À Versailles, Valentine Fraigneau développe l’Atelier Valensarte autour de la peinture décorative classique réinterprétée sur mesure. Peintre en décor, elle travaille le trompe-l’œil de marbre, les boiseries, les fresques et les paysages. Son univers puise dans les décors et les ornements des XVIIe et XVIIIe siècles, mais il ne s’agit pas de reproduire un intérieur ancien à l’identique. Les références historiques servent à construire une composition adaptée à un lieu actuel, à ses proportions, à sa lumière et à la manière dont ses habitants ou ses visiteurs le découvrent.
Après trois années d’études à l’École de Condé de Paris en illustration et design graphique, Valentine Fraigneau s’est spécialisée dans l’art du trompe-l’œil et des ornements. Elle a été formée auprès de Jean Sablé, Meilleur Ouvrier de France, et a obtenu le titre de Peintre en Décor en avril 2025 au terme d’une formation professionnalisante de sept mois. Cette double approche, graphique et décorative, se retrouve dans sa façon de préparer une image : le dessin doit être séduisant, mais il doit aussi tenir compte d’un mur, d’un plafond, d’une menuiserie, d’une circulation ou d’un point de vue.
Son expérience récente l’a conduite sur des chantiers patrimoniaux et des décors d’exception. Au sein de l’Atelier Mériguet-Carrère, elle a participé à des interventions à l’Opéra Garnier et au Palais de Justice de Paris, en travaillant le faux-bois, la feuille d’or, les enduits et les patines. Elle a également collaboré avec l’Atelier Arcoa pour des travaux de peinture décorative et de restauration, puis avec l’Atelier De Ricou sur des faux marbres, des dorures murales et des moulures de plafond. Ces expériences donnent une assise concrète à son travail sur les matières imitées et les surfaces anciennes.
Le trompe-l’œil de marbre demande une observation précise des veines, des brèches et des contrastes. Dans son portfolio, Valentine Fraigneau présente notamment la Brèche Violette, le Sarrancolin, le Grand Antique, le Jaune de Sienne, le Campan Vert et le Macauba. Chaque pierre possède un dessin particulier. Une brèche mêle plusieurs couleurs dans un réseau irrégulier ; un marbre noir et blanc repose sur une opposition plus graphique ; un matériau veiné demande de guider le regard sans créer une répétition mécanique. L’acrylique, les reglaçages à l’eau et les reglaçages à l’huile permettent de construire progressivement la profondeur, la transparence et les effets de surface.
Le faux-bois suit une logique voisine, mais avec d’autres signes. Noyer, loupe d’orme, acajou flammé, palissandre, chêne cérusé et érable se distinguent par la direction du veinage, la densité des nœuds, la couleur et la manière dont la lumière se pose sur une surface polie ou mate. Le décorateur peint doit conserver une cohérence entre les panneaux et les éléments architecturaux. Une boiserie peinte peut souligner une porte, prolonger un soubassement ou donner du rythme à un mur sans ajouter de volume réel.
L’ornement ouvre un troisième champ. Arabesques, grotesques, drapés, chinoiseries, rocailles, portraits et études de ciel apparaissent dans les réalisations de l’atelier. Un motif peut être conçu pour encadrer une ouverture, habiller un panneau ou conduire le regard vers une partie précise de la pièce. Une chinoiserie ou un paysage apporte une narration, tandis qu’un drapé ou une imitation de matière joue davantage sur la présence et la profondeur. La composition est ajustée à l’échelle du support afin que les détails restent lisibles sans alourdir l’ensemble.
Une commande commence par une discussion sur le lieu, les envies et les décors souhaités. Le calendrier d’intervention est ensuite défini selon le chantier, puis un devis détaillé précise les techniques, les surfaces et les délais. L’atelier peut réaliser le décor sur place ou préparer certains éléments dans son espace de travail. Une intervention sur site permet de s’adapter aux murs, aux angles et aux éléments déjà présents ; un panneau réalisé en atelier facilite d’autres configurations et peut être posé ensuite dans un intérieur ou un espace professionnel.
La restauration demande une attention particulière à l’existant. Une dorure murale, une moulure ou un décor ancien porte des traces de matière, d’usage et de transformations successives. Avant de reprendre une surface, il faut observer les zones conservées, comprendre la technique et déterminer le niveau d’intervention compatible avec le lieu. Une retouche peut chercher à rendre la lecture générale plus cohérente sans effacer les marques de l’histoire. Le faux-marbre et le faux-bois peuvent aussi servir à compléter une partie manquante ou à retrouver l’équilibre d’un ensemble architectural.
À Versailles, l’Atelier Valensarte relie culture du décor classique, expériences patrimoniales et création sur mesure. Les marbres peints, les boiseries, les fresques, les paysages et les ornements sont développés à partir d’un échange, d’une étude et d’une réalisation adaptée au site. Le travail de Valentine Fraigneau associe dessin, couleur, imitation des matières et maîtrise des finitions pour donner à un mur, un panneau ou un décor architectural une présence qui dialogue avec l’espace.