À Escoutoux, dans le bassin coutelier de Thiers, Roger Orfèvre fabrique des couteaux et des articles d’art de la table depuis 1924. L’entreprise familiale revendique quatre générations de savoir-faire et associe les techniques coutelières traditionnelles à des outils contemporains. Ses productions s’adressent aux particuliers comme aux professionnels. Cette double orientation conduit à travailler des objets du quotidien, des collections régionales, des couteaux pliants et des références conçues pour des usages alimentaires précis.
Le métier de coutelier repose sur une relation étroite entre la lame, le manche, le mécanisme éventuel et la finition. L’acier doit être choisi en fonction de l’usage attendu et de la géométrie de la lame. Un couteau destiné au pain, à la tomate, au fromage ou à la pizza n’a pas le même profil qu’un couteau de table ou qu’un pliant. La forme du tranchant, la présence d’une denture et la manière dont la lame rencontre l’aliment influencent la précision du geste. Roger Orfèvre présente des couteaux spécifiques pour le foie gras, le fromage, la pizza et le pain, ainsi que des modèles de table et d’office.
Le manche participe autant à l’efficacité qu’à l’identité de la pièce. Le bois apporte un toucher chaleureux et des nuances propres à chaque essence. Il doit être protégé de l’humidité excessive et entretenu avec soin. Le site de l’entreprise rappelle que les manches en bois naturel non traité ne sont pas adaptés au lave-vaisselle, tandis que certains modèles en acier inoxydable peuvent y être lavés. Cette différence de comportement montre pourquoi le matériau et la finition doivent être considérés avec l’usage quotidien. Un manche ergonomique aide à guider la lame et à limiter la fatigue lors d’une préparation prolongée.
La gamme de couteaux pliants comprend plusieurs lignes inspirées du bassin de Thiers, comme K2, Le Thiers®, Marjacq ou Escoutou’s. Un pliant ajoute des contraintes de mécanisme et de sécurité. La lame doit se déployer avec un mouvement maîtrisé, rester correctement alignée et se refermer sans jeu excessif. La forme du dos, le ressort et les platines contribuent à l’équilibre de l’ensemble. Pour l’utilisateur, l’entretien consiste à garder le mécanisme propre, à sécher la lame après usage et à respecter la destination de l’outil. La personnalisation par gravure laser, proposée sur certains modèles, peut inscrire un prénom, une date ou un court message.
Les couteaux régionaux occupent une place déterminante dans le travail de Roger Orfèvre. L’entreprise présente une collection de vingt-trois couteaux de régions françaises. Chaque modèle peut évoquer un territoire par sa silhouette, son manche, son décor ou son nom. Un couteau régional ne se résume pas à une apparence : il porte une histoire de fabrication et un usage qui se transmet. La connaissance du bassin thiernois permet de faire dialoguer ces références avec une production actuelle, sans abandonner la précision des opérations de montage et de finition.
L’art de la table élargit la pratique au-delà du couteau individuel. Ménagères, couteaux forgés et accessoires assortis doivent former un ensemble cohérent sur une table. Le poids, la prise en main, la proportion du manche et le dessin de la lame sont étudiés pour que les pièces restent agréables à utiliser. Les articles en bois — planches à découper, ustensiles, plateaux et cuillères — prolongent cette attention à la matière. Le bois est travaillé dans la tradition artisanale de Thiers, avec une finition adaptée aux contacts alimentaires et à un entretien régulier.
Roger Orfèvre développe aussi des accessoires de restauration et des créations en PaperStone®. Ce matériau est présenté comme composé de papier entièrement recyclé et de résine PetroFree™. Il offre une alternative aux matériaux habituels pour certaines pièces d’art de la table, en combinant une surface résistante et un aspect contemporain. La gamme So Apéro® rassemble par exemple des planches et accessoires pensés pour partager et servir. Ces développements montrent comment une coutellerie historique peut faire évoluer ses matériaux tout en conservant le lien entre fabrication, usage et durabilité.
Le savoir-faire est également proposé aux entreprises en sous-traitance et en fabrication sur mesure. Des partenaires peuvent demander une production spécifique ou une série plus déterminante. Le travail commence alors par la définition de la forme, du niveau de finition, des matériaux et des quantités. La régularité devient essentielle lorsque plusieurs pièces doivent rester identiques. Le contrôle de l’assemblage, de l’affûtage et de l’aspect final protège la cohérence de la série. Pour un projet professionnel, un échange détaillé permet de distinguer le besoin d’un produit standard, d’une adaptation ou d’un développement complet.
L’entretien prolonge la vie d’un couteau. Un affûtage régulier conserve le fil et évite de forcer sur la lame. Roger Orfèvre recommande, pour un couteau de Thiers, une pierre à eau de grains 1000/3000 avec un angle compris entre quinze et vingt degrés ; les lames micro-dentées demandent plutôt un aiguiseur céramique spécifique. Le rangement doit empêcher les chocs entre lames, et le séchage reste déterminant après lavage. Pour choisir une pièce, le client peut préciser son usage, son geste habituel, la matière de manche souhaitée et le besoin éventuel de gravure. L’atelier près de Thiers peut ainsi orienter vers un couteau de table, un pliant, une lame spécialisée ou une solution destinée à la restauration.