Atelier & professionnel

Chantal Haller — mosaïste d’art à Lyon

Lyon

Activité confirmée active

Informations centrales vérifiées le 10 septembre 2026

À Lyon, Chantal Haller exerce la mosaïque d’art dans un travail où la couleur, la matière et le mouvement des tesselles construisent des images sensibles. Ses œuvres uniques peuvent naître d’une peinture à l’huile, d’un pastel ou d’un motif original, puis être transposées dans un langage fait de marbres, de verres et de chaux fraîche. La mosaïque n’est pas une simple reproduction d’une image existante : elle oblige à repenser les nuances, les contours, les valeurs et les transitions à partir de fragments qui possèdent chacun leur propre éclat.

Le parcours de Chantal Haller commence à l’ENSAAMA Olivier de Serres à Paris, où elle obtient un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués en 1986. Elle devient ensuite boursière à l’Académie des Beaux-Arts de Florence, en Italie, de 1986 à 1988. Avant de se consacrer pleinement à la mosaïque, elle exerce plusieurs activités liées à la création, notamment comme styliste, créatrice textile, graphiste et plasticienne. Cette expérience nourrit un regard attentif aux harmonies, aux rythmes et aux rapports de surface. Elle a également dirigé les collections de la maison d’édition Lalalère et réalisé des mosaïques destinées à des objets décoratifs.

Elle se forme ensuite auprès d’ateliers qui perpétuent des pratiques traditionnelles de la mosaïque, à Saint-Romain-en-Gal, à Venise et à Ravenne. Cette transmission lui permet d’approfondir une technique ancienne tout en développant une écriture personnelle. En 2019, elle obtient le titre de Meilleure Ouvrière de France dans la catégorie mosaïque d’art pour un autoportrait de Gustave Courbet intitulé Le Désespéré. Cette œuvre témoigne d’un rapport exigeant au portrait, aux valeurs et aux infimes variations de couleur qui permettent à un visage ou à une expression de prendre forme dans la matière.

La technique de Ravenne occupe une place centrale dans son atelier. Elle se pratique sur chaux fraîche, un support qui reçoit progressivement les tesselles pendant que le motif se construit. Les fragments sont taillés dans des marbres ou dans des dalles de verre vénitien, puis disposés selon le dessin, la lumière et la direction souhaitée. Le travail avance par zones, en tenant compte du temps de prise de la chaux et des relations entre les pièces déjà posées. Une ligne peut être renforcée par l’orientation des tesselles ; une courbe peut gagner en souplesse grâce à des formats et des inclinaisons différents ; une transition de couleur peut être composée avec plusieurs nuances très proches.

Les smaltis vénitiens constituent un répertoire de couleurs particulièrement riche. Ces dalles de verre fabriquées à Venise peuvent être taillées en tesselles et choisies pour leur opacité, leur profondeur, leurs reflets ou leur manière de réagir à la lumière. Les smaltis dorés à l’or fin apportent une présence spécifique, différente de celle d’un verre coloré ou d’un marbre poli. Les verres recyclés et les matériaux manufacturés peuvent aussi entrer dans la réflexion autour d’un projet. La sélection ne consiste pas seulement à chercher la couleur la plus proche d’un tableau : la texture, l’orientation de la coupe et le scintillement du fragment participent à la sensation finale.

Les marbres apportent une autre qualité de surface. Leur grain, leurs veines, leur densité et leur matité créent des écarts avec le verre. Une pierre peut calmer une zone lumineuse, souligner un contour ou donner une assise à une composition. La coexistence du marbre et du smalti permet de jouer sur les reflets sans perdre la profondeur de l’image. Les tesselles sont choisies et taillées en fonction de leur rôle : certaines suivent la direction d’un mouvement, d’autres construisent un plan, marquent une frontière ou accompagnent une variation de ton. Le matériau conserve ainsi sa présence tout en se mettant au service de la composition.

Les andamenti désignent les trajectoires suivies par les tesselles. Elles donnent à la mosaïque son mouvement interne et orientent le regard. Dans un visage, elles peuvent accompagner une joue, une paupière ou la tension d’une bouche. Dans un paysage ou une forme abstraite, elles peuvent traduire un souffle, une vibration, une expansion ou une profondeur. La régularité n’est pas recherchée partout de la même manière : une zone peut demander des lignes calmes, tandis qu’une autre gagne à être animée par des orientations plus vives. Cette organisation exige de penser simultanément le dessin général, le détail et la distance depuis laquelle l’œuvre sera regardée.

Les peintures transposées en mosaïque gardent leur atmosphère tout en changeant de nature. Une peinture peut fondre deux teintes dans un passage continu ; la mosaïque doit construire ce passage avec des fragments distincts. Le choix de la matière, la taille de la tesselle, son orientation et l’espace entre les couleurs deviennent alors des outils de modelé. Les œuvres de Chantal Haller peuvent être atmosphériques, cosmiques ou réalistes. Elles accueillent des formes reconnaissables, mais aussi des présences plus ouvertes, où la couleur et la lumière laissent apparaître des silhouettes familières sans les enfermer dans un contour rigide.

Le rapport à la lumière est essentiel dans cette pratique. Un smalti ne renvoie pas la lumière comme un marbre ; une tesselle dorée ne produit pas le même éclat qu’un verre profond ; une surface mate peut donner du repos à une zone brillante. Les variations changent selon l’angle de vue et selon l’éclairage du lieu. L’œuvre se découvre donc dans le déplacement du regard, avec des nuances qui apparaissent ou s’effacent selon la position du spectateur. La précision de la coupe et de la pose sert cette vibration, mais elle ne se réduit pas à une recherche de régularité mécanique : le geste doit préserver la vie de la couleur.

Le travail personnel se nourrit également d’un dialogue avec le dessin et la couleur. La formation en arts appliqués, l’expérience textile et la pratique de la peinture contribuent à une manière de préparer les motifs et d’observer les rapports entre les tons. Une esquisse peut fournir une direction, mais la matière impose ses propres décisions. Certaines couleurs de verre n’existent pas exactement comme sur une palette ; un marbre peut introduire une veine imprévue ; la taille d’une tesselle modifie la netteté d’un détail. L’image évolue au contact des matériaux, jusqu’à trouver un équilibre entre l’intention initiale et les possibilités du chantier de mosaïque.

La transmission accompagne la création. Chantal Haller anime des stages d’apprentissage de la mosaïque et partage les gestes liés à la préparation, à la taille et à la pose. Les participants découvrent les matériaux, les outils, les principes de composition et le rôle des trajectoires de tesselles. Une initiation peut partir d’un motif simple pour faire comprendre la découpe, l’ajustement et la construction progressive de la surface. La transmission ne sépare pas la technique de la perception : apprendre à tailler, c’est aussi apprendre à regarder la couleur, le bord, la lumière et la relation entre les fragments.

À Lyon, Chantal Haller développe ainsi une mosaïque d’art fondée sur la lenteur du geste et sur une observation précise des nuances. La technique de Ravenne, la chaux fraîche, les marbres, les smaltis vénitiens et les andamenti forment les bases d’un travail où les peintures peuvent devenir des œuvres de tesselles. Portraits, compositions atmosphériques, univers cosmiques et motifs originaux trouvent dans la matière une autre manière de respirer. La mosaïste associe son expérience de la couleur à une pratique exigeante de la coupe et de la pose, tout en transmettant les savoir-faire qui permettent à chacun de comprendre comment une image apparaît, fragment après fragment.

Métiers exercés

Traçabilité

Sources de cette fiche

Chaque notice indique précisément l’information qu’elle soutient et la date à laquelle elle a été consultée.

  1. Organisme professionnel site-officiel

    Chantal Haller - mosaïste d’art (site externe)

    Organisme : Chantal Haller

    Fait soutenu
    Le site officiel présente Chantal Haller comme mosaïste d’art à Lyon, son titre de Meilleure Ouvrière de France et son travail de transposition de peintures en mosaïque avec marbres et smaltis vénitiens.
    Consultée le
    10 septembre 2026

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