Atelier & professionnel

Stéphanie Trolez — Atelier LASTO, marqueterie de paille à Montreuil

Montreuil

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, Stéphanie Trolez associe l’ébénisterie d’art à la marqueterie de paille au sein de l’Atelier LASTO. Elle conçoit du mobilier, des panneaux, des luminaires, des tableaux et des objets décoratifs dont la couleur naît de paille de seigle teinte avec des végétaux. Son travail commence bien avant le placage : le seigle est cultivé dans le Poitou, récolté et préparé par l’atelier, puis chaque brin est ouvert et posé à la main. Cette continuité, de la plante à l’objet, donne à la couleur, au motif et au relief une origine matérielle commune.

Ancienne architecte, Stéphanie Trolez aborde le meuble et l’objet avec une attention particulière à leur relation avec l’espace. Son histoire familiale est liée aux métiers du bois et aux Compagnons du Devoir. Elle choisit pourtant une écriture contemporaine dans laquelle la paille ne sert pas à reproduire un décor ancien. Les formes organiques, les oiseaux en mouvement et le motif rayonnant reviennent dans ses réalisations. Le nom LASTO signifie « paille » en basque et fait écho aux origines de son grand-père. Il relie ainsi la matière centrale de l’atelier à une histoire de transmission familiale.

La production du seigle occupe une place singulière dans sa pratique. La culture se déroule dans un champ de la région de Poitiers. Le semis intervient à la fin du mois de septembre et la récolte manuelle au début du mois de juin. Stéphanie Trolez suit ainsi la matière végétale dès sa pousse et connaît les brins qui seront ensuite travaillés. Les variations naturelles ne sont pas effacées : elles participent aux nuances et empêchent la surface de devenir parfaitement uniforme. La culture constitue la première étape d’un processus qui se poursuivra par le façonnage, la teinture et la marqueterie.

Après la coupe, la paille blanchit au sol, puis elle est stockée et peignée. Les feuilles et les nœuds sont retirés afin de préparer des portions régulières. Les tiges sont coupées entre les nœuds pour obtenir des brins mesurant de trente à soixante centimètres, ensuite réunis en bottes. Ces opérations transforment une récolte en matière prête à recevoir la couleur. Lorsque les bottes arrivent au stade du façonnage et de la teinture, le seigle a donc déjà été cultivé, récolté, blanchi et préparé par l’atelier.

La teinture végétale constitue un second domaine de recherche. L’Atelier LASTO emploie des plantes tinctoriales locales et des extraits végétaux pour construire son nuancier. Avant le bain de couleur, le mordançage prépare la paille à fixer les pigments. Des feuilles de ronce et de noyer, riches en tanins, sont utilisées pour certaines teintes ; l’alun intervient également dans des préparations qui demandent une fixation différente. Cette étape ne se voit plus comme une couche séparée sur la pièce terminée, mais elle influe sur la profondeur, la stabilité et la régularité de la couleur obtenue.

Les végétaux produisent des familles chromatiques précises. La garance permet de travailler du rouge profond jusqu’à l’orange. Le campêche ouvre des passages du gris au noir, avec des nuances violettes. La chlorophylle apporte des verts. Le nuancier 2026 rassemble une trentaine de teintes, parmi lesquelles Bleu de Prusse, Céladon Saxe, Olive pourpre, Gorge de pigeon, Cannelle dorée, Bordeaux ou Vert de Saxe. Ces noms ne remplacent pas l’échantillon réel : la paille conserve des variations de fibre et de brillance qui donnent à une même couleur une vibration différente selon son orientation.

Stéphanie Trolez développe aussi des teintes pour répondre à un projet particulier. Le contretypage, le conseil en couleur et la recherche d’accords permettent de rapprocher la paille d’un intérieur, d’une essence de bois ou d’un autre matériau. Une couleur n’est pas choisie indépendamment du motif. Dans une composition rayonnante, l’orientation des brins modifie déjà la perception ; dans un dessin figuratif, plusieurs valeurs peuvent être nécessaires pour distinguer une aile, une tige ou un fond. La palette et le sens de pose sont donc élaborés ensemble.

La marqueterie commence par l’ouverture manuelle de chaque brin teint. La paille est ensuite encollée sur le support, élément après élément, selon l’orientation déterminée. Le nettoyage final révèle sa brillance naturelle. Le geste paraît simple lorsqu’on le réduit à la pose d’une bande, mais l’ensemble repose sur l’accumulation de décisions : choisir la partie du brin, préserver sa continuité, suivre une ligne, maintenir un raccord et faire varier le sens pour capter la lumière. La surface obtenue change lorsque l’on se déplace devant elle, même si le motif et les couleurs restent fixes.

Le motif en soleil exploite directement cette propriété. Des segments convergent vers un point et renvoient la lumière selon des directions successives. Une teinte unique peut alors sembler plus claire d’un côté et plus profonde de l’autre. L’envol d’oiseaux introduit une autre dynamique, fondée sur des silhouettes qui traversent la composition. L’atelier réunit souvent ces deux vocabulaires : le rayonnement structure le fond tandis que les oiseaux créent une trajectoire. Le décor suggère l’espace, la liberté et le mouvement sans dissocier le dessin de la construction matérielle du placage.

Le mobilier donne à cette marqueterie une échelle architecturale. Le paravent Échappée Sauvage associe paille teinte naturellement et laiton dans une évocation de la savane. Le Cabinet Bar et les tables gigognes Crépuscule appartiennent également aux pièces uniques présentées par l’atelier. Chaque typologie change la surface disponible, les arêtes et la manière de regarder le décor. Un paravent se découvre sur plusieurs panneaux, un cabinet fait alterner faces fermées et volume ouvert, tandis que deux tables gigognes forment un ensemble mobile. L’ébénisterie prépare ces volumes avant leur rencontre avec la marqueterie.

La table basse Palette montre le dialogue avec un piétement métallique et un plateau habillé de paille de seigle teintée par l’atelier. La table Évasion associe une structure de bois à une finition en marqueterie de paille. Une réédition d’une table de Jean-Michel Frank fait entrer le savoir-faire dans la lecture d’un modèle historique, tandis que trois panneaux décoratifs destinés à des portes coulissantes de meuble audiovisuel répondent à un aménagement précis. Ces réalisations vont de la pièce autonome à l’élément intégré, mais elles demandent toutes d’anticiper les contours et le passage du motif d’une zone à l’autre.

L’upcycling apporte un autre point de départ. Au lieu de construire systématiquement un meuble neuf, Stéphanie Trolez peut transformer une pièce ancienne par une finition en paille. L’atelier présente notamment une table basse de style Ruhlmann, une version revalorisée d’une table Palette des années 1970 et une table de bout de canapé. Le placage redessine leur présence sans nier leur volume initial. La silhouette du meuble devient le cadre d’une nouvelle composition, tandis que la paille ajoute ses couleurs et ses changements de reflet aux formes déjà construites.

Les objets d’art permettent d’explorer la matière hors du meuble. Les collections comprennent des tableaux, des luminaires, des boîtes décoratives et des objets pour la table. La collection L’Envol décline les oiseaux en pièces uniques ou en petites séries. Les tableaux d’Instant Champêtre sont des pièces uniques réalisées à la main. Des boîtes ornées de hérons resserrent le motif sur un petit volume dont le couvercle, les côtés et les raccords sont immédiatement visibles. Le passage d’un panneau mural à une boîte demande de changer l’échelle du dessin tout en préservant la précision de la pose.

L’applique Nymphéa fait sortir la paille du seul plan mural. Composée de trois éléments, elle évoque des nénuphars lumineux. Un motif rayonnant traversé par des oiseaux anime les surfaces, tandis que des tiges en volume ponctuées de fleurs prolongent la pièce dans l’espace. La paille réagit directement à l’éclairage produit par l’objet. Ses orientations modifient les reflets autour des formes et renforcent l’impression de mouvement. Cette création réunit ainsi mobilier mural, lumière et sculpture sans reléguer la marqueterie à un simple habillage.

Le tableau Qui es-tu ? déplace encore la technique. Présenté en 2025, il réinterprète une photographie de Muriel Pénicaud avec la marqueterie de paille et une technique mixte. Les brins sélectionnés et appliqués construisent une image située entre abstraction et réalisme. Le relief, les textures et les nuances transforment la lecture de la photographie d’origine. La paille ne cherche pas à imiter mécaniquement les valeurs d’un tirage : ses reflets font évoluer certaines zones selon la lumière et donnent à la composition une profondeur propre au matériau.

Le sur-mesure s’adresse aux architectes, designers, maisons de luxe et amateurs d’art. L’accompagnement porte sur les couleurs, les motifs géométriques ou figuratifs, le format et l’intégration dans le lieu. La double compétence de Stéphanie Trolez facilite le passage du dessin au volume : une composition doit rester lisible sur un plateau, suivre une façade de meuble, se répartir sur un paravent ou dialoguer avec un piétement. La mise au point ne consiste donc pas à appliquer le même motif à n’importe quelle forme, mais à construire une relation entre l’usage, la structure et les directions de la paille.

L’Atelier LASTO a participé à Révélations en 2025, au Grand Palais, avec son travail d’ébénisterie d’art et de marqueterie de paille. La production du seigle et sa teinture végétale accompagnaient la présentation de ses créations personnalisées. En janvier 2026, le studio a également participé à Maison & Objet, au parc des Expositions de Villepinte. Ces deux manifestations ont placé ses meubles et objets dans des contextes consacrés aux métiers d’art, à la création et à l’aménagement intérieur.

À Montreuil, l’Atelier LASTO rassemble ainsi des étapes rarement visibles dans un seul lieu de création : culture du seigle, récolte, blanchiment, tri, façonnage, mordançage, teinture, ouverture des brins, collage et finition. Stéphanie Trolez utilise cette maîtrise pour produire ses propres couleurs et les orienter au service de la lumière. Paravents, tables, cabinet, panneaux coulissants, tableaux, boîtes et applique Nymphéa montrent comment une même matière peut passer du décor de surface au relief. L’ébénisterie donne sa structure à l’objet ; la marqueterie de paille lui apporte un rythme, une couleur et des reflets qui se découvrent dans le mouvement.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Atelier LASTO — ébénisterie et marqueterie de paille (site externe)

    Organisme : Stéphanie Trolez — Atelier LASTO

    Fait soutenu
    Le site officiel présente le parcours d’ancienne architecte de Stéphanie Trolez, son lien familial avec les Compagnons du Devoir, la signification du nom LASTO, sa clientèle, ses motifs et les œuvres Nymphéa et Qui es-tu ?.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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