séchage. Le fruit doit perdre son humidité et acquérir une coque suffisamment stable pour recevoir les gestes de l’atelier. Cette étape donne au travail un rythme qui ne se confond pas avec celui d’une fabrication industrielle. La forme est ensuite observée avant la découpe, le perçage, le ponçage et la finition. Les ouvertures ne sont pas seulement décoratives : elles laissent passer la lumière et déterminent les ombres projetées sur les murs. Leur répartition peut suivre une ligne, former un motif, créer une ponctuation ou laisser la courbe naturelle rester presque intacte.

Le perçage joue un rôle central dans l’identité des luminaires. Un réseau de petits trous peut produire une constellation, tandis qu’une découpe plus large laisse apparaître davantage le volume intérieur. La lumière devient alors visible par touches, comme si elle traversait une enveloppe ajourée. Le motif transforme la lampe lorsqu’elle est allumée, mais la calebasse reste aussi un objet sculptural lorsque l’éclairage est éteint. Le regard passe de la matière brute à la surface travaillée, puis de la silhouette à l’atmosphère créée autour d’elle.

La couleur prolonge cette recherche. Sarah Morin utilise des teintes, des contrastes et des décors pour donner à chaque lampe une personnalité particulière. Une surface peut rester proche des nuances naturelles du fruit ou recevoir une intervention plus vive. Des rayures, des effets graphiques, des touches dorées, des perles ou d’autres détails peuvent accompagner la forme sans la recouvrir entièrement. La couleur ne sert pas uniquement à rendre l’objet visible. Elle organise la relation entre la lampe, le mur, le plafond, le mobilier et la lumière qui se diffuse dans la pièce.

Les collections Bamako montrent comment cette matière végétale peut accueillir plusieurs expressions. Les lampes baladeuses et les suspensions de cette famille associent des formes de calebasses à des couleurs multicolores, des rayures et des compositions graphiques. Leur présence peut être joyeuse et directe, tout en conservant les variations propres à chaque fruit. Une suspension attire le regard depuis le plafond et compose une silhouette dans le volume de la pièce. Une lampe baladeuse accompagne un meuble ou un coin de lecture, avec une relation plus proche au geste quotidien.

Le catalogue de Sarah Morin présente aussi des luminaires qui empruntent des chemins plus sobres ou plus enveloppants. La matière peut être laissée au premier plan, avec un décor réduit qui souligne la courbe. Elle peut aussi devenir le support d’un motif plus expressif. Le choix dépend de la forme disponible et de l’effet recherché. Une calebasse dont le col est étroit ne diffuse pas la lumière comme un volume ouvert. Une coque plus large peut accueillir un dessin plus dense. L’objet final naît donc d’un dialogue entre la géométrie naturelle et les décisions prises à la main.

Le travail sur mesure permet d’adapter ce dialogue à un projet d’aménagement. Sarah Morin propose de définir les formes, les motifs et les finitions avec les particuliers et les professionnels. Une lampe destinée à une table ne répond pas aux mêmes besoins qu’une suspension placée au-dessus d’une grande pièce. La hauteur, la direction de l’éclairage, la perception depuis les différents points de vue et l’accord avec les matériaux environnants orientent la conception. Le luminaire peut rester discret pour accompagner un décor déjà présent ou devenir un élément central autour duquel l’espace s’organise.

La fabrication artisanale tient compte des particularités de chaque fruit. Il faut choisir une calebasse dont le volume peut accueillir la fonction envisagée, préparer la surface, déterminer les ouvertures et organiser le passage de la lumière. Le ponçage rend la coque plus régulière sans effacer nécessairement toutes ses marques. La peinture et les finitions accompagnent ensuite la forme. Les gestes se succèdent lentement, car une intervention trop rapide peut fragiliser la matière ou rompre l’équilibre du motif. La pièce garde ainsi la mémoire de son origine et la trace de sa transformation.

La lumière révèle les étapes du travail. Lorsqu’une lampe est allumée, les perforations dessinent des points et des ombres. La surface colorée modifie la teinte perçue, tandis que les irrégularités de la coque donnent une profondeur particulière à la diffusion. Selon la distance avec le mur ou le plafond, le dessin projeté devient plus net ou plus doux. Le luminaire n’agit donc pas seulement comme un équipement d’éclairage. Il compose une ambiance et change la perception d’un espace lorsque la journée avance ou lorsque les autres lumières s’éteignent.

Sarah Morin décrit sa démarche comme un éco-design attaché à une consommation plus responsable. Le choix d’une matière végétale cultivée en France réduit la distance entre le lieu de production et l’objet final. Le fruit est utilisé après sa croissance et son séchage, puis transformé à la main plutôt que remplacé par une coque fabriquée en série. La créatrice porte aussi une attention particulière à ses approvisionnements et à la relation entre les différents matériaux. Cette orientation ne transforme pas chaque lampe en objet standardisé : elle renforce au contraire la singularité des pièces.

Les éléments électriques et les finitions doivent s’accorder avec la forme de la calebasse. Le fil, la douille, l’interrupteur ou le système de suspension participent à l’usage quotidien. Leur présence doit rester compatible avec la silhouette et avec la manière dont la lampe sera installée. Une baladeuse demande une prise en main et une stabilité adaptées. Une suspension doit conserver une position équilibrée dans l’air et diffuser la lumière sans gêner les personnes qui vivent dans la pièce. L’objet décoratif reste ainsi lié à une fonction concrète.

Le travail de Sarah Morin se situe entre sculpture, décoration et éclairage. La calebasse fournit un volume, mais la pièce n’est pas seulement une forme à regarder. Elle devient un objet qui accompagne un repas, une lecture, une chambre, une entrée ou un espace professionnel. La lumière ajoute une dimension mouvante au décor : elle change avec l’état de la lampe et avec la position de la personne qui l’observe. Une même création peut être appréciée pour sa matière pendant la journée, puis pour ses ombres et sa chaleur visuelle le soir.

L’approche de l’atelier reste liée à la série sans effacer la pièce unique. Une collection peut partager un vocabulaire de couleurs, de motifs ou de proportions, mais chaque calebasse introduit une différence. La taille, la courbure et la densité de la coque modifient le résultat. Cette variation donne à une suspension ou à une lampe une place propre dans un ensemble. Elle permet aussi de composer plusieurs luminaires qui dialoguent entre eux sans devenir parfaitement identiques.

À Compiègne, Sarah Morin fait ainsi passer la courge calebasse du jardin à l’intérieur. Le fruit séché devient une enveloppe lumineuse, un petit volume sculpté et un objet d’usage. Le perçage, le ponçage, la couleur et la finition construisent des effets qui ne se limitent pas à l’apparence de la lampe. Les collections Bamako, les luminaires aux formes naturelles et les projets personnalisés partagent une même attention à la matière, à la lumière et à la fabrication française. Chaque pièce conserve une part de la nature qui l’a formée tout en portant la décision, la patience et la sensibilité de la créatrice.

Traçabilité

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