Atelier & professionnel

Yoann Agostinho, souffleur de verre à Bruniquel

Bruniquel

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Bruniquel, Yoann Agostinho exerce le métier de souffleur de verre dans la continuité d’une histoire familiale liée à la matière en fusion. Fils et petit-fils de verrier, il a choisi de développer une écriture personnelle après deux années d’apprentissage au Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers. Son travail associe la tradition du verre soufflé à un imaginaire nourri par les jeux vidéo, les mangas, les dessins animés et le street art. Les pièces peuvent être ludiques, classiques ou poétiques, mais elles restent toujours liées à un geste manuel et à la transformation directe du verre chaud.

Le soufflage commence avec une masse de verre en fusion prélevée au bout d’une canne. À ce moment, la matière n’a pas encore la forme de l’objet : elle est lourde, lumineuse et constamment en mouvement. Le verrier doit faire tourner la canne pour répartir le verre, maintenir une température suffisante et introduire de l’air avec le souffle. Une bulle se forme, puis s’allonge, s’ouvre ou se resserre selon les gestes. La forme dépend de la quantité prélevée, de la vitesse de rotation, de la chaleur et de l’action des outils. Une correction doit intervenir au bon instant, car le verre refroidit rapidement en surface tout en restant mobile à l’intérieur.

La relation entre le souffle et la rotation donne au travail sa dynamique particulière. Le souffle crée un volume creux, mais il ne suffit pas à dessiner seul une silhouette. La canne doit continuer à tourner afin que le verre reste équilibré. Le verrier peut ensuite utiliser des pinces, des ciseaux, des fers ou d’autres outils pour resserrer un col, étirer une pointe, ouvrir une forme ou marquer un détail. Le geste ne consiste pas à imposer une forme fixe à une matière passive. Il demande de lire en permanence la température et la gravité, puis de décider si la pièce doit être réchauffée, déplacée ou laissée évoluer.

Les créations de Yoann Agostinho peuvent recevoir des couleurs ou des éléments qui modifient leur profondeur visuelle. Une teinte transparente laisse circuler la lumière, tandis qu’une couleur plus dense donne une présence plus affirmée au volume. Les contrastes deviennent particulièrement visibles lorsque la pièce est déplacée ou placée devant un fond différent. Une même silhouette peut paraître plus légère sous une lumière naturelle et plus sculpturale lorsque les zones colorées retiennent le regard. La transparence n’est donc pas un simple effet décoratif : elle participe à la construction de l’objet et à la manière dont il s’inscrit dans un espace.

Le répertoire de l’atelier comprend des objets décoratifs, des pièces destinées à la table, des figurines, des vases et des sculptures. Un objet de table doit garder une relation avec la main et avec l’usage, même lorsque sa forme s’éloigne d’un modèle courant. Sa base, son ouverture, son équilibre et son entretien font partie de la conception. Une figurine ou une sculpture peut s’affranchir de ces contraintes et privilégier une silhouette, un mouvement ou un personnage. Le travail de Yoann Agostinho se situe ainsi entre l’objet que l’on utilise et celui que l’on regarde, avec des pièces qui peuvent passer d’un registre à l’autre.

Les influences issues du jeu vidéo, du manga et du dessin animé donnent aux sculptures une liberté de ton. Elles peuvent inspirer une créature, une posture, une expression ou une relation entre plusieurs volumes. Le verre ne reproduit pas une image imprimée ; il transforme un univers visuel en forme tridimensionnelle. Une ligne doit devenir une courbe, un aplatissement, une excroissance ou un changement d’épaisseur. Un personnage reconnaissable peut être réduit à quelques signes essentiels, tandis qu’une pièce plus abstraite conserve seulement une énergie, un mouvement ou une association de couleurs.

Le street art apporte une autre source d’élan. Ses contrastes, ses silhouettes et son rapport direct à l’espace public peuvent être transposés dans une matière transparente et fragile. Le verre permet de reprendre une forme très graphique, puis de lui donner une profondeur que n’a pas une surface plane. Une couleur vive peut devenir un volume ; un contour peut se transformer en relief ; une composition pensée pour un mur peut être observée sous plusieurs angles. Cette rencontre entre une culture visuelle contemporaine et un savoir-faire ancien nourrit une production qui ne cherche pas à choisir entre patrimoine et création actuelle.

Le travail à chaud ne s’arrête pas lorsque la silhouette principale apparaît. Des éléments peuvent être ajoutés, étirés ou repris avant que la pièce ne soit séparée de la canne. Une poignée, un pied, une pointe, une aile ou un détail décoratif demande de contrôler la température des zones qui doivent rester souples et de celles qui doivent conserver leur forme. Chaque ajout modifie l’équilibre général. Le verrier doit donc anticiper le poids, la position et la façon dont la pièce sera refroidie. Les décisions prises dans ces dernières étapes donnent souvent à l’objet son caractère propre.

Le parachèvement à froid complète le travail de la flamme. Après le refroidissement, certaines parties peuvent être reprises, polies, taillées ou travaillées afin de préciser le résultat. Cette étape permet de corriger une jonction, de rendre une surface plus nette ou de donner à une zone une manière différente de réfléchir la lumière. Elle demande une autre relation à la matière : le verre n’est plus mobile, et le geste consiste à retirer, adoucir ou modifier avec précision. L’alternance entre chaud et froid donne aux sculptures une plus grande variété de textures et de lignes.

Une pièce unique porte les traces de cette succession d’opérations. Les différences d’épaisseur, les variations de couleur, la manière dont un détail s’est étiré et les reprises de surface contribuent à son identité. Deux objets peuvent partager une idée ou une famille de formes sans être identiques. La fabrication manuelle conserve une part de surprise, mais cette surprise s’inscrit dans un cadre technique exigeant. Le verrier doit maîtriser la chaleur, le souffle, la rotation et les outils pour laisser une place à la variation sans perdre la stabilité de la pièce.

La famille Agostinho donne au travail de Yoann un contexte particulier. Les gestes se transmettent dans un atelier où plusieurs générations ont appris à observer la matière et à conduire le verre jusqu’au refroidissement. Cette transmission ne signifie pas que les créations doivent rester figées dans un répertoire ancien. Yoann Agostinho s’appuie sur une culture technique et familiale pour développer des silhouettes qui lui appartiennent. Ses références contemporaines élargissent les sujets, tandis que le soufflage conserve la continuité d’un métier fondé sur le feu, le souffle et la précision.

La formation au CERFAV a renforcé cette base par un apprentissage structuré. L’obtention du CAP Art du verre et du cristal atteste une première maîtrise des gestes et des connaissances nécessaires à l’exercice du métier. La formation permet de comprendre les outils, les températures, les étapes de fabrication et les règles qui encadrent le travail du verre. Elle donne également un vocabulaire technique pour analyser une forme et pour choisir la méthode adaptée à une pièce utilitaire ou à une sculpture. Le parcours familial et la formation professionnelle se complètent ainsi dans la pratique quotidienne.

L’atelier est aussi un lieu de rencontre avec le public. Une démonstration de soufflage rend visible la transformation de la matière, depuis la prise de verre jusqu’à la silhouette refroidie. Le visiteur peut observer les gestes qui restent invisibles dans une pièce exposée : le verre est cueilli, tourné, soufflé, réchauffé, modelé puis séparé de la canne. La durée et le rythme du travail montrent pourquoi la verrerie ne se résume pas à un résultat final. Chaque objet porte une histoire de température, de mouvement et de décisions rapides.

La visite permet également de comprendre les différences entre une création décorative et une pièce utilitaire. Un objet destiné à la table doit être stable, manipulable et adapté à son usage. Une sculpture peut être pensée pour un socle, une niche ou une lumière particulière. Une figurine demande une attention aux proportions, aux points d’équilibre et à la lisibilité de la silhouette. Dans tous les cas, le choix d’une pièce dépend de l’espace où elle sera installée, de la lumière disponible et de la relation que l’on souhaite établir avec elle.

Les créations peuvent rejoindre un intérieur comme une collection personnelle. Une pièce colorée peut devenir un point focal dans une bibliothèque, une table ou une vitrine. Un objet plus transparent se découvre par ses reflets et par les ombres qu’il projette sur son environnement. Une sculpture inspirée d’un personnage ou d’une créature peut introduire une note ludique, tandis qu’une forme plus sobre privilégie la matière et la lumière. Le choix ne se limite pas au motif : la taille, le poids, la stabilité et la distance de regard sont aussi à prendre en compte.

Les commandes et les projets particuliers peuvent être étudiés en fonction de la forme souhaitée, de l’usage et de la relation avec les références de l’atelier. Une demande peut porter sur un objet décoratif, une pièce de table, une figurine ou une sculpture. La discussion doit préciser l’échelle, les couleurs, le degré de ressemblance recherché et la façon dont l’objet sera présenté. Le verre soufflé garde ses variations propres au travail manuel ; une commande réussie tient compte de cette singularité au lieu de rechercher une répétition mécanique.

À Bruniquel, Yoann Agostinho fait donc dialoguer un héritage familial de souffleurs de verre et un imaginaire contemporain. Le souffle donne naissance à des volumes creux, la canne maintient le mouvement, les outils affinent la silhouette et le parachèvement à froid enrichit les surfaces. Objets de table, vases, figurines, sculptures et créations décoratives peuvent prendre des formes inspirées par les mondes graphiques qui l’accompagnent. Chaque pièce conserve la trace du feu et du geste, tout en ouvrant le verre à une expression personnelle, ludique et poétique.

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Source institutionnelle collectivite-locale

    Yoann Agostinho — Bruniquel (site externe)

    Organisme : Mairie de Bruniquel

    Fait soutenu
    La page officielle de la commune présente Yoann Agostinho comme souffleur de verre installé à Bruniquel, issu d’une famille de verriers, formé deux ans au CERFAV et titulaire du CAP Art du verre et du cristal ; elle décrit ses inspirations liées au jeu vidéo et au dessin animé.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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