À Mortain-Bocage, dans la Manche, Mona Jarno conçoit et réalise des décors en mosaïque pour les intérieurs, les espaces extérieurs et les projets artistiques. Mosaïste et fresquiste depuis 2012, elle travaille la pierre, le grès cérame, la pâte de verre et les émaux pour composer des surfaces qui associent couleur, matière et rythme. Une crédence, un sol, une frise, une fresque murale, un portrait ou une incrustation dans un meuble peuvent être étudiés selon le lieu et l’usage. Les projets sont uniques et sur mesure, avec une attention portée à la relation entre le décor, l’architecture et la personne qui le commande.
Une formation entre mosaïque et fresque
Mona Jarno a été formée à l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art à Paris, où elle a étudié la mosaïque et la fresque entre 2008 et 2010. Son apprentissage s’est prolongé par des voyages et des séjours, notamment en Amérique latine. Ces expériences ont nourri son univers artistique et lui ont permis d’échanger avec d’autres pratiques. La mosaïque devient ainsi un langage qui peut dialoguer avec la peinture murale, l’architecture, le paysage et les récits liés à un lieu.
Son approche s’inspire souvent de la nature, de ses formes végétales, minérales et organiques, ainsi que de ses couleurs. La composition peut s’appuyer sur la répétition, l’abstraction ou une représentation plus figurative. Une série de tesselles peut suggérer une vague, une feuille, une silhouette ou un mouvement sans reproduire exactement un modèle. Le choix des fragments, leur orientation, leurs espacements et les variations de teinte donnent au décor une profondeur qui se découvre à mesure que le regard se déplace.
La fresque ajoute une dimension d’échelle et de narration. Elle peut se déployer sur un mur, accompagner un passage, transformer une façade ou créer un repère dans un espace collectif. Le travail commence par une idée, une image ou un thème, puis se construit à travers des esquisses et des choix de matière. La surface finale garde la richesse de la mosaïque tout en participant à l’atmosphère générale du lieu.
Des matériaux aux effets multiples
La pierre apporte une présence minérale et une variation naturelle de tons. Le grès cérame permet de travailler des formats, des couleurs et des textures adaptés aux aménagements. La pâte de verre capte la lumière avec une intensité particulière, tandis que les émaux offrent une gamme de surfaces et de nuances qui peuvent renforcer un motif. Ces matériaux peuvent être utilisés séparément ou réunis dans une même composition afin de créer des contrastes entre mat et brillant, opaque et translucide, régulier et irrégulier.
Une mosaïque se lit de près comme de loin. À quelques centimètres, le regard perçoit les joints, les cassures, les inclinaisons et les variations de matière. À distance, les fragments se rassemblent pour former une image, une ligne ou une masse colorée. La composition doit donc tenir ensemble le détail et l’ensemble. La taille des éléments, la direction des tesselles et l’intensité des couleurs sont choisies selon le point de vue depuis lequel l’œuvre sera découverte.
Le support influence aussi le résultat. Un mur, un sol, un meuble, une façade ou un bassin ne présentent pas les mêmes contraintes. La surface doit être préparée, la composition organisée et la fixation adaptée à la destination du projet. Un décor placé dans une salle de bain ou une cuisine doit dialoguer avec l’eau, les usages et le nettoyage. Une réalisation extérieure doit prendre en compte les variations de température, l’humidité et la relation avec les matériaux du jardin ou du bâtiment.
Aménagements intérieurs et extérieurs
La mosaïque peut structurer un intérieur sans se limiter à un tableau accroché au mur. Elle peut recouvrir un sol, habiller une crédence de cuisine ou de salle de bain, prolonger un plan de travail et former une fresque décorative. Un motif géométrique peut accompagner une ligne de mobilier ; une composition figurative peut devenir le point de départ d’une pièce ; une palette plus sobre peut se fondre dans les matériaux existants tout en apportant une texture.
Une crédence attire le regard autour d’un espace de préparation et doit s’accorder aux meubles, au plan de travail et à la lumière. Un sol en mosaïque accompagne les déplacements et peut organiser plusieurs zones dans une pièce. Une frise peut souligner une transition, encadrer une ouverture ou introduire un rythme dans une surface continue. Chaque projet demande de réfléchir à la répétition du motif, à la taille des éléments et à la manière dont le décor sera vécu au quotidien.
À l’extérieur, Mona Jarno réalise des propositions pour des allées, des escaliers, des murets, des bassins, des fontaines et des façades. La mosaïque peut donner une identité à un passage ou transformer un équipement fonctionnel en élément artistique. Sur un escalier, les contremarches peuvent former une succession de motifs. Sur un muret, une frise peut accompagner la végétation. Autour d’un bassin ou d’une fontaine, les matériaux réfléchissent la lumière et prolongent la présence de l’eau.
Le décor extérieur doit rester lisible dans des conditions très différentes. La lumière directe, l’ombre, la pluie et la distance modifient la perception des couleurs. Le choix des matières et des contrastes aide à conserver une composition claire. La réalisation est préparée à l’atelier, puis transportée ou envoyée vers le lieu d’installation lorsque le projet est terminé.
Fresques murales et récits en images
Les fresques de Mona Jarno associent la mosaïque à une recherche picturale. Sa formation et ses séjours à l’étranger ont nourri des compositions où les figures, les couleurs et les mouvements peuvent se mêler. Les projets sont conçus à partir d’un thème ou d’une intention, puis découpés en étapes afin que chaque partie puisse être réalisée avec précision. L’assemblage final révèle une image construite par fragments, où les joints participent eux-mêmes au dessin.
Parmi les réalisations présentées figurent des œuvres inspirées de l’Amérique latine, des silhouettes dansantes et des compositions liées à la mer, au ciel ou au monde végétal. Une fresque peut raconter une scène, suggérer un paysage ou proposer une lecture plus abstraite. Le choix des matériaux apporte une variation de relief et de lumière que la peinture seule ne produit pas. Les surfaces réagissent différemment selon l’orientation des tesselles et l’éclairage du lieu.
Un projet collectif de grande dimension mené à Santiago du Chili a réuni une trentaine de mosaïstes professionnels autour d’une œuvre murale d’environ 1 200 mètres carrés. Mona Jarno y a participé à la découpe des éléments en atelier et à leur installation sur place. Cette expérience montre la capacité de la mosaïque à changer d’échelle : la même attention aux fragments et aux raccords reste nécessaire, mais la lecture du décor s’organise alors sur une surface urbaine et dans un espace traversé par de nombreux habitants.
Portraits et commandes personnalisées
Le portrait en mosaïque constitue une autre spécialité de l’atelier. Mona Jarno réalise des portraits sur commande à partir d’une photographie, dans des formats allant de l’A5 à l’A3. Le passage d’une image photographique à une composition de tesselles demande de simplifier certaines formes, de choisir les contrastes et de trouver les couleurs qui feront apparaître un visage. Les fragments ne reproduisent pas chaque détail ; ils construisent une expression par la lumière, les contours et les relations entre les teintes.
Un portrait peut rendre hommage à une personne, garder la mémoire d’un animal ou devenir un cadeau chargé de sens. Le choix de la photographie de départ, du cadrage et de l’arrière-plan influence fortement le résultat. Une composition plus dépouillée laissera davantage de place au regard, tandis qu’un décor coloré inscrira la figure dans une ambiance. Le travail de la mosaïste consiste à préserver la présence du modèle tout en donnant à l’œuvre son autonomie matérielle.
Les commandes peuvent aussi prendre la forme d’un décor pour une maison, un commerce, une collectivité ou une association. Le projet est alors défini avec le commanditaire, en tenant compte du lieu, des dimensions, des contraintes et de l’atmosphère recherchée. Des croquis et des échantillons permettent d’avancer par étapes avant la réalisation. Cette préparation évite de séparer l’image de son support et aide à construire une œuvre qui s’accorde avec les usages du lieu.
Incrustations dans le bois et le mobilier
L’incrustation en mosaïque permet d’associer la matière minérale ou vitreuse au bois massif. Une table, un plan de travail ou un meuble peut recevoir un détail coloré qui enrichit sa surface sans la recouvrir entièrement. Les textures brillantes, mates ou plus ou moins opaques créent des effets de contraste. Une composition peut souligner un plateau, accompagner une ligne ou introduire un motif au centre d’un meuble existant.
Cette technique demande de penser la relation entre le support et les éléments incrustés. Le bois possède son propre veinage, sa chaleur et ses variations ; la mosaïque ajoute une autre densité et une autre manière de réfléchir la lumière. La transition entre les deux matériaux doit rester précise et agréable au toucher. L’incrustation peut être discrète, comme un signe dans une surface, ou devenir le point focal d’une table basse et d’un meuble.
Le projet s’adapte à l’objet et à son usage. Une table utilisée chaque jour demande une surface suffisamment régulière et une composition qui ne gêne pas la manipulation. Un élément décoratif peut jouer davantage sur le relief et le contraste. Le choix du motif, des tesselles et de l’emplacement permet de conserver le caractère du bois tout en lui donnant une nouvelle dimension.
Une démarche adaptée aux particuliers et aux professionnels
Mona Jarno travaille pour des particuliers, des collectivités, des associations et d’autres ateliers de mosaïque. Pour un particulier, le projet peut commencer par un besoin d’aménagement, une envie de fresque ou une photographie destinée à devenir un portrait. La mosaïste se déplace lorsque cela est nécessaire pour prendre les mesures, observer la lumière et comprendre les contraintes du lieu. Les échanges servent à préciser la composition avant l’établissement d’un devis détaillé.
Pour un professionnel, l’intervention peut concerner une création ou une restauration. L’atelier peut recevoir une matière première et renvoyer la partie réalisée, ou se déplacer pour une durée adaptée à l’ampleur du chantier. Cette souplesse permet de collaborer avec un décorateur, un architecte, un paysagiste ou un autre mosaïste tout en conservant une organisation claire entre la conception, la fabrication et la pose.
Les expositions, festivals et appels à projets offrent d’autres occasions de faire connaître la mosaïque. Ils permettent de montrer des œuvres de formats différents, de parler des matériaux et de rencontrer des personnes qui découvrent le métier. La participation à un collectif artistique en Argentine prolonge cette ouverture vers des échanges internationaux et vers des pratiques qui donnent à la mosaïque des formes variées.
À Mortain-Bocage, Mona Jarno développe une mosaïque d’art qui relie la précision des fragments à la force d’un décor complet. Pierre, grès cérame, pâte de verre et émaux se rencontrent dans des sols, crédences, frises, bassins, façades, meubles, portraits et fresques murales. La nature, les formes organiques, les couleurs et les voyages nourrissent des compositions qui peuvent être figuratives, géométriques ou abstraites. Chaque projet avance par le dialogue, les croquis, les échantillons et le travail en atelier, jusqu’à une réalisation qui trouve son équilibre entre matière, lumière, architecture et usage.