À Lyon, Zélia Smith développe un atelier de création textile consacré à la broderie d’art, au tufting et aux projets sur mesure. Son travail associe des techniques traditionnelles et des approches contemporaines pour produire des pièces uniques, des éléments de décor, des tapisseries et des réalisations destinées à des projets artistiques ou décoratifs. La matière, la couleur, le relief et la précision du geste structurent une pratique qui peut se déployer sur un petit accessoire comme sur une composition de grande échelle.
Zélia Smith a fondé son atelier textile en 2021 sur le plateau de la Croix-Rousse. Elle possède une formation en métiers d’art et en textile obtenue à l’ESAA Duperré, puis s’est formée au costume de scène à La Martinière-Diderot. Avant d’ouvrir son propre atelier, elle a travaillé pendant huit ans dans les ateliers de l’Opéra National de Lyon. Ce parcours lui a apporté une connaissance concrète de la couture, de la coupe, des finitions et des exigences propres aux réalisations destinées à la scène.
La broderie à l’aiguille constitue l’un des savoir-faire de l’atelier. Elle permet de dessiner dans le textile avec des points de nature et de direction différentes. Un point linéaire peut définir un contour ; un point de remplissage peut densifier une zone ; un point plus libre peut introduire une variation dans une forme. Le tissu devient un espace de construction où chaque passage du fil contribue au dessin. La régularité sert la lisibilité, tandis que les différences de tension et de rythme donnent à la surface son caractère vivant.
Le crochet de Lunéville offre une autre relation avec le support. L’outil permet de travailler rapidement une chaînette et d’intégrer des perles, des paillettes, des tubes ou des fournitures métalliques. La main doit maintenir une tension régulière pendant que le crochet traverse le tissu et fait remonter le fil. Une ligne peut ainsi être décorative, brillante ou structurante selon les matières choisies. Cette technique est particulièrement adaptée aux projets qui recherchent une finesse de détail, un éclat ou une surface riche en ornements.
Le Sashiko introduit une tradition japonaise fondée sur des motifs graphiques et des points visibles. Zélia Smith l’adapte à des pièces utilitaires comme à des créations artistiques. Les petits tracés répétés peuvent renforcer une étoffe, souligner une réparation ou composer un dessin géométrique. Le geste est simple dans son apparence, mais il demande de la patience et une attention constante à l’espacement. La répétition transforme progressivement la surface et rend perceptible le temps consacré à la réalisation.
Le tufting permet de créer des pièces textiles plus volumineuses. Un pistolet à tufter introduit les fils dans un support tendu afin de former une surface dense, souple et texturée. La hauteur des fibres, la proximité des couleurs et la découpe finale modifient le relief. Le travail peut donner naissance à un tapis, une tapisserie ou un élément de scénographie. Le tufting permet de passer du dessin à une présence plus tactile, avec une composition qui se découvre par la couleur mais aussi par la profondeur de la matière.
L’atelier réunit plusieurs techniques pour répondre à des projets complexes. La broderie peut préciser un détail sur une pièce tuftée ; la couture peut structurer un support ; le Sashiko peut apporter un motif régulier ; une matière revalorisée peut devenir le fond d’une composition. Chaque association est choisie en fonction du résultat recherché. Le mélange des savoir-faire ne vise pas à multiplier les effets, mais à trouver la meilleure manière de rendre une forme, une idée ou une fonction dans le textile.
Les projets sur mesure commencent par l’étude d’une demande. Un croquis, une image, un usage ou une intention peuvent servir de point de départ. Zélia Smith accompagne ensuite le choix des matières, des couleurs, des techniques et du format. Le prototype permet de tester la densité, le relief et la résistance avant d’engager une réalisation plus longue. Cette étape donne aussi la possibilité de préciser les finitions et la relation entre l’objet textile et le lieu qui l’accueillera.
L’atelier privilégie des textiles revalorisés, issus du recyclage ou de circuits locaux lorsque cela correspond au projet. Les matières peuvent porter une histoire, une irrégularité ou une texture particulière. Les intégrer dans une création demande de tenir compte de leur épaisseur, de leur tenue et de leur réaction à la broderie. Le réemploi n’est pas utilisé comme un simple argument esthétique. Il devient une manière de prolonger la vie d’un support et de faire dialoguer une matière existante avec un geste nouveau.
La recherche de matières précède souvent la réalisation. Une toile peut être choisie pour sa stabilité, un organza pour sa transparence, un tissu épais pour sa capacité à recevoir du relief ou une étoffe déjà marquée pour les possibilités qu’elle ouvre. Les fils, perles, paillettes et éléments métalliques sont ensuite sélectionnés selon la composition. La texture compte autant que la couleur. Elle détermine la façon dont la lumière se pose et la manière dont le public percevra l’œuvre à distance ou de près.
L’atelier peut réaliser des éléments de décoration et des œuvres murales. Une pièce textile destinée à un mur doit conserver une bonne tension et une lisibilité suffisante depuis le point de vue habituel. Le format influence la répétition du motif, le poids du support et la manière de le fixer. Le relief peut être discret pour accompagner un intérieur ou plus marqué pour créer un point d’attention. La broderie et le tufting donnent alors au mur une présence souple, colorée et matérielle.
La scénographie fait partie des domaines où la création textile rencontre l’espace. Un décor peut demander une image figurative, une surface immersive ou un élément qui accompagne le parcours du public. Le textile doit résister à la manipulation, au montage et au démontage tout en conservant ses qualités visuelles. Le travail de Zélia Smith sur des projets liés au spectacle et aux institutions culturelles nourrit cette capacité à penser une pièce dans son environnement. La réalisation se construit avec les contraintes du lieu et du récit présenté.
La collaboration avec la Cité des sciences et de l’industrie pour l’exposition Jardiner a permis à l’atelier de réaliser des éléments brodés intégrés à la scénographie. Le projet a exploré une approche figurative autour d’une série de fleurs, avec de la broderie à l’aiguille et au crochet de Lunéville. Des matières comme l’organza de soie, le fil d’or, le fil métallisé, les tubes et les rocailles ont participé à la composition. Cette réalisation montre comment un motif végétal peut passer du dessin à une forme textile construite par le point et le relief.
La précision technique reste liée à l’expression. Un motif réaliste demande de hiérarchiser les détails afin que la forme conserve sa lisibilité. Une composition abstraite peut s’appuyer sur la répétition, la couleur et la densité. Dans les deux cas, la brodeuse doit tenir compte du comportement du support. Un tissu trop tendu peut déformer une ligne ; une matière trop souple peut modifier l’espacement ; une fourniture trop lourde peut déséquilibrer une zone. Les choix de fabrication servent donc directement la qualité visuelle.
La couture complète la broderie en structurant les projets et en soignant les finitions. Elle peut préparer une base, assembler plusieurs textiles, renforcer un bord ou donner une forme à un élément décoratif. Le parcours de costumière réalisatrice de Zélia Smith lui permet d’aborder le textile comme un objet construit, destiné à être regardé mais aussi manipulé ou installé. Les finitions restent discrètes lorsque la composition est terminée, mais elles contribuent à sa solidité et à sa durée.
Les formations occupent une place régulière dans l’activité de l’atelier. Zélia Smith propose des apprentissages autour de la broderie à l’aiguille, du crochet de Lunéville, du Sashiko, du tufting et de la démarche créative. Les particuliers comme les professionnels peuvent découvrir les outils, monter un métier, reporter un motif, poser des fournitures ou construire une surface tuftée. Le petit groupe favorise les corrections précises et permet d’adapter les explications au rythme de chaque participant.
La transmission ne se limite pas à montrer une technique. Elle consiste aussi à apprendre à observer une matière, à choisir un support et à comprendre les effets d’une tension ou d’un point. Une personne qui découvre le crochet de Lunéville doit coordonner le geste, la position du tissu et l’arrivée des fournitures. Une personne qui s’initie au tufting doit composer avec l’outil, la posture et la densité des fils. L’atelier donne des repères pour que chacun puisse ensuite poursuivre une recherche personnelle.
Le tufting et la broderie ouvrent des échelles différentes. Un échantillon permet de tester une couleur ou un motif ; une grande pièce demande d’organiser la composition dans son ensemble. Le passage d’un format à l’autre transforme la perception du geste. À petite échelle, le regard suit chaque point. À grande échelle, il reçoit d’abord une masse, une ligne ou un rythme, puis découvre les détails en s’approchant. Cette variation d’échelle nourrit la création et la relation avec le public.
L’atelier travaille également avec des marques françaises et des partenaires qui recherchent une réalisation artisanale. Une commande peut concerner une broderie décorative, une pièce textile, un projet de scénographie ou une interprétation particulière d’un motif. Le dialogue permet de définir les contraintes, les matériaux et le degré de personnalisation. La réponse reste liée à la main et à la matière, même lorsque le projet doit s’intégrer à une production plus large ou à une identité visuelle existante.
À Lyon, Zélia Smith réunit ainsi la broderie à l’aiguille, le crochet de Lunéville, le Sashiko, le tufting et la couture dans une pratique textile contemporaine. Son parcours dans les métiers d’art, le costume de scène et les ateliers de l’Opéra National de Lyon nourrit une attention précise aux supports et aux finitions. Les pièces uniques, les œuvres murales, les tapisseries, les éléments de scénographie et les formations prolongent cette recherche. Chaque projet donne au fil une place active : il dessine, assemble, renforce, éclaire ou transforme une surface pour faire naître une présence textile durable.