Atelier & professionnel

Atelier Les Frappantes — Cécile Bouisset, coutellerie et taillanderie à Vic-Fezensac

Vic-Fezensac

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Vic-Fezensac, au cœur de l’Armagnac, Cécile Bouisset fait vivre l’Atelier Les Frappantes autour de la coutellerie d’art et de la taillanderie. Elle travaille l’acier pour créer des couteaux, des outils et des objets conçus pour accompagner des gestes concrets. Le travail se partage entre l’art de la table, où la lame doit trouver un équilibre avec la main et l’usage, et l’art de la terre, où l’outil aide à travailler le bois, le sol ou la pierre. Cette double orientation donne à l’atelier une identité singulière : la beauté de la pièce compte, mais elle reste liée à la fonction, à la prise en main et à la durée.

La forge constitue le cœur technique de cette pratique. L’acier est chauffé, mis en forme et travaillé selon la pièce recherchée. Le geste se construit dans le dialogue entre la matière, le marteau et l’enclume. Une lame ou un outil ne se résume pas à son profil : son épaisseur, sa géométrie, son équilibre et la façon dont il sera utilisé déterminent la suite du travail. La taillanderie demande de produire des outils tranchants capables de répondre à un effort réel. Les pièces sont ainsi pensées pour celles et ceux qui travaillent de leurs mains, qu’il s’agisse d’artisans, de jardiniers, de professionnels du bois ou d’amateurs exigeants.

Cécile Bouisset fabrique et rénove des couteaux utilitaires et de cuisine, ainsi que des outils variés. La coutellerie permet d’explorer plusieurs formes de lames, plusieurs usages et plusieurs manières de tenir un objet. Un couteau de table ou de cuisine doit être agréable à saisir et adapté à son rôle ; un couteau utilitaire doit pouvoir accompagner des gestes répétés. La forme du manche, le poids de l’ensemble et la géométrie du tranchant entrent dans cette recherche d’équilibre. La pièce finale garde la marque du travail manuel tout en répondant aux contraintes d’un outil du quotidien.

La Petite Colline est le couteau pliant signature présenté par l’atelier. Fabriqué dans les coteaux de Gascogne, au cœur de l’Armagnac, il est décrit comme une pièce fine et robuste. Le couteau pliant rassemble plusieurs difficultés de la coutellerie : la lame doit trouver sa place dans le manche, le mécanisme doit fonctionner avec fluidité et les éléments doivent rester ajustés pendant les manipulations. Le modèle porte ainsi l’attention de Cécile Bouisset sur un objet compact, destiné à être emporté et utilisé, mais dont la ligne, les matériaux et la finition peuvent être observés comme ceux d’une pièce d’artisanat d’art.

La taillanderie ouvre un autre champ, tourné vers les outils de travail. L’Atelier Les Frappantes forge ou découpe l’acier pour réaliser des outils destinés au travail du bois, du sol et de la pierre. Les gravelets, les haches, les outils tranchants et d’autres pièces de forge répondent à des mouvements et à des matières différents. Un outil pour le bois ne rencontre pas le même effort qu’un outil utilisé sur la terre ou la pierre. Sa forme, son tranchant et son poids doivent donc être pensés en fonction du métier ou de la tâche. Cette attention à l’usage éloigne la taillanderie d’une production décorative qui ne serait jamais confrontée à la matière.

Les matériaux sont choisis dans une démarche qui privilégie, lorsque cela est possible, les aciers et les bois récupérés ou produits au plus près. Certains aciers proviennent d’anciens outils. Ils portent alors une première histoire de travail avant d’être transformés en une nouvelle pièce. Les manches sont réalisés avec du bois récolté et séché localement lorsqu’il est disponible. Ce choix ne donne pas une apparence identique à tous les objets : les nuances du bois, les traces de l’acier et les variations liées à la forge participent au caractère de chaque couteau ou outil. La matière réemployée reste pleinement intégrée à une recherche de solidité et d’usage.

Le travail de l’acier ne s’arrête pas à la mise en forme à chaud. Les pièces forgées sont traitées dans l’atelier afin d’obtenir un résultat maîtrisé et solide. La géométrie de la lame ou de l’outil doit ensuite être préparée avec précision. Le façonnage, l’émouture, l’affûtage et la finition ont chacun une incidence sur le comportement de la pièce. Un tranchant doit être régulier et adapté à la destination de l’objet ; un manche doit offrir une prise sûre ; un mécanisme pliant doit rester fonctionnel. La qualité finale vient de l’enchaînement de ces opérations et de la cohérence entre elles.

Le sur-mesure s’adresse en particulier aux professionnels qui ont besoin d’un outil adapté à leur pratique. L’Atelier Les Frappantes propose d’étudier la demande avec la personne qui utilisera la pièce afin de comprendre le geste, la matière travaillée et les contraintes rencontrées. Une forme standard ne répond pas nécessairement à toutes les mains ni à tous les travaux. La longueur, la largeur, le profil, le manche et la destination de la lame peuvent être discutés pour construire un outil cohérent. Cette relation permet de garder une dimension artisanale au projet, depuis l’écoute du besoin jusqu’à la fabrication.

Les couteaux et outils peuvent également être rénovés. Une lame usée, un manche endommagé ou un outil qui ne remplit plus correctement sa fonction demande un examen de l’ensemble. La reprise doit distinguer ce qui peut être conservé, ce qui doit être refait et ce qui doit être ajusté. Rénover une pièce ne consiste pas à lui donner une apparence neuve à tout prix ; il s’agit de retrouver un usage, une sécurité et un équilibre tout en respectant la matière existante. Le geste de la forgeronne s’inscrit ainsi dans une histoire d’objets déjà utilisés.

L’atelier porte aussi une attention particulière à la transmission. Cécile Bouisset enseigne des techniques de forge et de coutellerie à l’école Fer à Modeler. Elle y transmet le travail de l’acier à chaud, les traitements thermiques et la précision de l’émouturage. Ces bases permettent de comprendre les différentes étapes d’une pièce et les raisons qui rendent un geste sûr nécessaire. L’apprentissage ne se limite pas à reproduire un mouvement : il faut observer la réaction du métal, garder la maîtrise de l’outil et comprendre le lien entre la forme obtenue et l’usage recherché. Les stages et les temps d’initiation donnent une place concrète à cette découverte de la forge.

La participation de Cécile Bouisset au chantier de renaissance de la charpente de Notre-Dame de Paris a prolongé cette réflexion sur l’outil. Avec plusieurs mentors et aux côtés de la Maison Luquet, elle a contribué à la fabrication de doloires et de haches de dégrossissage destinées au travail du chêne vert. Ces outils n’étaient pas des objets de présentation : ils devaient mordre le bois et accompagner les gestes de construction de la charpente. Cette expérience a rapproché la taillanderie d’un patrimoine vivant, dans lequel l’outil retrouve sa fonction au service d’un ouvrage réel. Elle nourrit aujourd’hui la manière dont l’atelier considère la solidité, la précision et la durée.

L’Atelier Les Frappantes développe une esthétique de la beauté utile. La lame peut devenir une extension de la main pour préparer ou servir un repas, tandis que l’outil accompagne le soin d’un jardin, le travail du bois ou une opération de taille. La pièce ne cherche pas à dissimuler la matière : l’acier, le bois, les marques du forgeage et les finitions restent lisibles. Les variations propres au travail manuel donnent à chaque exemplaire une présence différente, même lorsqu’il s’inscrit dans une collection. Cette approche relie l’objet quotidien à un savoir-faire ancien sans le figer dans une forme passée.

À Vic-Fezensac, Cécile Bouisset réunit ainsi coutellerie, forge et taillanderie au sein d’un même atelier. Les couteaux pliants, les couteaux utilitaires, les outils pour le bois, le sol ou la pierre, les rénovations et les projets sur mesure partent d’une observation précise de l’usage. Les aciers et bois récupérés, les matières produites au plus près et les gestes de forge participent à des pièces conçues pour durer. Entre la création de lames, la fabrication d’outils, l’accompagnement des professionnels et la transmission des techniques, l’Atelier Les Frappantes inscrit le métier de la forgeronne dans le paysage du Gers et dans une pratique résolument tournée vers la main.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Atelier Les Frappantes — coutellerie et taillanderie (site externe)

    Organisme : Atelier Les Frappantes

    Fait soutenu
    Le site professionnel présente Cécile Bouisset, l’Atelier Les Frappantes à Vic-Fezensac, la coutellerie, la taillanderie, la forge, le couteau La Petite Colline, les outils sur mesure, les matériaux et la transmission.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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