À Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, Nina Danieau développe Terranina, un univers de céramique tourné vers le grès et les décors inspirés de motifs ethniques. La céramiste travaille ses pièces à la main et construit leur identité par le dialogue entre une terre brune laissée visible, des touches d’émail brillant et des dessins en relief. Vases, pièces de vaisselle et objets pour l’extérieur apparaissent dans les collections présentées par Ateliers d’Art de France. Chaque objet associe une forme tournée, une surface travaillée et un décor qui se découvre par le regard autant que par le toucher.
Le grès brun constitue le point de départ de la recherche de Nina Danieau. Elle aime le laisser brut sur certaines parties de la pièce, puis faire apparaître des zones d’émail brillant à l’intérieur des motifs. Cette alternance crée un contraste entre une surface mate, profonde et tactile, et des éclats plus lumineux qui accrochent le regard. La terre n’est donc pas entièrement recouverte : elle conserve une présence visuelle et rappelle la matière à partir de laquelle l’objet a été construit. Le décor s’inscrit dans le corps du vase, de la tasse ou du bol au lieu de simplement se poser comme une image indépendante.
Les motifs sont façonnés par la céramiste à l’aide de petits outils en bois qu’elle sculpte elle-même. Ces instruments lui permettent de travailler la surface avec un geste précis, de repousser la terre ou d’en retirer une partie pour faire émerger un dessin. Le relief modifie la façon dont la lumière se déplace sur l’objet. Une ligne creusée peut retenir une ombre, tandis qu’une zone repoussée devient plus visible lorsque la pièce est regardée de biais. Le décor garde ainsi une dimension physique : il ne se réduit pas à une couleur et accompagne la courbe créée au tournage.
Selon les collections, plusieurs techniques s’entremêlent. Le repousser de terre déplace la matière pour donner du volume à une forme ; le graffito intervient comme une écriture ou une incision dans la surface ; le retrait de matière ouvre des zones qui rendent le motif plus lisible. Ces opérations demandent d’anticiper l’épaisseur du grès et la manière dont la pièce réagira au séchage et à la cuisson. Un dessin qui semble régulier sur une forme encore crue peut changer de rythme lorsque la terre se contracte. Nina Danieau compose donc avec la géométrie du tour et avec les transformations propres à la céramique.
Les émaux sont fabriqués essentiellement à base de cendre de bois. Cette matière apporte une réponse particulière à la cuisson et participe au mouvement de la surface émaillée. L’émail peut se déposer dans les creux, se concentrer autour d’un relief ou laisser apparaître des variations d’intensité. Le résultat dépend de la formulation, de la quantité déposée et de la place de la pièce dans le four. Une même famille de motifs peut ainsi présenter des différences de texture et de brillance. Ces nuances renforcent le caractère artisanal de la collection et donnent à chaque objet une présence qui ne se répète pas exactement.
Le tournage organise la forme avant le décor. La terre est centrée sur le tour, puis montée et ouverte pour donner naissance à un contenant. La céramiste peut rechercher une ligne haute et arrondie pour un vase, une ouverture adaptée à une tasse ou un profil plus large pour un bol. Le geste doit rester suffisamment régulier pour que l’objet conserve sa stabilité, tout en laissant une marge à l’interprétation. Lorsque la forme est prête, le travail de surface commence à un moment où le grès possède la consistance nécessaire pour recevoir les outils de bois sans perdre sa structure.
La réalisation à la main se poursuit dans le décor. Les motifs ethniques de Terranina ne sont pas des ornements interchangeables : ils résultent d’une recherche personnelle nourrie par les voyages de Nina Danieau et par son attention aux formes rencontrées dans le monde. Des lignes, des signes, des bandes ou des compositions géométriques peuvent se développer autour d’une pièce et guider le regard. La répétition d’un motif doit tenir compte de la circonférence et de la hauteur du support. Le dessin accompagne donc la forme plutôt qu’il ne lui est appliqué après coup.
Les objets de table constituent un premier registre d’usage. Une tasse ou un mug doit être agréable à saisir et conserver une ouverture adaptée à la boisson. Un bol organise la relation entre la main, le contenu et la surface décorée. Une pièce utilitaire ne se regarde pas uniquement de face : elle est tournée, posée, remplie et reprise. Le décor en relief change alors d’aspect selon la position des doigts et la lumière de la pièce. Les choix de Nina Danieau donnent aux objets du quotidien une présence graphique sans effacer leur fonction.
Les vases ouvrent une autre échelle. Leur hauteur, leur ouverture et leur silhouette donnent plus d’espace aux motifs, qui peuvent monter depuis la base ou s’organiser autour du col. Un vase décoratif peut être regardé vide, mais il doit aussi pouvoir dialoguer avec des fleurs, des branches ou une composition végétale. La surface brune du grès donne une profondeur aux éclats brillants et permet au dessin de rester lisible dans un intérieur. Les différences de forme entre les pièces rendent chaque vase adapté à une place, une lumière et une relation particulières avec les autres objets.
La collection comprend également des objets destinés à l’extérieur et au jardin. Ces pièces prolongent le travail de la terre dans un autre environnement, où les volumes sont vus à distance et soumis à une lumière changeante. Un objet installé dehors peut être observé depuis plusieurs angles ; ses reliefs et ses zones brillantes réagissent alors au déplacement du soleil ou à l’humidité ambiante. Le choix d’un modèle dépend de son usage, de son emplacement et de la manière dont il sera associé aux plantes ou à l’architecture. Les caractéristiques précises de chaque pièce doivent être consultées au moment de l’achat.
Le style de Terranina tient à l’équilibre entre le brut et le brillant. La terre brune donne une base dense, tandis que l’émail apporte des accents lumineux dans les motifs. Cette opposition permet de créer des objets expressifs sans multiplier les couleurs. Le relief prend le relais de la palette : une incision, une surface retirée ou un bord relevé peut suffire à faire varier la lecture. La lumière naturelle révèle progressivement les détails, et le toucher permet de percevoir les différences entre une zone laissée mate et une partie émaillée.
Les pièces sont tournées et décorées à la main. Ce travail demande de conserver une continuité entre le profil du contenant et le rythme du décor. Une variation de pression peut modifier la profondeur d’un motif ; un changement de courbure peut resserrer les lignes autour d’un col ou les ouvrir sur un ventre de vase. Le séchage puis la cuisson transforment encore la terre et stabilisent l’objet. Le résultat porte donc la trace de plusieurs moments : la construction au tour, le travail de surface, la pose de l’émail et le passage au feu.
Nina Danieau a créé Terranina Céramique en 2018 après une formation en Bretagne. Son parcours l’a conduite à développer une écriture nourrie par la découverte d’autres pays et par un intérêt pour les motifs qui traversent les cultures. Les voyages ne sont pas reproduits comme des souvenirs illustrés ; ils alimentent un vocabulaire de formes que la céramiste adapte à ses propres supports. Une pièce conserve ainsi une dimension personnelle, entre observation du monde, choix du grès et recherche sur le décor.
L’atelier n’est pas ouvert au public. Pour découvrir une pièce, connaître les collections disponibles ou préparer un achat, il convient de se reporter aux présentations et aux points de vente annoncés par Terranina et ses partenaires. Les dimensions, l’usage prévu, l’entretien et les conditions de livraison peuvent être demandés avant de choisir un vase, une pièce de table ou un objet pour le jardin. Cette prise de contact est particulièrement utile lorsque l’on recherche une forme précise ou que l’on souhaite composer un ensemble de pièces aux motifs proches.
À Saint-Hilaire-de-Riez, Terranina propose ainsi une céramique contemporaine où le grès brun, les reliefs et les émaux à base de cendre de bois construisent une signature reconnaissable. Nina Danieau tourne et décore chaque pièce en accordant la forme à un dessin inspiré de motifs ethniques. Les tasses, bols, vases et objets destinés à l’extérieur conservent une fonction tout en faisant entrer la matière, le relief et la lumière dans le quotidien. Le travail s’adresse à celles et ceux qui recherchent une céramique fabriquée à la main, marquée par la profondeur de la terre et par des décors qui se révèlent progressivement.