Atelier & professionnel

Simon-Pierre Lecas, sculpteur sur bois à Montbrun-Bocage

Montbrun-Bocage

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Montbrun-Bocage, en Haute-Garonne, Simon-Pierre Lecas développe une pratique de sculpture sur bois nourrie par une relation ancienne aux arbres et aux paysages. Son parcours commence en Sologne, où il grandit au contact de la forêt. Il s’oriente ensuite vers des études de paysagiste, puis vers l’élagage et le soin aux arbres. Cette expérience donne à son travail une connaissance concrète des troncs, des branches, des silhouettes et des formes produites par la croissance. Le bois n’est pas seulement un support à tailler : il conserve une histoire de matière, de lignes et de contraintes avec lesquelles la sculpture doit composer.

Avant de s’installer officiellement comme sculpteur sur bois, Simon-Pierre Lecas exerce ses gestes créatifs dans un contexte itinérant. Il voyage avec un petit établi installé dans une fourgonnette et commence à vivre de réalisations de dimensions modestes. Il fabrique alors des bijoux, des objets décoratifs et des cuillères en bois. Ces premiers travaux l’amènent à observer la matière à proximité, à rechercher une forme agréable à tenir et à accorder la fonction d’un objet avec la beauté de son dessin. Le passage à des pièces plus grandes vient ensuite, avec le besoin de donner davantage d’ampleur à ses créations.

L’année 2022 marque son installation officielle comme sculpteur sur bois. Dès la première année, les commandes occupent une place significative dans son activité. Elles s’ajoutent à une recherche personnelle qui continue de se développer. Cette double orientation est visible dans les formats proposés : une sculpture peut répondre à une demande précise, tandis qu’un totem, une figure animale ou une forme plus abstraite peut naître d’une intuition propre à l’artiste. Le travail sur commande ne se limite pas à reproduire un modèle. Il permet de réfléchir à une échelle, à une présence dans un lieu, à une essence et à une expression qui correspondent au projet.

Les sculptures animalières occupent une place centrale dans cet univers. L’animal peut être traité par sa silhouette générale, par le mouvement du corps ou par quelques signes qui rendent sa présence reconnaissable. Une masse de bois devient alors une posture, une tête, un dos, une patte ou un regard. Le sculpteur doit conserver assez de matière pour donner du poids à la forme tout en retirant ce qui empêche le volume de respirer. Les irrégularités du tronc peuvent renforcer l’impression de mouvement ou orienter la composition. Une sculpture animalière réussie ne cherche pas nécessairement le détail photographique ; elle peut privilégier l’attitude, l’équilibre et la relation entre les pleins et les vides.

Le mobilier élargit la pratique vers des objets destinés à un usage quotidien. Une pièce de mobilier en bois sculpté doit trouver un accord entre stabilité et expression. Le volume peut devenir une table, un élément d’assise, un support ou une présence autonome dans un intérieur. Le dessin doit tenir compte du poids, de la manipulation et de la manière dont l’objet sera vu depuis plusieurs positions. Le geste sculptural intervient sur les proportions, les arrondis, les reliefs ou les détails, mais il reste lié à la fonction. Cette tension entre usage et forme donne au meuble une identité qui dépasse celle d’un simple objet utilitaire.

Les totems permettent de travailler la verticalité et la relation avec l’espace. Leur hauteur modifie la manière de regarder le bois : le regard monte le long du volume, suit les changements de section et découvre les marques du travail à mesure qu’il se déplace. Un totem peut être figuratif, symbolique ou plus abstrait. Sa base doit assurer une présence stable, tandis que la partie supérieure peut concentrer les signes, les visages, les animaux ou les formes végétales. Le rapport à l’environnement compte beaucoup dans une œuvre verticale. Installée dehors ou dans un lieu vaste, elle dialogue avec les arbres, les bâtiments et les déplacements des visiteurs.

Les créations abstraites et symboliques offrent une autre liberté. Elles ne dépendent pas d’une représentation identifiable et peuvent s’appuyer sur une torsion, une ouverture, une ligne ou une opposition entre deux volumes. Le bois devient une matière à organiser plutôt qu’une image à reproduire. Une fente naturelle, un nœud, une courbe ou un changement de couleur peuvent guider la composition. La forme conserve alors quelque chose du monde végétal sans devoir figurer un arbre ou un animal. Les volumes peuvent évoquer une croissance, un mouvement, un équilibre fragile ou une présence silencieuse.

La tronçonneuse fait partie des outils employés par Simon-Pierre Lecas pour retirer rapidement de grandes quantités de matière et établir les masses principales. Elle permet d’ouvrir une bille, de dégager une silhouette ou de construire des plans qui seront ensuite affinés. Son usage demande de prévoir la profondeur des coupes et de maîtriser la direction du geste. Une erreur peut modifier définitivement le volume disponible. L’outil donne aussi une texture particulière aux surfaces lorsqu’il reste visible dans le résultat final. Le bois conserve alors la mémoire d’un travail énergique, avec des traces qui participent à l’aspect de la sculpture.

Les outils électroportatifs prolongent cette première mise en forme. Ils servent à préciser certaines zones, à régulariser un plan ou à atteindre un niveau de détail adapté au dessin. Leur efficacité ne remplace pas l’observation : la vitesse d’enlèvement doit rester compatible avec les fibres, les nœuds et la solidité de la pièce. Une surface qui paraît homogène peut réagir différemment selon le sens du fil. Le sculpteur doit donc adapter la pression, l’orientation et la progression de l’outil pour éviter les arrachements et conserver la netteté voulue.

Le travail traditionnel à la gouge apporte une relation plus lente avec le bois. La lame pénètre la matière, suit une courbe et dégage un copeau dont la forme révèle la direction des fibres. Le geste peut laisser une surface facettée, une succession de creux ou une transition douce entre deux volumes. La gouge convient aux détails, mais aussi à des zones plus larges où la trace de l’outil est conservée comme une écriture. L’expression « à l’huile de coude » prend ici un sens concret : la forme apparaît par une suite de décisions manuelles, chacune modifiant la précédente.

Le choix entre tronçonneuse, outil électroportatif et gouge dépend de l’état d’avancement de la pièce et de l’effet recherché. La grande coupe établit la masse, l’outil intermédiaire précise la construction et la gouge peut affirmer une ligne ou une texture. Ces outils ne s’opposent pas. Ils appartiennent à des moments différents d’une même fabrication, depuis l’ouverture du volume jusqu’aux détails qui donnent son caractère à la surface. L’équilibre entre eux évite qu’une sculpture soit seulement lisse ou seulement marquée par la force de la coupe.

La relation aux arbres se prolonge dans les événements auxquels Simon-Pierre Lecas participe. En 2025, il prend part à la finale du championnat de France de sculpture à la tronçonneuse. L’épreuve se déroule sur douze heures réparties sur deux jours et laisse un thème libre. Il se classe quatrième pour une première participation à cette finale. Une telle rencontre impose de travailler sous une durée définie, de construire rapidement une idée et de rendre lisible une forme dans un temps limité. Elle montre aussi une facette spectaculaire de la sculpture sur bois, où l’outil lourd devient un instrument de dessin dans la masse.

D’autres rencontres placent la sculpture dans un cadre collectif. Un symposium consacré à la paix réunit des sculpteurs autour d’un thème partagé et d’un temps de création commun. Une démonstration organisée pour la mairie de Saint-Amand-les-Eaux associe trois jours de travail et le thème des animaux de la forêt amandinoise. Un autre symposium, organisé par l’association Sequoia Spirit à La Bastide-de-Sérou, est dédié à la mémoire des arbres remarquables. Ces formats donnent à voir la transformation progressive du bois et permettent au public de suivre les choix de composition, les changements d’échelle et les différentes étapes du dégrossissage.

Les œuvres présentées dans la galerie prolongent cette diversité. Les écureuils renvoient à une observation précise du vivant et à la capacité de faire tenir plusieurs figures dans une composition. Paume de pin évoque la relation entre une forme végétale et une interprétation sculptée. Le champ des abysses ouvre un imaginaire plus éloigné de la simple imitation, où le bois peut suggérer des profondeurs, des créatures ou des lignes venues d’un autre paysage. Ces titres témoignent de plusieurs directions : l’animal, le végétal et l’invention d’un monde symbolique.

À Montbrun-Bocage, Simon-Pierre Lecas réunit ainsi l’expérience des arbres, la pratique de l’élagage et la fabrication de volumes en bois. Il réalise des sculptures animalières, du mobilier, des totems et des créations abstraites ou symboliques, en associant tronçonneuse, outils électroportatifs et travail à la gouge. Les commandes côtoient une recherche personnelle, tandis que les symposiums et les démonstrations inscrivent son activité dans des échanges avec le public et d’autres sculpteurs. Sa démarche donne au bois une place active : chaque pièce garde la puissance du matériau, la mémoire du geste et une forme adaptée au lieu, au regard et à l’histoire qu’elle souhaite faire naître.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel annuaire-professionnel

    Simon-Pierre Lecas — Sculpteur sur bois (site externe)

    Organisme : Chambre de Métiers et de l’Artisanat Occitanie

    Fait soutenu
    Le profil de la CMA Occitanie identifie Simon-Pierre Lecas comme sculpteur sur bois à Montbrun-Bocage et présente son parcours depuis la Sologne, les études de paysagiste, l’élagage et le soin aux arbres, les créations de bijoux, objets décoratifs et cuillères, l’installation officielle en 2022, les sculptures animalières, le mobilier, les totems, les créations abstraites ou symboliques, les commandes et les outils employés.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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