À Givrand, en Vendée, Valérie Morit crée des vitraux et des objets en verre au sein de l’Atelier Verre’sion Colorée. Son univers associe la couleur, la matière et la lumière dans des réalisations décoratives ou lumineuses. Les créations peuvent prendre la forme de panneaux, d’impostes, de luminaires, de photophores, de portraits ou d’objets à poser. Elles sont conçues pour des particuliers et des professionnels, avec une attention portée au choix des verres, à leurs textures et à la manière dont la lumière traverse ou révèle la composition. L’atelier propose aussi de la restauration et des stages de découverte ou de perfectionnement autour du vitrail.
La rencontre de Valérie Morit avec le vitrail a lieu en 2017, après une première vie professionnelle dans l’immobilier. Elle s’est ensuite tournée vers un métier qui réunit le dessin, la découpe, l’assemblage et la recherche de lumière. Son parcours lui a apporté une expérience de l’écoute et de l’accompagnement des projets, tandis que le verre lui a ouvert un champ d’expression plus tactile et plus coloré. L’inspiration peut partir d’un visage, d’une fleur, de l’océan, de la musique ou d’un objet du quotidien. Le sujet est ensuite transformé pour devenir une composition qui dialogue avec le support et l’espace où elle sera installée.
Le vitrail ne se résume pas à un décor posé devant une fenêtre. Le verre modifie l’ambiance d’une pièce selon l’heure, la saison et l’orientation de la lumière. Une surface translucide, opalescente, texturée ou plus dense ne produit pas le même effet. Un verre coloré peut renforcer une teinte voisine, filtrer un rayon ou créer une ombre légèrement différente sur un mur. La composition doit donc être observée comme un ensemble de lignes et de nuances, mais aussi comme une présence qui change au cours de la journée. Valérie Morit travaille dans cette relation entre l’objet, le regard et la lumière naturelle ou artificielle.
La méthode Tiffany occupe une place particulière dans ses créations. Chaque morceau de verre est préparé, puis entouré d’un ruban de cuivre avant l’assemblage par soudure à l’étain. Cette technique permet de suivre des contours précis et de construire des pièces plus fines, avec des lignes qui accompagnent les courbes d’un dessin. Le ruban épouse les bords du verre et devient une partie visible de la composition. La soudure relie les éléments tout en donnant une structure à l’ensemble. La qualité du résultat dépend de la coupe, de la préparation des bords, de la régularité de l’enrubannage et de la maîtrise des finitions.
Le sertissage au plomb répond à une autre logique. Les morceaux de verre prennent place dans des profils qui organisent le panneau et renforcent sa géométrie. Les lignes de plomb peuvent dessiner un cadre, soutenir une composition ou séparer des zones de couleurs. Les pièces sont ensuite soudées et mastiquées pour assurer leur cohésion et leur tenue. Le choix entre Tiffany et plomb dépend du projet, de la forme, de l’effet recherché et de la place du vitrail dans son environnement. Les deux méthodes exigent une préparation précise du dessin, un calibrage adapté et un contrôle attentif avant la finition.
La création personnalisée commence par un échange avec la personne qui commande. Le projet peut concerner une fenêtre, une porte, une imposte, un luminaire, un tableau lumineux ou un objet décoratif. Le croquis sert à définir la composition, les proportions et les lignes principales. Le choix des verres intervient ensuite en fonction de la couleur, de la transparence, de la texture et de la façon dont la pièce recevra la lumière. Un verre très marqué peut devenir le point fort d’un motif, tandis qu’une matière plus calme laisse respirer les lignes voisines. Le cahier des charges rassemble ces décisions avant le passage à la fabrication.
La liberté artistique garde sa place pendant le développement du projet. Une commande doit répondre à un usage, à une dimension et à un intérieur, mais elle ne se réduit pas à reproduire un dessin sans interprétation. Le travail de Valérie Morit cherche à matérialiser une envie tout en conservant une écriture personnelle. Un brise-vue peut protéger l’intimité sans assombrir complètement un espace. Un luminaire peut devenir une présence colorée lorsqu’il est éteint, puis produire une autre lecture une fois éclairé. Une imposte peut accompagner une ouverture et donner du relief à une pièce sans en modifier la structure.
Les créations à poser prolongent ce rapport entre décor et lumière. La collection des Cabines s’inspire des petites constructions de plage visibles sur le littoral vendéen. Transformées en photophores, ces silhouettes rappellent un paysage maritime tout en devenant des objets à installer dans un intérieur. Les photophores ne dépendent pas uniquement de leur forme : la flamme ou l’éclairage traverse les couleurs et fait apparaître des variations sur les parois voisines. D’autres réalisations prennent la forme de portraits, de compositions abstraites ou de petits objets qui peuvent être regardés sous différents angles.
Les luminaires permettent de travailler le verre comme un élément d’éclairage. Une lampe doit être pensée pour la diffusion de la lumière, la stabilité de l’objet et la relation entre les parties opaques et translucides. Le dessin peut être plus lisible lorsque la pièce est éclairée, tandis que les textures deviennent davantage visibles lorsque la lampe est éteinte. L’éclairage, la forme du support et la position des soudures influencent le rendu final. Dans un espace de vie, un luminaire en vitrail attire le regard sans être seulement un appareil fonctionnel : il ajoute une couleur, une ambiance et un rythme graphique.
La restauration concerne les vitraux, les luminaires et les objets de décoration anciens ou modernes. Un verre cassé, un chemin de plomb fragilisé, une soudure défectueuse ou un pied de lampe privé de son abat-jour ne demandent pas forcément la même intervention. Il faut d’abord comprendre la construction, repérer les éléments qui peuvent être conservés et distinguer la cause de la dégradation. Une réparation peut porter sur une pièce de verre, une liaison ou une partie de la structure. Le choix de la méthode dépend de l’état de l’objet, de son usage et du résultat attendu par le propriétaire.
Restaurer un vitrail suppose de respecter sa composition tout en lui redonnant une cohésion suffisante. Le verre de remplacement doit dialoguer avec les autres éléments par sa teinte, sa transparence et sa texture. Une différence discrète peut rester perceptible, surtout lorsque les verres anciens ont une surface irrégulière ou une profondeur particulière. L’objectif n’est pas toujours de rendre le panneau uniforme. Il consiste à retrouver une lecture et une solidité compatibles avec l’objet, en tenant compte de son histoire et de l’endroit où il est installé. Le diagnostic et l’échange avec le particulier précèdent donc la validation du projet.
Les stages proposés par Valérie Morit donnent accès aux principaux gestes du métier. Une initiation permet de découvrir le verre, de choisir des couleurs et des textures, d’apprendre à le couper et de comprendre les étapes d’un assemblage. Le participant peut réaliser un petit format avec les outils et les matériaux nécessaires, sous accompagnement. La technique Tiffany demande de meuler les bords, d’enrubanner les morceaux, de les assembler et de les souder. La technique au plomb mène vers le sertissage, la soudure et le masticage. Les gestes sont précis, mais l’expérience reste accessible à une personne qui souhaite apprendre en pratiquant.
Le perfectionnement s’adresse aux personnes qui veulent aller plus loin ou développer leur propre dessin. Le projet commence par une idée, un croquis et un cartonnage, puis se poursuit par la sélection des verres, la découpe, le meulage, l’assemblage et les finitions. Sur plusieurs jours, la réalisation demande de conserver une cohérence entre le dessin initial et les contraintes de la matière. Une courbe doit être découpée sans fragiliser le verre, une ligne doit rester lisible après la soudure et la composition doit conserver son équilibre lorsque les pièces sont réunies. La transmission permet de comprendre ces choix en les mettant directement à l’épreuve.
L’atelier est installé à Givrand, sur la Côte de Lumière, dans un territoire vendéen marqué par la proximité du littoral. Ce cadre nourrit une partie de l’imaginaire de Valérie Morit, notamment par les références à l’océan, au sable et aux cabines de plage. Le verre permet de faire entrer ces évocations dans la maison sans reproduire un paysage de manière littérale. Une nuance bleue, un reflet, une ligne ondulée ou une transparence peuvent suffire à rappeler la mer et les changements de lumière. Le lieu accueille également les échanges liés aux commandes, aux restaurations et aux stages, sur rendez-vous selon l’organisation de l’atelier.
Valérie Morit développe ainsi un vitrail contemporain qui ne se limite pas aux grands édifices ou aux décors religieux. Ses pièces peuvent accompagner un intérieur, filtrer la lumière, devenir un luminaire, protéger une ouverture ou conserver la mémoire d’un objet ancien. Le travail alterne dessin, choix des verres, coupe, meulage, enrubannage ou sertissage, soudure et finition. Les créations personnalisées donnent une place aux souhaits du commanditaire, tandis que les objets à poser et les photophores affirment une recherche plus libre. À Givrand, l’Atelier Verre’sion Colorée fait du verre un matériau de couleur, de structure et de lumière, avec une pratique ouverte à la création, à la restauration et à la transmission.