À Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, EMAAA réunit Marie-Laure Besson et Mélaine Lanoë autour de la mosaïque d’art et de l’architecture. Les deux fondatrices se sont formées à l’École de mosaïque du Frioul en Italie, où elles ont obtenu le titre de maître-mosaïste en 2003. Après dix années de chantiers partagés au sein du collectif Mosaïzm, elles ont créé EMAAA en 2015. La même année, elles ont reçu le titre de Meilleur Ouvrier de France dans la catégorie Mosaïque d’art.
L’atelier réalise des revêtements et des compositions pour l’habitat comme pour les espaces publics. Un décor peut s’étendre sur un mur, un sol, une crédence ou une surface extérieure. La mosaïque transforme l’architecture par la couleur, le rythme des fragments et la texture de l’assemblage. Elle peut renforcer l’identité d’un lieu, guider un parcours ou créer un point de contemplation. Les projets sont étudiés sur mesure, depuis le dessin jusqu’à la pose sur site, en tenant compte des dimensions et des contraintes du bâtiment.
La matière occupe une place centrale dans la conception. Un échantillon ne montre pas seulement une couleur : il révèle une rugosité, un reflet, une profondeur et une façon de réagir à la lumière. EMAAA présente les matériaux de près pour aider à imaginer le résultat final. Les fragments sont taillés puis assemblés selon un rythme qui peut rester régulier ou devenir plus libre. La surface irrégulière des mosaïques contemporaines fait vibrer les reliefs et crée des ombres changeantes au fil de la journée.
Le dessin prépare la relation entre l’œuvre et l’espace. Pour un sol, l’atelier étudie la circulation, les raccords et la résistance à l’entretien. Pour un mur, il examine la distance de lecture, la lumière et la hauteur du décor. Une crédence doit composer avec les projections et le nettoyage, alors qu’un panneau mural peut privilégier un relief plus délicat. Les formats, les joints et les transitions sont décidés avant la fabrication afin que la mosaïque reste lisible et durable une fois posée.
Les projets architecturaux vont de l’espace privé à l’espace public. Un décor peut accompagner une entrée, un escalier, une salle de bains ou un jardin d’hiver. Dans un lieu collectif, il peut structurer un hall, une façade intérieure ou un parcours de visite. Les motifs sont développés à partir d’une intention, d’un dessin ou d’une collaboration avec un architecte et un décorateur. La mosaïque apporte une présence tactile qui complète les matériaux voisins comme la pierre, le bois, le métal ou le verre.
La restauration constitue un autre volet de l’activité. EMAAA propose un diagnostic, une consolidation, une réfection, un nettoyage et une protection, sur place ou dans l’atelier. Les fondatrices possèdent une connaissance spécifique des mosaïques des XIXe et XXe siècles. Avant d’intervenir, elles observent les décollements, les lacunes, les joints et les transformations successives. Le traitement cherche à stabiliser l’ensemble et à retrouver la lecture du motif, tout en distinguant les compléments des parties anciennes lorsque cela est nécessaire.
Une restauration peut concerner un sol, un décor mural, une salle de bains Art déco ou un ensemble lié à un édifice religieux. Les fragments sont repérés, nettoyés et consolidés avec des méthodes adaptées au support. Une zone manquante peut être réintégrée à partir d’un motif conservé, d’une photographie ou d’un relevé. Le choix d’une matière de remplacement tient compte de la couleur, de la granulométrie, du relief et de la manière dont la lumière se pose sur l’ancien décor. La cohérence visuelle ne doit pas effacer l’histoire de l’œuvre.
EMAAA développe également des objets d’art pour la décoration intérieure. Tableaux, compositions murales et objets utilisent la mosaïque comme un langage autonome. La démarche créative s’appuie sur la passion des textures et sur le potentiel imaginaire des matériaux. Une forme peut jouer avec les vides, les volumes et la répétition de petits éléments. Le support est choisi pour porter la composition, mais aussi pour permettre une présentation stable. Ces pièces personnelles peuvent être intégrées à un intérieur ou regardées comme des œuvres indépendantes.
Les créations à quatre mains donnent à l’atelier une dynamique particulière. Marie-Laure Besson et Mélaine Lanoë discutent du dessin, des matériaux et des finitions avant de répartir les opérations. La taille des fragments, la préparation des supports et l’assemblage demandent une grande régularité pour que le regard ne distingue pas deux manières de travailler. Les décisions sont prises ensemble, du premier échantillon à la dernière vérification. Cette collaboration nourrit des projets où la mosaïque se tisse, se greffe ou dialogue avec d’autres univers décoratifs.
La pose sur site demande une préparation précise. Le support doit être propre, stable et adapté au poids de la composition. Les repères de niveau et les raccords sont contrôlés avant la fixation. Un décor réalisé en atelier peut être transporté par panneaux ou par sections, puis assemblé sur place. Pour une intervention dans un bâtiment existant, l’équipe tient compte des accès, des protections et de la présence des usagers. La finition des joints et le nettoyage final donnent à la surface sa cohérence.
La transmission du métier passe par des cours et des stages proposés à l’année. Les participants découvrent les outils, les matériaux, la taille et les méthodes d’assemblage. Un exercice peut partir d’un motif simple avant d’introduire des variations de matière ou de relief. Les explications relient le geste à la conservation du support et à la préparation de la pose. Ces temps d’apprentissage ouvrent la pratique à des amateurs et à des personnes qui souhaitent approfondir un projet décoratif ou une reconversion.
L’atelier inscrit son activité dans une démarche collective en étant membre de Nova-Bat, coopérative d’activités et d’emplois du bâtiment et de l’environnement en Centre-Val de Loire. Cette organisation favorise les échanges avec d’autres professionnels de la construction et de la rénovation. Un projet de mosaïque peut ainsi être coordonné avec un architecte, un maçon, un carreleur ou un restaurateur. Les responsabilités de chacun sont clarifiées afin de protéger le support et de respecter le calendrier du chantier.
Pour préparer une étude, il est utile de transmettre les dimensions, les photographies du lieu, la fonction de la surface, la distance de lecture et le type de lumière. Une idée de motif, une palette ou une matière de référence peuvent guider les premiers essais. Pour une restauration, les vues générales et rapprochées permettent de repérer les zones fragiles, mais une visite reste nécessaire pour établir un diagnostic. Les délais, les matériaux, le transport des panneaux et la pose sont à confirmer directement avec EMAAA.
À Saint-Pierre-des-Corps, EMAAA associe l’exigence de la mosaïque d’art à des projets d’architecture, de restauration et de décoration. La formation italienne des deux fondatrices, leur titre de Meilleur Ouvrier de France et leur expérience de chantiers nourrissent une pratique contemporaine des reliefs et des textures. Sols, murs, crédences, objets et tableaux sont développés sur mesure, avec une attention portée au dessin, à la matière, à la pose et à la conservation. Les projets, visites, cours et stages sont étudiés selon les besoins de chaque personne ou institution.