À Pussigny, en Indre-et-Loire, Benoît Grandin fabrique des couteaux fixes et pliants dans un atelier indépendant. Son parcours commence par trente-trois années passées dans le monde des fonderies, avant une réorientation vers le travail manuel et la mise en valeur des matières nobles. Cette expérience industrielle lui a donné une connaissance concrète du métal, mais la coutellerie lui permet de retrouver une relation plus directe avec la forme, le geste et l’objet fini. Il s’est installé à Pussigny après avoir suivi les conseils d’un coutelier expérimenté et une formation à l’École nationale de coutellerie de Thiers.
Le dessin constitue la première étape d’une réalisation. Une lame fixe n’appelle pas les mêmes proportions ni la même prise en main qu’un couteau pliant. Le profil, la longueur du tranchant, l’épaisseur du dos et la position du manche doivent correspondre à la destination de la pièce. Pour un usage de poche, un mécanisme de fermeture et une ouverture maîtrisée comptent particulièrement ; pour un couteau fixe, l’équilibre et la solidité de l’ensemble deviennent prioritaires. Benoît Grandin réalise des pièces uniques et personnalisables, ce qui permet de discuter de ces paramètres avant la fabrication.
La sélection des matériaux ouvre ensuite un vaste champ de possibilités. L’atelier travaille l’acier, l’inox, l’acier carbone et le damas. Ces familles n’offrent pas le même aspect ni les mêmes habitudes d’entretien. Un acier carbone peut développer une patine et demande à être essuyé après usage ; l’inox résiste davantage à l’humidité, sans dispenser d’un nettoyage soigneux ; le damas attire par ses motifs et la profondeur de son dessin. Le choix doit être mis en relation avec la fréquence d’utilisation, l’environnement et le type d’affûtage que l’utilisateur accepte d’entretenir.
Les manches donnent à chaque couteau une présence particulière. Les plaquettes peuvent être réalisées en bois stabilisé, recevoir une inclusion de plumes, intégrer de l’ivoire de mammouth ou utiliser de la corne. Une matière naturelle possède ses nuances, ses variations de couleur et parfois de petites irrégularités qui rendent la pièce singulière. Le bois stabilisé apporte une meilleure résistance aux variations d’humidité, tandis que la corne et les inclusions donnent une lecture plus expressive. Pour une commande destinée à un cadeau, le choix du manche peut prolonger une histoire familiale, une passion pour la nature ou un goût pour les contrastes graphiques.
Chaque couteau peut être accompagné d’un étui conçu dans le même esprit. Benoît Grandin confectionne des étuis en cuir et propose plusieurs types de tannage ou de peau, notamment le tannage végétal, l’alligator, l’autruche et le poisson. Le cuir doit protéger la lame sans retenir l’humidité ; il est donc utile de préciser les conditions de transport et la fréquence d’usage. Pour les matières réglementées ou d’origine animale particulière, les documents et règles applicables doivent être vérifiés avant toute commande. Un étui bien ajusté facilite le port, protège le tranchant et évite les contacts accidentels avec d’autres objets.
Les réalisations présentées explorent différentes familles de couteaux. On trouve des pliants liner lock, des modèles à cran forcé comme les Saint-Hélène, des vendettas, des couteaux de pêche, des yatagans à cran carré et des petits couteaux de bureau. L’atelier réalise aussi des fixes, des mini-dagues, des tire-bouchons et des exemples de guillochage. Cette variété permet de comparer un outil utilitaire, une pièce de collection et un objet de table sans les confondre. Les dimensions annoncées pour chaque modèle — longueur totale, longueur fermé pour un pliant et longueur de tranchant — aident à se représenter la pièce avant de la prendre en main.
La finition réunit les décisions prises tout au long du processus. La sélection du matériau, le dessin, le traitement thermique et le polissage doivent rester cohérents pour obtenir une lame performante et agréable à regarder. Le traitement thermique influence la tenue du tranchant ; l’émouture détermine la manière dont le couteau coupe ; la finition protège et révèle les surfaces. Un échange avec le coutelier peut préciser les précautions à prendre, la périodicité d’un affûtage et les gestes à éviter, notamment l’exposition prolongée à l’eau ou l’usage d’un lave-vaisselle.
Benoît Grandin accueille les projets de collection, de cadeau ou d’usage quotidien. Une demande claire peut préciser la forme souhaitée, le matériau de lame, l’essence du manche, la présence d’un étui et le délai envisagé. Les pièces personnalisées exigent une validation du dessin et des matériaux avant le début du travail. Installé à Pussigny, l’atelier offre ainsi une coutellerie française où un long parcours industriel rencontre la précision apprise à Thiers, avec des couteaux fixes et pliants conçus pour porter durablement la marque de leur propriétaire.