À Malakoff, Alix Tramba-Rivat développe L’atelier d’Alix autour d’une mosaïque contemporaine qui associe geste manuel, matières variées et recherche de composition. Les fragments de grès cérame, de pierre, de laiton, de bois, d’émaux de verre, de pâte de verre ou d’or sont choisis, découpés et posés pour former des pièces uniques. L’atelier travaille sur des créations murales, des incrustations dans le mobilier, des objets décoratifs ou fonctionnels et des fresques collectives. Des ateliers d’initiation permettent aussi de découvrir le métier en petit groupe, dans une école, une entreprise, un collectif ou dans le cadre d’un projet particulier.
Le parcours d’Alix commence par le dessin. Elle raconte avoir copié ce qu’elle observait avant de créer ses propres images et d’explorer les écoles d’art. Après des études d’arts appliqués et un BTS Design d’espace, elle s’oriente vers un DMA Fresque et Mosaïque à l’ENSAAMA. Cette formation répond à son attrait pour le grand format, la matière et le travail mural. La découverte de la mosaïque devient un choix professionnel parce qu’elle réunit la précision, la liberté de composition et le contact direct avec des matériaux qui se transforment fragment après fragment.
En 2013, Alix fonde L’atelier d’Alix et commence à créer des mosaïques contemporaines sur mesure. Elle travaille pour des particuliers, des architectes et des institutions. Cette diversité de commanditaires l’amène à adapter les formats, les supports et les usages. Une mosaïque destinée à un mur ne se conçoit pas comme une pièce incrustée dans un meuble. Une création fonctionnelle doit résister aux manipulations prévues, tandis qu’une fresque collective doit pouvoir réunir plusieurs gestes dans une composition lisible. Le projet naît donc de la rencontre entre une intention visuelle, un espace et une matière.
La mosaïque se construit à partir de petits éléments qui modifient la perception d’une surface. Chaque fragment possède une couleur, une texture, une épaisseur et une forme propres. Leur rapprochement crée des lignes, des transitions, des contrastes et des rythmes. La distance de regard influence la taille des morceaux : un détail observé de près peut accepter une tesselle très fine, alors qu’une composition murale doit garder une lecture claire depuis le passage ou le recul prévu. La pose ne se réduit pas à remplir un dessin ; elle organise les relations entre les fragments et la lumière.
L’atelier travaille avec des matériaux nobles et variés. Le grès cérame offre une palette de surfaces et de couleurs adaptée aux compositions contemporaines. La pierre apporte ses nuances, son grain et ses irrégularités naturelles. Le laiton peut introduire un reflet métallique, tandis que le bois donne une chaleur et une texture différentes aux autres éléments. Les émaux de verre et la pâte de verre jouent avec la transparence, la profondeur et la lumière. L’or devient un accent précieux qui peut ponctuer une ligne, souligner un motif ou modifier la vibration d’un ensemble.
Le choix du matériau dépend du projet. Une pierre légèrement irrégulière peut convenir à une composition qui recherche une présence minérale. Un verre coloré peut éclairer une zone et créer un contraste avec un fragment mat. Le bois peut dialoguer avec un meuble ou une architecture intérieure. Le métal introduit une surface qui renvoie la lumière de manière différente. Alix ne traite pas ces matières comme des échantillons interchangeables : elle les rapproche pour que leurs différences construisent une cohérence. La mosaïque devient un langage de textures autant qu’un dessin de couleurs.
La préparation d’une création commence par l’idée et le support. Un croquis peut définir les grandes lignes, les masses et les zones de couleur. Lorsque la mosaïque est destinée à un espace précis, les proportions, les angles de vue et la lumière naturelle ou artificielle sont pris en compte. Une incrustation doit s’intégrer au mobilier et respecter les contraintes de son assemblage. Une pièce décorative peut être pensée pour être posée, suspendue ou observée sous plusieurs angles. La conception anticipe ainsi la manière dont les fragments seront découpés, orientés et réunis.
La découpe demande un geste sûr et progressif. Les fragments sont préparés selon leur forme et leur place dans la composition. Une coupe peut suivre une ligne droite, une courbe ou une limite plus irrégulière. Les bords doivent s’ajuster sans perdre la liberté propre au matériau. Une tesselle trop grande peut alourdir un détail ; une pièce trop petite peut rompre le rythme de la surface. Le mosaïste alterne donc observation du modèle, essai à sec et pose afin de maintenir l’équilibre entre précision et spontanéité.
La pose organise le passage du dessin à la matière. Les fragments peuvent être rapprochés pour former une ligne continue ou séparés par des joints qui participent à la lecture. Leur orientation suit parfois un contour, accompagne un mouvement ou renforce une zone de lumière. Dans une composition figurative, la direction des tesselles peut donner du relief à un motif ou suggérer une texture. Dans une composition abstraite, les écarts, les diagonales et les changements de matière deviennent les éléments principaux du rythme visuel.
L’atelier réalise des créations murales et des incrustations dans le mobilier. Une pièce murale peut devenir un point focal dans un intérieur, une entrée, un espace de réception ou un lieu public. Son format doit dialoguer avec le mur, les circulations et les autres éléments présents. Une incrustation dans une table, une console ou un panneau demande d’accorder la mosaïque à la structure qui la reçoit. L’épaisseur, les bords et la finition doivent être étudiés pour que la surface reste agréable au regard comme à l’usage.
Les pièces décoratives ou fonctionnelles ouvrent un autre rapport à la mosaïque. Un objet peut être conçu pour être regardé, mais aussi manipulé ou utilisé au quotidien. Le choix des matériaux, la résistance des assemblages et la facilité d’entretien sont alors liés à la fonction. Un dessous de plat, un plateau, un élément de mobilier ou une petite pièce de décoration n’a pas la même relation à la chaleur, aux frottements et aux chocs. Le dessin conserve sa liberté, mais il doit rester compatible avec la vie de l’objet.
Les commandes sur mesure s’adressent aux particuliers, aux architectes et aux institutions. Un particulier peut souhaiter une pièce adaptée à une palette intérieure, à un souvenir ou à une envie de motif. Un architecte peut intégrer la mosaïque à un projet d’aménagement, en précisant les dimensions, les contraintes du support et la relation avec les matériaux environnants. Une institution peut commander une œuvre destinée à un lieu partagé ou à un espace public. L’échange permet de préciser l’échelle, la technique, les matières, la pose et la place de la création dans son environnement.
Les fresques collectives proposent une autre forme de commande. En entreprise ou dans un lieu public, plusieurs personnes peuvent participer à la réalisation d’une œuvre pensée pour être exposée sur place. Le rôle de l’atelier consiste à préparer un cadre artistique et technique qui rende les gestes compatibles entre eux. Le motif, la palette et le support sont définis en amont, puis les participants découvrent la découpe, le choix des fragments et la pose. La réalisation conserve la diversité des interventions tout en formant une composition commune.
La lumière est au cœur de la mosaïque d’Alix. Elle se pose sur une pierre mate, glisse sur un fragment de laiton, traverse certains émaux de verre ou se réfléchit dans une surface dorée. L’éclairage du lieu modifie les couleurs et les contrastes au cours de la journée. Une mosaïque peut paraître plus dense sous une lumière latérale et plus lumineuse lorsque les fragments de verre prennent le relais. La conception tient compte de cette évolution afin que l’œuvre garde une présence à différents moments et depuis plusieurs points de vue.
La mosaïque contemporaine permet de sortir des usages associés aux pièces d’eau ou aux cuisines. Alix souhaite la faire entrer dans les pièces de vie et lui rendre une place dans la décoration. Un motif peut accompagner une bibliothèque, un panneau, une cheminée, une table ou un mur sans être limité à une fonction de revêtement. La matière devient alors une œuvre qui dialogue avec l’architecture. Les fragments peuvent reprendre les tons d’un intérieur, créer un contraste ou apporter une ponctuation brillante dans un ensemble plus sobre.
Le dessin reste une étape essentielle de cette liberté. Alix peut partir d’une image, d’une sensation, d’un lieu ou d’un assemblage de matières. Les formes sont ensuite simplifiées, déplacées ou réparties pour devenir réalisables avec des fragments. Une ligne dessinée doit trouver une traduction dans les coupes et les joints. Une nuance peinte doit être remplacée par une succession de teintes, de textures ou d’orientations. Cette transformation ne cherche pas à copier la précision d’une image plane : elle crée une lecture propre à la mosaïque, faite de rythme, de matière et de lumière.
La pratique d’Alix s’inscrit aussi dans une transmission. Les ateliers d’initiation sont proposés en petits groupes, dans les locaux d’une entreprise, dans une école, dans un collectif ou à l’atelier. Le matériel est fourni et la formule peut être organisée pour un projet individuel ou une œuvre commune. Les participants apprennent à choisir une composition, à préparer les fragments et à poser les éléments avec une attention adaptée au support. Le temps de l’atelier rend visibles les décisions qui disparaissent parfois derrière l’œuvre terminée.
Une initiation peut commencer par une petite création décorative. Ce format permet d’observer les outils, de comprendre la manière dont les fragments se coupent et de découvrir l’effet des joints. Le participant compose avec les matières disponibles, compare les textures et ajuste son motif au fur et à mesure. Le travail ne demande pas de reproduire un modèle identique : il invite à comprendre les principes d’équilibre, de contraste et de répétition. Chacun peut ainsi trouver une direction personnelle tout en bénéficiant d’un accompagnement technique.
Les formats proposés pour les groupes professionnels associent découverte et cohésion. Une œuvre collective peut porter un signe, un mot ou un motif lié au lieu. Chaque personne contribue à une partie de la surface, puis l’ensemble est réuni dans une composition conçue pour durer. La mosaïque donne une forme concrète au travail commun : les fragments restent distincts, mais ils appartiennent à une œuvre partagée. L’atelier accompagne le groupe dans le choix des matériaux, la préparation des éléments et l’organisation de la pose.
Alix Tramba-Rivat est également présentée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français comme mosaïste en activité et comme participante au programme Maîtres d’art-Élèves. Cette relation de transmission a accompagné l’ouverture de son propre atelier à Malakoff, après un apprentissage et des stages auprès de professionnels de la mosaïque. Elle relie l’acquisition des gestes à une réflexion sur le développement d’une pratique personnelle. Les techniques traditionnelles, les matériaux innovants et les outils numériques peuvent ainsi se rencontrer sans que la pose manuelle disparaisse.
À Malakoff, L’atelier d’Alix associe donc une mosaïque artisanale et contemporaine à une recherche sur la matière, la lumière et l’espace. Alix Tramba-Rivat travaille le grès cérame, la pierre, le laiton, le bois, les émaux de verre, la pâte de verre et l’or pour des créations murales, des incrustations, des pièces décoratives, des objets fonctionnels et des fresques collectives. Les projets sont étudiés sur mesure avec des particuliers, des architectes ou des institutions. Les ateliers d’initiation prolongent cette activité en donnant à chacun la possibilité de comprendre le choix, la découpe et la pose des fragments, jusqu’à la composition d’une surface où le geste, la couleur et la lumière restent liés.