Atelier & professionnel

Serge Octobre — Flora Olive, bijouterie contemporaine à Rouède

Rouède

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Rouède, en Haute-Garonne, Flora Olive développe sous le nom de Serge Octobre une bijouterie contemporaine fondée sur le travail du laiton, du cuivre et des formes en mouvement. Son parcours associe les arts plastiques, l’histoire de l’art et la construction écologique à une expérience de voyage en Amérique du Sud. La rencontre avec la dinanderie a ouvert une voie vers l’ornement corporel, déjà présent dans ses goûts depuis l’enfance. Depuis, elle transforme des plaques et des fils de laiton recyclés, parfois du cuivre, pour fabriquer des bijoux qui cherchent l’équilibre entre force et délicatesse.

La dinanderie donne au métal une présence particulière. Une plaque ou un fil ne porte pas encore la silhouette d’une boucle d’oreille, d’une broche ou d’un torque. La matière doit être découpée, courbée, martelée, assemblée et finie avant de pouvoir accompagner le corps. Chaque opération modifie la relation entre la surface et la lumière. Un coup de marteau peut créer un relief, une tension ou une succession de facettes ; une courbe peut rendre la pièce plus légère à l’œil ; un fil superposé peut construire une ligne qui semble se déplacer lorsque la personne marche. Le bijou naît ainsi d’une suite de transformations concrètes.

Flora Olive travaille principalement des matières premières brutes, des plaques et des fils de laiton recyclés. Le recyclage ne change pas seulement l’origine du métal : il invite à considérer la matière comme une ressource à comprendre et à réorienter. Une plaque peut être conservée pour sa surface, découpée pour sa souplesse ou transformée en élément d’une composition plus complexe. Le fil peut dessiner un contour, créer une accroche ou former un jeu de superpositions. Le cuivre intervient également dans certaines pièces, avec une couleur et une réaction à la lumière qui modifient le caractère de l’ensemble. Le choix du matériau dépend alors du dessin, du poids et du mouvement recherché.

La créatrice ne sous-traite pas ses apprêts. Cette décision lui permet de rester présente dans les étapes qui relient le bijou à son usage. Une boucle d’oreille doit tenir correctement, une fibule doit pouvoir être fixée, une broche doit conserver un équilibre lorsque le vêtement bouge et un torque doit accompagner la forme du corps. L’attache n’est donc pas un détail séparé de l’objet. Elle participe à la silhouette et à la manière dont le bijou est porté. En fabriquant elle-même ces éléments, Flora Olive peut accorder la fonction, la légèreté et le graphisme de la pièce.

La collection comprend des boucles d’oreilles, des barrettes, des fibules, des torques, des broches, des bagues, des joncs et des manchettes. Cette diversité de formats permet d’explorer plusieurs rapports au corps. Une boucle d’oreille se lit dans le mouvement de la tête et peut jouer avec l’écart entre le métal et la peau. Une barrette prolonge la coiffure et doit rester assez légère pour être portée. Une fibule associe l’ornement à un geste de fixation. Un torque entoure le cou sans se confondre avec un collier classique. La bague, le jonc et la manchette travaillent à une échelle plus proche de la main et du poignet, où le martelage devient perceptible au toucher.

Le mouvement du bijou constitue une ligne directrice de la création. Il peut être réel, lorsque plusieurs éléments se déplacent les uns par rapport aux autres, ou visuel, lorsque les fils et les plaques donnent l’impression d’une trajectoire. Une superposition de fils martelés crée des espaces, des croisements et des ombres qui changent selon l’angle de vue. La pièce n’est pas identique lorsqu’elle est observée de face, de côté ou pendant la marche. Le corps devient alors un partenaire de la forme. Il met le métal en mouvement, fait varier les reflets et révèle des détails qui restent plus discrets lorsque le bijou est posé.

Le martelage intervient dans cette recherche de texture. Le marteau ne sert pas uniquement à déformer le métal ; il peut organiser sa surface et modifier la façon dont celle-ci réfléchit la lumière. Des frappes rapprochées produisent une vibration visuelle différente d’un relief plus espacé. La créatrice peut choisir de laisser les marques visibles, de les associer à une ligne lisse ou de les utiliser pour donner de la profondeur à une forme plate. La surface martelée devient une écriture qui garde la mémoire du geste tout en restant adaptée à la petite dimension du bijou.

Les accroches de lumière sont également travaillées dans les collections. Le laiton et le cuivre peuvent présenter des plans, des bords ou des courbes qui renvoient la lumière de manière différente. Un bijou léger peut ainsi avoir une présence forte sans recourir à une masse excessive. Les reflets accompagnent la personne qui le porte et changent avec l’environnement. Une surface sombre peut faire ressortir une arête plus claire ; un fil peut découper une ligne brillante dans une composition mate ; une plaque micro-emboutie peut produire un scintillement plus diffus. La lumière complète donc le dessin au lieu de s’y ajouter après coup.

Depuis peu, Flora Olive explore aussi des dessins ou des motifs micro-emboutis sur les plaques. Le micro-emboutissage introduit une ponctuation fine dans le métal. Les marques peuvent former un motif régulier, suggérer une organisation végétale ou créer une texture qui se découvre de près. Cette technique ajoute une échelle graphique à la plaque sans transformer le bijou en surface imprimée. La personne qui le regarde peut d’abord percevoir la silhouette, puis remarquer les détails lorsque la lumière et la distance changent. Le travail de la surface devient alors une invitation à observer plus attentivement.

Les références végétales apparaissent dans plusieurs directions de la création. Elles peuvent prendre la forme d’une ligne, d’un contour, d’une répétition ou d’une impression générale de croissance. La nature n’est pas reproduite comme une illustration figée ; elle inspire plutôt des relations entre plein et vide, courbe et angle, densité et légèreté. Les bijoux peuvent également évoquer des objets historiques liés aux arts premiers ou se rapprocher d’une sensibilité contemporaine. Ces influences ne conduisent pas à une seule esthétique. Elles alimentent une recherche où le métal garde son caractère tout en accueillant des signes et des rythmes différents.

Le parcours de Flora Olive commence par des études dans les arts plastiques et l’histoire de l’art, auxquelles s’ajoute un intérêt pour la construction écologique. Un long voyage en Amérique du Sud, en 2014 et 2015, lui a permis de vivre diverses expériences et d’entrer en contact avec la dinanderie. De retour en France, elle s’est équipée et a essayé de reproduire les gestes observés dans les rues d’Argentine, du Chili et du Pérou. Cette origine donne à sa pratique une relation directe avec l’apprentissage par l’observation. Elle regarde un geste, le teste, le corrige et construit peu à peu une manière personnelle de transformer le métal.

L’identité Serge Octobre accompagne cette histoire de création. Flora Olive explique que ce nom lui a permis de construire un espace de liberté autour de son parcours et de sa pratique. Entre le féminin et le masculin, la force et la délicatesse, ses bijoux cherchent une expression qui ne se limite pas à une catégorie de genre ou à un style décoratif. Une manchette peut être affirmée tout en restant fine ; une broche peut avoir une présence sculpturale sans devenir pesante ; une boucle peut associer un motif graphique à une sensation de légèreté. Le bijou devient une manière d’habiter le corps plutôt qu’un simple signe ajouté à une tenue.

Les œuvres présentées par la CMA rendent cette approche lisible. Les boucles « Sol grande » sont réalisées entièrement en fil de laiton avec des techniques de dinanderie. Les boucles « Perruches » et « Archi grande » associent du laiton et un mélange de plaque recyclée et de fil. Ces exemples montrent comment une même famille de matière peut donner des résultats très différents selon la proportion de plaque, la longueur du fil, la courbe et le traitement de surface. La pièce reste légère par sa construction, mais elle peut acquérir un caractère marqué grâce au martelage, aux superpositions et aux accroches de lumière.

À Rouède, la bijouterie contemporaine de Flora Olive s’appuie donc sur un dialogue constant entre métal recyclé, mouvement et observation. Le laiton, le cuivre, les plaques et les fils sont travaillés par la découpe, la courbure, le martelage, l’assemblage et le micro-emboutissage. Boucles d’oreilles, barrettes, fibules, torques, broches, bagues, joncs et manchettes offrent plusieurs façons de porter cette recherche. Le voyage en Amérique du Sud, la découverte de la dinanderie et la formation artistique nourrissent un langage où les références végétales, historiques et contemporaines se croisent. Sous le nom de Serge Octobre, chaque bijou devient une petite architecture mobile : une forme qui capte la lumière, accompagne les gestes et conserve la trace d’un travail entièrement mené autour de la matière.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle rpertoire-rgional

    Serge Octobre — Flora Olive — Les métiers d’art d’Occitanie (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    La CMA Occitanie présente Flora Olive à Rouède en bijouterie contemporaine, décrit son parcours artistique et son voyage en Amérique du Sud, le travail de plaques et fils de laiton recyclés et du cuivre, les bijoux fabriqués sans sous-traiter les apprêts, les techniques de martelage et de micro-emboutissage, ainsi que ses modèles.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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